Construire une stratégie social media de A à Z
Le jargon de base (Ton premier glossaire)
Avant d’aller plus loin, voici les mots que tu vas utiliser en permanence dans une stratégie social media. Apprends-les, ils vont te faire paraître (et être) professionnel.
- Audience / Cible : Les personnes à qui tu t’adresses sur les réseaux sociaux.
Exemple : Femmes de 25-40 ans, entrepreneures, basées à Dakar. - Persona : Un personnage fictif qui représente ton client idéal. Il a un prénom, une vie, des problèmes, des rêves.
- Reach / Portée : Le nombre de personnes uniques qui ont vu ton contenu.
Exemple : Ton post a été vu par 3 000 personnes = portée de 3 000. - Impressions : Le nombre de fois que ton contenu a été affiché, même si c’est la même personne plusieurs fois. Toujours supérieur ou égal à la portée.
- Engagement : Toutes les interactions avec ton contenu : likes, commentaires, partages, sauvegardes, clics. C’est le signe que les gens ne font pas que voir, ils réagissent.
- Taux d’engagement : Le pourcentage d’abonnés (ou de personnes touchées) qui interagissent avec ton contenu.
Formule : (Total interactions ÷ Nombre d’abonnés) × 100 - KPI (Key Performance Indicator) : Indicateur Clé de Performance. Les chiffres que tu surveilles pour savoir si ta stratégie fonctionne.
Exemple : Nombre d’abonnés, taux d’engagement, nombre de messages reçus. - Organique : Ce qui se passe naturellement, sans payer. Portée organique = personnes qui voient ton post sans que tu aies payé pour le booster.
- Contenu : Tout ce que tu publies : photos, vidéos, textes, stories, Reels, podcasts…
- Post / Publication : Un contenu publié sur un réseau social.
- Feed / Fil d’actualité : La page principale d’un réseau social où apparaissent les publications. C’est ce que tu vois quand tu ouvres Instagram ou Facebook.
- Stories : Contenu éphémère (disparaît après 24h) visible en haut du feed Instagram, TikTok ou Facebook.
- Reel : Format vidéo court et vertical sur Instagram (similaire au TikTok).
- Algorithme : Le système automatique de chaque réseau social qui décide quel contenu montrer à qui et dans quel ordre. Si tu « plais » à l’algorithme, ton contenu est vu par plus de personnes.
- Calendrier éditorial : Le planning de publication. Il indique quoi publier, quand, sur quelle plateforme, avec quel objectif.
- Ligne éditoriale : L’ensemble des règles qui définissent ce que tu publies et comment. Le ton, les thèmes, les formats, les valeurs communiquées.
- Piliers de contenu : Les grandes thématiques autour desquelles ton contenu est organisé.
Exemple pour un restaurant : Cuisine, équipe, clients, promotions, événements. - CTA (Call To Action) : Appel à l’action. La phrase qui dit au lecteur quoi faire après avoir lu. « DM pour commander », « Clique sur le lien », « Partage avec un ami ».
- ROI (Return On Investment) : Retour sur investissement. Ce que tu as gagné par rapport à ce que tu as dépensé.
- Conversion : Quand quelqu’un passe d’un spectateur passif à un client actif. Une « conversion » peut être un achat, une inscription, un appel.
- Funnel (Entonnoir) : Le chemin qu’un inconnu parcourt pour devenir client. On entre par le haut (beaucoup de gens), on sort par le bas (peu, mais ce sont les acheteurs).
- Niche : Un segment spécifique et étroit d’un marché.
Exemple : pas juste « mode », mais « mode wax contemporaine pour femmes professionnelles africaines ». - Benchmark : Étude comparative. Analyser ce que font les concurrents pour se situer et s’améliorer.
- Boost : Payer pour augmenter la portée d’un post existant. Différent d’une publicité créée from scratch.
- Analytics / Insights : Les données statistiques fournies par les plateformes pour analyser les performances.
Quand une entreprise vient te voir et te dit : « Je veux que tu gères mes réseaux sociaux », ton premier réflexe ne doit pas être d’ouvrir Canva pour commencer à créer des publications. Et pourtant, c’est l’erreur que font beaucoup de community managers débutants.
Ils commencent directement par se demander :
- Qu’est-ce que je vais publier ?
- Quel design je vais faire ?
- Combien de Reels je dois poster ?
- Est-ce qu’il faut publier tous les jours ?
Mais avant de créer du contenu, il faut savoir pourquoi on crée ce contenu, pour qui on le crée et quel résultat on cherche à obtenir. C’est exactement le rôle d’une stratégie social media.
Une entreprise peut publier tous les jours et ne faire aucune vente. Elle peut avoir de très beaux designs et ne recevoir aucun message de client. Elle peut même avoir beaucoup d’abonnés sans réussir à transformer cette audience en chiffre d’affaires.
Le problème n’est donc pas toujours le contenu. Le problème peut être l’absence de stratégie derrière le contenu.
Aujourd’hui, je vais t’apprendre à construire une stratégie social media de zéro jusqu’au plan d’action, exactement comme tu devras le faire lorsque tu travailleras avec tes futurs clients. Et surtout, je vais t’apprendre à réfléchir comme un professionnel.
Parce qu’un bon community manager ne se demande pas seulement : « Qu’est-ce que je vais publier aujourd’hui ? »
Il se demande : « Qu’est-ce que cette entreprise veut obtenir, qui devons-nous toucher et comment les réseaux sociaux vont-ils nous aider à atteindre ce résultat ? »
I. Comprendre ce qu’est réellement une stratégie Social Media
Quand une entreprise te demande de gérer ses réseaux sociaux, ton travail ne commence pas par Canva, CapCut ou la recherche d’idées de publications. Avant de créer quoi que ce soit, tu dois comprendre ce que l’entreprise cherche réellement à obtenir grâce aux réseaux sociaux.
C’est justement là qu’intervient la stratégie Social Media.
Beaucoup de débutants pensent qu’avoir une stratégie consiste simplement à décider qu’on va publier trois fois par semaine sur Instagram, faire deux vidéos TikTok et mettre quelques stories tous les jours. Ce sont des actions, mais ce n’est pas encore une stratégie.
Une stratégie va beaucoup plus loin. Elle permet de comprendre où l’entreprise veut aller, qui elle veut toucher, quel message elle veut transmettre et quelles actions elle doit mettre en place pour obtenir des résultats.
Avant d’apprendre à construire une stratégie complète, nous allons donc commencer par comprendre exactement ce que signifie ce terme.
1. Qu’est-ce qu’une stratégie Social Media ?
Avant de construire quoi que ce soit, il faut comprendre exactement de quoi on parle.
Une stratégie social media, c’est un plan d’action structuré et documenté qui définit comment une marque va utiliser les réseaux sociaux pour atteindre des objectifs business précis, en touchant une audience définie, avec un contenu adapté, sur les bonnes plateformes, au bon moment.
Décomposons chaque mot important :
– Plan d’action structuré et documenté : Une stratégie, c’est un DOCUMENT écrit (pas dans ta tête), organisé et partageable. Ton client doit pouvoir le lire et comprendre exactement ce que tu vas faire et pourquoi.
– Des objectifs business précis : Tout part d’un objectif et chaque objectif génère une stratégie différente.
Quand je parle d’objectif, cela peut être par exemple :
- faire connaître une nouvelle entreprise ;
- attirer de nouveaux clients ;
- vendre davantage de produits ;
- recevoir plus de demandes sur WhatsApp ;
- remplir un restaurant ;
- obtenir des inscriptions à une formation ;
- construire une communauté ;
- fidéliser les clients existants.
– Une audience définie : On ne parle pas à tout le monde, on parle à des personnes précises avec des caractéristiques précises.
– Un contenu adapté : Le contenu découle de l’audience et des objectifs. Il n’est jamais créé au hasard.
– Sur les bonnes plateformes : Tout le monde n’est pas partout. Tu choisis où être selon où se trouve ton audience.
– Au bon moment : Quand ton audience est en ligne, pas quand c’est pratique pour toi.
La stratégie permet donc de répondre à une question très simple :
« Comment allons-nous utiliser les réseaux sociaux pour aider cette entreprise à obtenir le résultat qu’elle recherche ? »
C’est cette question qui doit être dans ta tête lorsque tu construis une stratégie.
Un exemple très simple : Imagine une femme qui possède un salon de coiffure à Bamako.
Elle vient te voir et te dit : « Fatima, je veux être plus présente sur Instagram et TikTok. »
Si tu débutes, tu peux immédiatement penser : « D’accord, je vais lui faire de belles vidéos, des avant/après, des photos de coiffures et quelques Reels. »
Mais un Community Manager qui travaille avec une stratégie va d’abord poser des questions.
- Pourquoi veux-tu être davantage présente sur les réseaux sociaux ?
- Est-ce que ton objectif est d’avoir beaucoup d’abonnés ?
- Est-ce que tu veux que davantage de femmes connaissent ton salon ?
- Est-ce que tu veux recevoir plus de réservations, plus d’appels ?
- Est-ce que tu veux vendre des produits capillaires ?
- Est-ce que tu veux développer une deuxième boutique ?
Selon sa réponse, la stratégie ne sera pas la même.
Imaginons qu’elle te réponde : « Mon véritable problème, c’est que j’ai encore beaucoup de créneaux libres pendant la semaine. Je voudrais avoir davantage de clientes. »
Maintenant, nous avons une information beaucoup plus importante.
Son besoin principal n’est pas d’avoir 50 000 abonnés.
Son besoin est de remplir davantage son salon.
La stratégie Social Media devra donc être construite pour attirer les bonnes personnes, leur donner confiance dans le salon et les pousser progressivement à prendre rendez-vous.
Voilà la différence entre simplement publier du contenu et travailler avec une stratégie.
La structure d’une stratégie social media : Vue d’ensemble
Une stratégie complète contient 9 éléments dans cet ordre :

Chaque étape découle de la précédente. Tu ne peux pas créer un calendrier éditorial sans avoir défini ta ligne éditoriale. Tu ne peux pas définir ta ligne éditoriale sans connaître ton audience. C’est un enchaînement logique.
2. Une stratégie Social Media n’est pas simplement publier
Quand on débute dans le Community Management, on pense souvent que gérer les réseaux sociaux d’une entreprise consiste principalement à créer des publications. Le client nous donne son logo, ses couleurs et quelques photos de ses produits, puis nous commençons à réfléchir à ce que nous allons publier sur Facebook, Instagram ou TikTok. On prépare des visuels sur Canva, on monte quelques vidéos sur CapCut, on rédige les légendes et on organise tout cela dans un calendrier éditorial.
Tout ce travail est utile, bien sûr mais ce n’est pas encore une stratégie Social Media.
Créer et publier du contenu est seulement une partie du travail. Une stratégie commence bien avant la création du premier visuel.
Publier est une action, la stratégie explique pourquoi nous faisons cette action existe. Pour comprendre facilement la différence, retiens cette phrase, lis bien.
Par exemple, dire : « Nous allons publier quatre vidéos TikTok cette semaine. » est une action.
- Mais pourquoi quatre vidéos ?
- Pourquoi TikTok ?
- Pourquoi ces sujets ?
- À qui voulons-nous montrer ces vidéos ?
- Qu’attendons-nous des personnes après les avoir regardées ?
Si nous ne sommes pas capables de répondre à ces questions, nous sommes simplement en train de publier.
Maintenant, imaginons que nous disions : « Notre objectif est de faire connaître le nouveau restaurant auprès des étudiants et jeunes travailleurs qui habitent dans le quartier. Nous allons utiliser TikTok parce que cette cible y consomme beaucoup de vidéos courtes. Nous allons créer des vidéos montrant les plats, les prix, l’ambiance et l’emplacement du restaurant afin de donner envie aux personnes de venir le découvrir. »
Là, nous avons commencé à réfléchir de manière stratégique.
La vidéo TikTok n’est plus créée simplement parce que « TikTok marche en ce moment ». Elle existe pour répondre à un objectif précis, auprès d’une cible précise, avec un message précis.
a. Beaucoup publier ne veut pas forcément dire avoir une bonne stratégie
Il est important de comprendre cela dès maintenant : la quantité de contenu ne garantit pas les résultats.
Une entreprise peut publier tous les jours et ne recevoir pratiquement aucune demande.
Une autre peut publier trois fois par semaine et obtenir régulièrement de nouveaux clients.
Pourquoi ?
Parce que le résultat ne dépend pas uniquement du nombre de publications. Il dépend aussi de la qualité du message, de la cible choisie, de l’offre, du positionnement, du contenu proposé et du chemin utilisé pour transformer une personne intéressée en client.
Imagine une boutique de chaussures qui publie tous les jours :
- Nouvelle collection disponible.
- Passez vos commandes.
- Livraison disponible.
- Nouvelle chaussure disponible.
- Commandez maintenant.
Elle publie énormément mais tous les contenus disent presque la même chose : achetez, achetez, achetez. Au bout d’un moment, les personnes peuvent simplement arrêter de faire attention à ses publications.
Une stratégie pourrait au contraire décider d’utiliser plusieurs types de contenus.
- Certains contenus vont montrer les produits.
- D’autres vont aider les clients à choisir la bonne pointure.
- D’autres vont montrer comment porter les chaussures avec différentes tenues.
- D’autres vont présenter les avis de personnes qui ont déjà commandé.
- D’autres vont répondre aux inquiétudes sur la livraison ou la qualité.
- Et certains contenus vont directement pousser à commander.
Cette fois, chaque contenu possède une fonction, c’est cette logique qui fait toute la différence.
b. Une publication doit avoir une raison d’exister
À partir de maintenant, lorsque tu prépares un contenu pour un client, habitue-toi à te poser une question très simple : Pourquoi est-ce que je publie ce contenu ?
Si ta seule réponse est : Parce qu’il faut publier aujourd’hui.
Il y a un problème.
Un contenu peut avoir plusieurs objectifs.
- Il peut servir à faire découvrir la marque à de nouvelles personnes.
- Il peut aider l’audience à mieux comprendre un produit.
- Il peut rassurer quelqu’un qui hésite encore à acheter.
- Il peut montrer le savoir-faire de l’entreprise.
- Il peut créer une discussion avec la communauté.
- Il peut présenter une offre.
- Il peut pousser une personne à envoyer un message sur WhatsApp.
- Il peut fidéliser quelqu’un qui est déjà client.
Tu n’as donc pas besoin de vendre directement dans chaque publication. Mais tu dois comprendre le rôle que joue chaque contenu dans la stratégie générale.
C. Les beaux designs ne remplacent pas une stratégie
C’est une autre erreur très fréquente chez les Community Managers débutants. Ils passent énormément de temps à chercher de belles couleurs, de belles polices, de beaux templates Canva et des transitions impressionnantes sur CapCut.
Le résultat peut être très joli Mais une publication peut être magnifique et totalement inutile pour le business.
À l’inverse, une vidéo filmée simplement avec un téléphone peut générer énormément de demandes si elle répond exactement à une question importante de la cible. Le design est important parce qu’il participe à l’image de la marque. La qualité de la vidéo est également importante. Mais la forme ne doit jamais remplacer le fond.
Ton premier travail n’est pas de rendre le contenu joli. Ton premier travail est de comprendre ce que le contenu doit accomplir.
Ensuite, tu cherches la meilleure manière de le présenter.
D. Faire beaucoup de vues n’est pas forcément une stratégie réussie
Imaginons que tu gères TikTok pour un restaurant. Une de tes vidéos devient virale et obtient 500 000 vues.
Tu es content et le client aussi. Mais maintenant, posons quelques questions.
- Qui a regardé cette vidéo ?
- Est-ce que les personnes vivent dans la ville où se trouve le restaurant ?
- Est-ce qu’elles correspondent au type de clients recherchés ?
- Est-ce que les visites sur le profil ont augmenté ?
- Est-ce que des personnes ont demandé l’adresse ?
- Est-ce que le restaurant a reçu davantage de réservations ?
- Est-ce que les ventes ont augmenté ?
Si la vidéo obtient 500 000 vues mais qu’elle n’aide absolument pas l’entreprise à atteindre son objectif, nous devons faire attention avant de déclarer que la stratégie est une réussite. Cela ne veut pas dire que les vues ne sont pas importantes. Elles peuvent être très utiles lorsque l’objectif est la visibilité ou la notoriété.
Mais un chiffre n’a de valeur que lorsqu’on le relie à l’objectif que nous avions fixé au départ. C’est exactement pour cette raison qu’une stratégie est importante. Elle nous permet de savoir ce que nous devons réellement mesurer.
Mot de Fatima : Arrête de vouloir seulement remplir le calendrier
Quand tu commenceras à travailler avec des clients, tu vas parfois ressentir une pression : il faut publier parce qu’aujourd’hui nous sommes lundi, parce que le contrat prévoit quatre publications par semaine ou simplement parce que le compte ne doit pas rester vide.
Mais je veux que tu prennes l’habitude de ne pas créer du contenu uniquement pour remplir les cases d’un calendrier.
Personnellement, je préfère avoir trois contenus bien réfléchis, qui répondent à de vrais problèmes de la cible et qui servent l’objectif de l’entreprise, plutôt que de publier dix fois juste pour pouvoir dire au client : « J’ai publié ».
Ton client ne te paie pas uniquement pour utiliser Canva et cliquer sur le bouton Publier. Il te paie aussi pour réfléchir.
Plus tu vas comprendre le business de ton client, sa cible et ses objectifs, plus tes idées de contenu auront du sens. Et c’est aussi comme ça que tu vas progressivement augmenter ta valeur en tant que Community Manager.
3. Une stratégie répond toujours à plusieurs questions
Pour qu’une stratégie Social Media soit complète, elle doit répondre à plusieurs grandes questions.
– Où sommes-nous aujourd’hui ?
Avant de proposer quelque chose, tu dois regarder la situation actuelle de l’entreprise.
- Est-ce qu’elle possède déjà des réseaux sociaux ?
- Est-ce que les comptes sont actifs ?
- Quels contenus fonctionnent actuellement ?
- Quels sont les problèmes ?
- Quelle image l’entreprise donne-t-elle sur Internet ?
C’est ce qu’on appelle généralement l’état des lieux ou l’audit.
– Où voulons-nous aller ?
Ensuite, nous devons connaître le résultat recherché. Une entreprise peut chercher plus de visibilité, plus de clients, plus de ventes, plus de réservations ou simplement une meilleure image.
C’est l’objectif.
– À qui voulons-nous parler ?
Une entreprise ne peut pas parler à tout le monde. Nous devons comprendre quel type de personne nous voulons attirer, ses problèmes, ses besoins, sa manière de parler, les réseaux qu’elle utilise et ce qui peut lui donner envie d’acheter.
C’est la cible.
– Qu’allons-nous lui dire ?
Une fois la cible identifiée, nous devons décider quels sujets nous allons aborder, quels messages nous voulons transmettre et quels types de contenus nous allons créer.
C’est une partie de la stratégie de contenu.
– Où allons-nous communiquer ?
Toutes les entreprises n’ont pas besoin d’être sur Facebook, TikTok, Instagram, LinkedIn et YouTube en même temps.
Nous devons choisir les plateformes les plus intéressantes en fonction de la cible et des objectifs.
– Comment allons-nous savoir si cela fonctionne ?
Enfin, nous devons mesurer les résultats. Nous allons regarder certains chiffres pour savoir si notre travail permet réellement à l’entreprise d’avancer.
Par exemple, nous pourrons suivre le nombre de vues, de messages reçus, de clics, de demandes de devis, de réservations ou de ventes.
Une stratégie Social Media rassemble donc toutes ces décisions dans une même direction.
4. La stratégie Social Media donne une direction
Imagine que tu montes dans une voiture à Bamako et que tu commences simplement à rouler. Tu peux avoir une très bonne voiture, suffisamment d’essence et même un excellent conducteur. Mais si personne ne sait où vous allez, vous allez probablement perdre du temps et de l’essence.
Les réseaux sociaux fonctionnent exactement de la même manière.
Tu peux avoir :
- un bon téléphone,
- une belle caméra,
- Canva Pro,
- CapCut Pro,
- être un Community Manager compétent,
- et publier énormément de contenu.
Mais si tu ne sais pas où tu veux aller, toutes ces ressources peuvent être utilisées pour rien.
La stratégie Social Media sert donc de direction.
Elle permet à toute l’équipe de comprendre :
Voilà où nous voulons aller et voilà comment nous allons utiliser les réseaux sociaux pour y arriver.
5. Stratégie Social Media, stratégie de contenu et calendrier éditorial : quelle différence ?
Quand on commence dans le Community Management, on entend beaucoup de termes qui semblent vouloir dire la même chose : stratégie Social Media, stratégie de contenu, calendrier éditorial, planning de publication, ligne éditoriale, plan de communication…
Il est donc normal de se mélanger au début.
Mais il y a une différence importante entre une stratégie Social Media, une stratégie de contenu et un calendrier éditorial. Les trois travaillent ensemble, mais ils n’ont pas le même rôle et surtout, ils ne sont pas construits au même moment.
Pour comprendre facilement, retiens déjà cet ordre :
Stratégie Social Media → Stratégie de contenu → Calendrier éditorial → Création → Publication → Analyse des résultats
On commence par réfléchir à la direction. Ensuite, on décide comment le contenu va nous aider. Enfin, on organise concrètement ce que nous allons publier. Voyons maintenant chaque élément tranquillement.
a. La stratégie Social Media : la grande direction
La stratégie Social Media est le plan général qui explique comment une entreprise va utiliser les réseaux sociaux pour atteindre ses objectifs.
Elle répond notamment aux questions :
- Pourquoi sommes-nous sur les réseaux sociaux ?
- Quels sont nos objectifs ?
- Qui voulons-nous toucher ?
- Sur quelles plateformes allons-nous communiquer ?
- Quel positionnement allons-nous adopter ?
- Comment allons-nous mesurer nos résultats ?
La stratégie Social Media est donc la grande direction.
Une stratégie Social Media complète peut contenir plusieurs éléments :
- la situation actuelle de l’entreprise ;
- les problèmes identifiés ;
- les objectifs ;
- la cible ;
- l’analyse des concurrents ;
- le positionnement ;
- les plateformes choisies ;
- les grandes orientations de communication ;
- la stratégie de contenu ;
- les moyens utilisés pour transformer l’audience en clients ;
- les indicateurs qui permettront de mesurer les résultats ;
- le plan d’action.
Tu n’as pas besoin de retenir toute cette liste maintenant. Nous allons apprendre à construire chaque partie étape par étape dans ce cours. Pour l’instant, retiens simplement que la stratégie Social Media donne la direction générale.
Elle nous dit où nous voulons aller et comment les réseaux sociaux vont participer à ce voyage.
b. La stratégie de contenu : ce que nous allons dire pour avancer vers notre objectif
Une fois que nous savons où nous voulons aller, une nouvelle question arrive : Qu’allons-nous dire et montrer sur les réseaux sociaux pour nous rapprocher de cet objectif ?
C’est là qu’intervient la stratégie de contenu.
La stratégie de contenu est une partie de la stratégie Social Media.
Elle explique quel contenu nous allons utiliser pour transmettre notre message et atteindre nos objectifs.
On va par exemple décider :
- des sujets dont la marque va parler ;
- des piliers de contenu ;
- des formats utilisés ;
- du ton de communication ;
- du type de contenu destiné à attirer, rassurer, vendre ou fidéliser.
Prenons notre salon de coiffure. La stratégie Social Media peut décider que l’objectif est d’obtenir davantage de rendez-vous grâce à Instagram et TikTok.
La stratégie de contenu peut ensuite prévoir de créer : des transformations avant/après, des conseils pour entretenir les cheveux, des témoignages clientes, des vidéos montrant l’ambiance du salon et des présentations des différentes prestations.
Une stratégie de contenu ne consiste pas seulement à trouver des idées
Attention à une autre confusion. Écrire une liste de 50 idées de Reels ne constitue pas forcément une stratégie de contenu.
Les idées viennent après la réflexion.
Avant de chercher les idées, nous devons comprendre :
- À qui parlons-nous ?
- Quels problèmes cette personne rencontre-t-elle ?
- Quelles questions se pose-t-elle ?
- Qu’est-ce qui l’empêche d’acheter ?
- Qu’est-ce qui peut lui donner confiance ?
- Quel message voulons-nous répéter régulièrement ?
- Quelle image voulons-nous donner de la marque ?
À partir de ces réponses, trouver des idées devient beaucoup plus facile.
Au lieu de chercher : « 50 idées de contenus pour un restaurant »
Tu peux réfléchir : « Quelles sont les 10 questions qu’une personne peut se poser avant de choisir un restaurant à Bamako ? »
Là, tu commences déjà à créer du contenu beaucoup plus pertinent.
c. Le calendrier éditorial : quand allons-nous publier quoi ?
Maintenant que nous connaissons notre direction et que nous savons quels types de contenus nous voulons créer, nous pouvons commencer à organiser les publications.
C’est le rôle du calendrier éditorial.
Un calendrier éditorial est simplement un document qui organise les contenus que l’entreprise va publier sur une période donnée.
Cela peut être une semaine, deux semaines, un mois ou même plusieurs mois selon l’organisation choisie.
Par exemple :
| Date | Plateforme | Sujet | Format | Objectif |
|---|---|---|---|---|
| 3 septembre | TikTok | Visite du restaurant | Vidéo | Faire découvrir |
| 5 septembre | Menu déjeuner + prix | Carrousel | Informer | |
| 7 septembre | TikTok | Réaction d’un client | Vidéo | Rassurer |
| 9 septembre | Coulisses cuisine | Reel | Créer de la confiance | |
| 11 septembre | Offre déjeuner | Image + texte | Générer des visites |
Le calendrier nous permet donc de savoir quoi publier, quand, où et dans quel format.
Selon ton organisation, tu peux également ajouter :
- le pilier de contenu ;
- le hook ;
- la légende ;
- l’appel à l’action ;
- le responsable du contenu ;
- le statut : à créer, en cours, validé, programmé ou publié.
Le calendrier éditorial n’est PAS une stratégie Social Media
C’est une erreur que tu dois absolument éviter lorsque tu commenceras à travailler avec des clients. Tu peux créer un très beau tableau Excel ou Notion avec 30 publications parfaitement organisées et malgré tout ne pas avoir de stratégie.
Pourquoi ?
Parce que le calendrier répond principalement à : Qu’est-ce qu’on publie et quand ?
Alors que la stratégie répond d’abord à : Pourquoi faisons-nous tout cela et quel résultat cherchons-nous à obtenir ?
Si tu construis ton calendrier avant d’avoir défini les objectifs, la cible et la stratégie de contenu, tu risques simplement d’organiser des contenus qui ne servent à rien. Tu auras un calendrier parfaitement rempli, mais aucune vraie direction.
Tu vois maintenant la logique :
Stratégie Social Media → Stratégie de contenu → Calendrier éditorial → Création et publication.
On réfléchit avant de produire.
– Pourquoi une entreprise a besoin d’une stratégie Social Media
Une stratégie permet premièrement d’éviter de publier au hasard. Sans stratégie, on se réveille le matin et on se demande : « On publie quoi aujourd’hui ? »
Avec une stratégie, les contenus sont préparés autour d’objectifs et de sujets définis à l’avance.
La stratégie permet également d’éviter de suivre toutes les tendances sans réfléchir. Une tendance TikTok peut faire beaucoup de vues tout en n’ayant aucun intérêt pour le business du client.
Le rôle du Community Manager n’est donc pas de suivre chaque tendance. Son rôle est de déterminer si cette tendance peut servir la marque.
Une stratégie permet aussi de maintenir une certaine cohérence. Quand quelqu’un regarde plusieurs publications d’une entreprise, il doit progressivement comprendre ce qu’elle vend, à qui elle s’adresse et pourquoi il devrait lui faire confiance.
Enfin, elle permet de mesurer les résultats. Au lieu de simplement dire au client : « Votre compte marche bien, cette vidéo a fait beaucoup de vues. »
Tu peux lui expliquer : « Notre objectif était d’augmenter les demandes sur WhatsApp. Ce mois-ci, les contenus ont généré 72 conversations contre 41 le mois précédent. Nous allons donc continuer les formats qui génèrent le plus de demandes. »
Là, tu ne parles plus seulement comme quelqu’un qui publie.
Tu commences à parler comme un professionnel qui comprend le business de son client.
Voici le tableau que tu dois comprendre et être capable d’expliquer à tes clients :
| Sans stratégie | Avec stratégie | |
|---|---|---|
| Contenu | Créé selon l’inspiration du moment | Planifié selon les objectifs |
| Résultat | Imprévisible | Mesurable et prévisible |
| Direction | On espère que quelque chose marche | On sait vers quoi on avance |
| Budget | Dépensé sans cadre | Investi avec intention |
| Adaptation | Jamais ou au hasard | Régulière, basée sur les données |
| Sentiment | Stress, improvisation permanente | Sérénité, organisation |
– Copier les concurrents n’est pas une stratégie
Quand on demande à certains débutants de créer une stratégie, leur premier réflexe est d’aller regarder les concurrents. Analyser les concurrents est important et nous allons apprendre à le faire dans ce cours. Mais analyser ne veut pas dire copier.
- Si un concurrent publie cinq Reels par semaine, cela ne signifie pas automatiquement que ton client doit faire pareil.
- Si un concurrent utilise beaucoup l’humour, cela ne veut pas dire que ta marque doit forcément devenir humoristique.
- Si une entreprise est très active sur TikTok, cela ne signifie pas que TikTok est automatiquement la meilleure plateforme pour ton client.
L’analyse concurrentielle doit t’aider à comprendre le marché, pas à devenir une copie d’une autre entreprise.
– Être présent sur tous les réseaux n’est pas une stratégie
Un autre réflexe très courant consiste à créer un compte partout, Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn, YouTube, Snapchat.
Puis quelques semaines plus tard, personne n’arrive à maintenir tous ces comptes correctement. Une bonne stratégie ne cherche pas à être partout. Elle cherche à être au bon endroit.
Si la majorité des personnes que nous voulons toucher utilisent Facebook et TikTok, nous pouvons décider de concentrer notre énergie sur ces deux plateformes. Il vaut généralement mieux avoir deux plateformes bien gérées que cinq plateformes abandonnées ou alimentées avec exactement le même contenu sans réflexion.
Le choix des réseaux sociaux doit toujours partir de la cible, des objectifs et des ressources disponibles.
– Le rôle du Community Manager dans une stratégie Social Media
Le Community Manager n’est pas simplement la personne qui reçoit un visuel et appuie sur « Publier ».
Son rôle est beaucoup plus important.
Il doit comprendre l’entreprise, comprendre sa cible, observer le marché, proposer des idées, créer ou coordonner les contenus, échanger avec la communauté et analyser les résultats. Il doit aussi être capable de remarquer lorsqu’une stratégie ne fonctionne pas et proposer des améliorations.
Par exemple, si après plusieurs semaines les vidéos obtiennent beaucoup de vues mais presque aucune demande de renseignement, le Community Manager doit se poser des questions.
- Est-ce que nous attirons les bonnes personnes ?
- Le message est-il suffisamment clair ?
- L’offre est-elle bien présentée ?
- Demandons-nous réellement aux personnes de passer à l’action ?
- Le profil est-il optimisé pour transformer les visiteurs en prospects ?
C’est cette capacité à observer, réfléchir, tester et améliorer qui donne de la valeur au Community Manager.
Exemple pratique : deux Community Managers, deux façons de travailler
Une boutique de vêtements à Dakar contacte deux Community Managers et leur dit : Nous voulons développer notre Instagram.
Le premier répond : Je peux vous faire 12 publications par mois, 8 stories et 4 Reels.
Il parle immédiatement de contenu.
Le deuxième commence par demander :
- Pourquoi voulez-vous développer Instagram ?
- Qu’est-ce que vous cherchez à obtenir actuellement ?
- Qui achète principalement vos vêtements ?
- Où se font vos ventes ?
- Qu’est-ce qui vous empêche aujourd’hui de vendre davantage ?
Après discussion, il découvre que la boutique possède déjà beaucoup de visiteurs sur Instagram mais que peu de personnes passent commande.
Il comprend alors que le problème principal n’est peut-être pas la visibilité. Le problème peut être la confiance, la présentation des produits, le processus de commande, les prix mal indiqués ou l’absence d’appels à l’action.
Le deuxième Community Manager est donc capable de construire une stratégie adaptée au vrai problème de l’entreprise.
C’est exactement cette manière de réfléchir que je veux que tu développes pendant Power Business CM.
À retenir
Une stratégie Social Media est un plan qui permet d’utiliser les réseaux sociaux pour atteindre un objectif précis de l’entreprise. Elle permet de savoir où l’entreprise se trouve aujourd’hui, où elle veut aller, à qui elle veut parler, sur quelles plateformes elle doit communiquer, quels contenus elle doit créer et comment elle va mesurer ses résultats.
La création de contenu vient après cette réflexion.
Tu ne dois donc plus penser : Je suis Community Manager, je dois trouver quoi publier.
Commence plutôt à penser : Je suis Community Manager, je dois comprendre le problème et construire une solution avec les réseaux sociaux.
C’est là que commence réellement la stratégie Social Media.
II. Faire l’état des lieux avant de construire la stratégie
Avant de construire une stratégie Social Media, tu dois comprendre la situation actuelle de l’entreprise (Analyser la situation de départ). Tu ne peux pas proposer une bonne direction si tu ne sais pas d’abord d’où elle part. C’est exactement comme lorsqu’un médecin reçoit un patient. Il ne commence pas directement par donner un traitement. Il pose d’abord des questions, il cherche à comprendre le problème, il observe les symptômes et il vérifie ce qui s’est passé avant.
En Social Media, c’est pareil.
Avant de proposer des contenus, de choisir une plateforme ou de parler de fréquence de publication, tu dois prendre le temps de comprendre l’entreprise, son activité, ses clients, ses forces, ses difficultés et ce qu’elle fait déjà sur les réseaux sociaux.
Cette étape s’appelle l’état des lieux. L’état des lieux te permet de voir clairement la situation actuelle afin de construire une stratégie adaptée, et non une stratégie copiée sur une autre entreprise.
Cette analyse de la situation de départ comprend 3 volets :
- L’audit interne (l’état des réseaux du client)
- L’analyse de l’environnement business du client
- L’analyse concurrentielle (benchmarking) déjà vue en detail.
1. Qu’est-ce qu’un état des lieux ?
Note : On a déjà vu l’audit en détail dans le cours précédent.
Faire un état des lieux signifie simplement observer et analyser la situation actuelle de l’entreprise avant de prendre des décisions.
Tu cherches à répondre à une question très simple : Où en est cette entreprise aujourd’hui ?
Pour répondre correctement, tu dois regarder plusieurs choses : son activité, son offre, ses clients, son image, ses réseaux sociaux, ses résultats et les difficultés qu’elle rencontre. L’objectif n’est pas de juger l’entreprise. L’objectif est de comprendre sa situation pour savoir ce qu’il faut garder, améliorer, supprimer ou créer.
2. Pourquoi cette étape est indispensable
Beaucoup de Community Managers veulent aller trop vite. Ils veulent impressionner le client avec des idées, des tendances ou des calendriers de contenu dès le premier rendez-vous. Mais proposer des idées sans comprendre l’entreprise peut te faire travailler dans la mauvaise direction.
Prenons un exemple.
Une boutique de chaussures à Bamako te dit : Nous voulons plus de visibilité.
Tu peux immédiatement penser qu’il faut publier plus de Reels ou faire davantage de TikTok mais après quelques questions, tu découvres que la boutique reçoit déjà beaucoup de vues et de messages, mais que les clients abandonnent souvent parce qu’ils ne comprennent pas les tailles disponibles, les prix ou les modalités de livraison.
Le vrai problème n’est donc peut-être pas la visibilité.
Le problème peut être la conversion. Sans état des lieux, tu aurais essayé de résoudre le mauvais problème.
3. Comprendre le business du client
Avant de parler réseaux sociaux, tu dois comprendre comment l’entreprise fonctionne réellement. Un Community Manager professionnel ne s’intéresse pas seulement au compte Instagram. Il cherche à comprendre le business derrière le compte.
Tu dois notamment savoir :
- ce que l’entreprise vend ;
- à qui elle vend ;
- comment elle gagne de l’argent ;
- quels sont ses produits ou services les plus importants ;
- quels sont ses prix ;
- où elle vend ;
- comment les clients commandent ;
- ce qui la différencie de ses concurrents ;
- les difficultés qu’elle rencontre actuellement.
Plus tu comprends le business, plus ta stratégie sera utile.
4. Les questions à poser au client
Lorsque tu commences une mission, prépare toujours un questionnaire de découverte. Tu n’as pas besoin d’utiliser des mots compliqués. L’objectif est simplement de faire parler le client. Voici des exemples de questions importantes.
Sur l’entreprise
- Depuis combien de temps l’entreprise existe-t-elle ?
- Quelle est son activité principale ?
- Quels produits ou services propose-t-elle ?
- Quel est son produit ou service le plus vendu ?
- Quels sont les produits ou services les moins demandés ?
- Où se trouve l’entreprise ?
- Est-ce qu’elle vend uniquement en ligne, en boutique ou les deux ?
Sur les clients
- Qui achète principalement vos produits ou services ?
- Quel âge ont généralement vos clients ?
- Où vivent-ils ?
- Quelles questions posent-ils souvent ?
- Qu’est-ce qui les empêche parfois d’acheter ?
- Pourquoi certains clients vous choisissent-ils plutôt qu’un concurrent ?
Sur les objectifs
- Pourquoi voulez-vous développer vos réseaux sociaux ?
- Quel résultat souhaitez-vous obtenir dans les prochains mois ?
- Avez-vous besoin de plus de visibilité, de messages, de réservations, de ventes ou d’inscriptions ?
- Quel est aujourd’hui votre plus gros problème commercial ?
Sur la communication actuelle
- Sur quels réseaux sociaux êtes-vous présent ?
- Qui gère actuellement les comptes ?
- À quelle fréquence publiez-vous ?
- Quels contenus fonctionnent le mieux ?
- Quels contenus fonctionnent moins bien ?
- Recevez-vous des messages grâce aux réseaux sociaux ?
- Avez-vous déjà fait de la publicité ?
- Avez-vous déjà travaillé avec un Community Manager ?
Ces questions vont t’aider à comprendre l’histoire de l’entreprise et à éviter les suppositions.
5. Ne jamais supposer à la place du client
C’est une erreur très fréquente.
Tu regardes rapidement un compte et tu te dis : Je pense que leur problème, c’est le design.
Peut-être.
Mais peut-être que le vrai problème est ailleurs.
Une entreprise peut avoir un mauvais design et pourtant vendre correctement. Une autre peut avoir de très beaux visuels mais ne générer presque aucune vente. Ton travail consiste donc à chercher des faits avant de tirer des conclusions.
Tu dois apprendre à faire la différence entre : ce que tu penses et ce que les informations montrent réellement.
C’est cette habitude qui rend ton analyse plus professionnelle.
6. Faire l’audit des réseaux sociaux existants
Après avoir compris l’entreprise, tu dois analyser sa présence actuelle sur les réseaux sociaux.
Cette analyse s’appelle souvent l’audit Social Media, qu’on a vue précédemment.
Un audit consiste à examiner les comptes existants afin de voir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et ce qui peut être amélioré. Tu peux faire l’audit de Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn, YouTube ou de toute autre plateforme utilisée par l’entreprise.
7. Commencer par le profil
Avant même de regarder les publications, regarde le profil.
Pose-toi les questions suivantes :
- Est-ce que le nom du compte est facile à comprendre ?
- La photo de profil est-elle claire ?
- La biographie explique-t-elle correctement l’activité ?
- Les coordonnées sont-elles disponibles ?
- Le lien vers WhatsApp ou le site fonctionne-t-il ?
- Le client comprend-il rapidement comment acheter ou prendre contact ?
- Les informations importantes sont-elles faciles à trouver ?
Un profil mal optimisé peut faire perdre des clients, même lorsque les contenus sont bons.
8. Analyser les contenus publiés
Ensuite, regarde les contenus des dernières semaines ou des derniers mois.
Tu peux observer :
- les sujets abordés ;
- les formats utilisés ;
- la qualité des visuels ;
- la qualité des vidéos ;
- les légendes ;
- les appels à l’action ;
- la fréquence de publication ;
- la régularité ;
- la cohérence entre les publications.
Tu dois aussi regarder si l’entreprise parle uniquement de ses produits ou si elle crée également du contenu utile, éducatif, rassurant ou divertissant.
Par exemple, une boutique qui publie uniquement :
- Nouvelle collection disponible
- Disponible maintenant
- Prix : 15 000 FCFA
risque rapidement de donner l’impression d’un catalogue.
Les réseaux sociaux ne servent pas seulement à montrer ce qu’on vend. Ils servent aussi à créer une relation avec les personnes qui pourraient acheter.
9. Regarder les performances
Une bonne analyse ne s’arrête pas à l’apparence des publications. Tu dois aussi regarder les chiffres.
Selon la plateforme, tu peux observer :
- les vues ;
- la portée ;
- les impressions ;
- les likes ;
- les commentaires ;
- les partages ;
- les enregistrements ;
- les clics ;
- les messages reçus ;
- les abonnements générés.
L’objectif n’est pas de regarder tous les chiffres pour faire joli dans un rapport.
Tu dois chercher à comprendre ce que ces chiffres veulent dire.
10. Ne pas regarder seulement les likes
Un contenu peut avoir peu de likes et pourtant être très utile pour l’entreprise.
Par exemple, une publication peut obtenir seulement 40 likes mais générer 15 demandes sur WhatsApp. Une autre peut obtenir 2 000 likes mais ne générer aucune vente.
La deuxième publication est peut-être plus populaire, mais la première est probablement plus intéressante pour le business. C’est pour cela qu’un Community Manager doit toujours relier les chiffres aux objectifs de l’entreprise.
11. Identifier les contenus qui fonctionnent
Lors de ton audit, cherche les publications qui ont obtenu de meilleurs résultats que les autres.
Ensuite, demande-toi pourquoi.
- Est-ce le sujet ?
- Le format ?
- Le hook ?
- La personne présente dans la vidéo ?
- Le témoignage ?
- La manière de parler ?
- L’offre ?
- La durée de la vidéo ?
L’objectif n’est pas simplement de dire : Cette vidéo a fait 30 000 vues.
Tu dois essayer de comprendre : Qu’est-ce que cette vidéo nous apprend sur ce que l’audience aime ou recherche ?
C’est cette réflexion qui va ensuite nourrir la nouvelle stratégie.
12. Identifier ce qui ne fonctionne pas
Tu dois aussi regarder les contenus qui obtiennent peu de résultats. Mais attention, un contenu qui fonctionne mal ne doit pas être supprimé automatiquement de la stratégie. Il faut d’abord comprendre pourquoi.
Peut-être que :
- le sujet n’intéresse pas la cible ;
- l’accroche était faible ;
- la vidéo était trop longue ;
- le visuel était difficile à comprendre ;
- le contenu a été publié au mauvais moment ;
- le message était trop commercial ;
- l’appel à l’action n’était pas clair.
L’analyse te permet de faire des hypothèses que tu pourras ensuite tester.
13. Observer la régularité
Regarde aussi la fréquence de publication. L’entreprise publie-t-elle régulièrement ou uniquement lorsqu’elle a quelque chose à vendre ?
Par exemple, certaines entreprises peuvent rester silencieuses pendant trois semaines, puis publier quinze fois lorsqu’elles lancent une promotion.
Cette irrégularité peut empêcher la communauté de créer une vraie relation avec la marque. Ton audit doit donc préciser si la fréquence actuelle semble réaliste, suffisante ou mal organisée.
14. Observer la communauté
Les réseaux sociaux ne sont pas seulement des publications. Regarde également ce qui se passe dans les commentaires et les messages.
Pose-toi des questions simples :
- Est-ce que les personnes posent des questions ?
- Est-ce que l’entreprise répond ?
- Combien de temps met-elle à répondre ?
- Quelles questions reviennent souvent ?
- Quels problèmes les clients mentionnent-ils ?
- Quels compliments reviennent régulièrement ?
Les commentaires constituent une véritable mine d’informations.
Ils peuvent t’aider à comprendre les besoins, les objections et les attentes des clients.
15. Vérifier le parcours jusqu’à l’achat
Tu dois aussi tester le parcours d’un client potentiel. Imagine que tu découvres l’entreprise aujourd’hui.
Tu regardes une publication et tu veux acheter.
- Que se passe-t-il ensuite ?
- Est-ce que tu sais où cliquer ?
- Est-ce que le numéro WhatsApp fonctionne ?
- Est-ce que quelqu’un répond rapidement ?
- Les prix sont-ils disponibles ?
- Le processus de commande est-il clair ?
- La livraison est-elle expliquée ?
Parfois, la communication fonctionne très bien, mais le problème se trouve après le contenu. Un client intéressé peut abandonner simplement parce que le processus est trop compliqué.
16. Identifier les forces de l’entreprise
Un audit ne sert pas uniquement à chercher ce qui va mal. Tu dois également identifier ce que l’entreprise fait déjà correctement.
Elle peut avoir :
- une communauté très fidèle ;
- de bons témoignages ;
- une fondatrice charismatique ;
- de très bons produits ;
- une forte réputation locale ;
- de belles vidéos ;
- un excellent service client.
Ces forces pourront devenir des éléments importants de la stratégie.
17. Identifier les faiblesses
Ensuite, tu notes les points à améliorer.
Par exemple :
- profil mal optimisé ;
- manque de régularité ;
- contenu trop commercial ;
- absence de stratégie ;
- vidéos de mauvaise qualité ;
- aucune preuve client ;
- aucune personnalité dans la communication ;
- appels à l’action absents ;
- réponse lente aux messages.
L’objectif n’est pas de faire une longue liste pour critiquer le client. Il faut identifier les points qui ont réellement un impact sur les résultats.
L’analyse SWOT du client
La SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) est un outil d’analyse stratégique utilisé dans le monde des affaires. On l’adapte ici au contexte social media.
SWOT = Forces / Faiblesses / Opportunités / Menaces
| Intérieur (ce que le client contrôle) | Extérieur (ce qu’il ne contrôle pas) | |
|---|---|---|
| Positif | FORCES (Strengths) | OPPORTUNITÉS (Opportunities) |
| Négatif | FAIBLESSES (Weaknesses) | MENACES (Threats) |
Remplir la SWOT pour les réseaux sociaux d’un client :
FORCES (ce qui fonctionne déjà bien) :
- Bonne qualité des produits (fidélisation naturelle)
- Communauté existante de 1 200 abonnés engagés
- Le patron est charismatique et peut faire des vidéos face caméra
- Bonne réputation locale par le bouche-à-oreille
FAIBLESSES (ce qui ne fonctionne pas) :
- Aucune cohérence visuelle entre les posts
- Taux d’engagement très faible (1,8%)
- Pas de stratégie, publications aléatoires
- Bio non optimisée, pas de lien vers WhatsApp
OPPORTUNITÉS (ce que l’environnement offre) :
- Le marché local n’est pas encore saturé
- TikTok en plein boom en Côte d’Ivoire
- La saison des fêtes approche → fort potentiel promotionnel
MENACES (ce que l’environnement impose) :
- 3 nouveaux concurrents ont ouvert cette année
- La portée organique Facebook continue de baisser
- Les clients sont de plus en plus sollicités et difficiles à capter
Résultat de la SWOT :
La SWOT te donne des pistes pour ta stratégie. Par exemple :
- Exploiter les FORCES pour saisir les OPPORTUNITÉS → Utiliser le charisme du patron pour créer du contenu TikTok avant les concurrents
- Corriger les FAIBLESSES pour réduire les MENACES → Créer une cohérence visuelle forte pour se différencier dans un marché qui se sature
18. Faire la différence entre un symptôme et le vrai problème
C’est une compétence très importante.
Le client peut te dire : Mes vidéos ne font pas assez de vues.
C’est peut-être vrai.
Mais la question est : Pourquoi veut-il plus de vues ?
S’il veut davantage de ventes, alors le manque de vues n’est peut-être qu’un symptôme. Le vrai problème peut être que peu de personnes connaissent son entreprise ou peut-être que les personnes connaissent l’entreprise mais ne lui font pas confiance ou encore que l’offre n’est pas suffisamment claire.
Ton travail est donc d’aller plus loin que la première phrase du client.
Exemple pratique : une boutique de vêtements à Bamako
Prenons une boutique fictive appelée Mali Chic. La propriétaire vend des vêtements pour femmes et possède Instagram, Facebook et TikTok.
Elle te dit : Mes réseaux sociaux ne marchent plus.
Après ton état des lieux, tu découvres que :
- Instagram possède 4 000 abonnés ;
- TikTok possède 14 500 abonnés ;
- certaines vidéos dépassent 20 000 vues ;
- les publications sont irrégulières ;
- la majorité des contenus montrent uniquement les vêtements ;
- très peu de vidéos montrent des personnes portant les tenues ;
- les prix sont rarement indiqués ;
- le lien WhatsApp n’est pas facile à trouver ;
- plusieurs commentaires demandent les prix sans recevoir de réponse ;
- la boutique reçoit beaucoup de questions mais peu de commandes.
Grâce à ces informations, tu comprends que le problème n’est probablement pas simplement : « Nous manquons de visibilité. »
Le vrai problème semble davantage lié à la présentation de l’offre, à la confiance et au parcours d’achat.
Ta stratégie pourra donc être construite autour de ces problèmes précis.
Mot de Fatima
Quand tu commences avec un nouveau client, tu peux avoir envie de lui montrer que tu connais beaucoup de choses. Tu veux parler d’algorithme, de Reels, de tendances, de storytelling ou lui proposer immédiatement cinquante idées de contenus. Mais parfois, le travail le plus professionnel que tu peux faire au début, c’est simplement de poser les bonnes questions et d’écouter.
Un bon Community Manager n’est pas celui qui parle le plus. C’est celui qui arrive à comprendre le problème avant de proposer une solution. Plus tu connais le business de ton client, plus tu seras capable de créer des contenus qui ont du sens pour lui. Alors ne sois jamais pressé de publier. Commence par comprendre.
III. Définir les objectifs Social Media
Maintenant que tu as compris la situation actuelle de l’entreprise grâce à l’état des lieux et à l’audit, tu peux commencer à réfléchir à la direction que tu veux prendre et cette direction commence par les objectifs. Une entreprise ne doit pas être présente sur les réseaux sociaux simplement parce que « tout le monde est sur Instagram » ou parce que « TikTok marche en ce moment ». Elle doit savoir ce qu’elle cherche réellement à obtenir grâce à sa présence en ligne.
C’est une étape très importante parce que les objectifs vont influencer presque toute la suite de ta stratégie : les plateformes que tu vas choisir, les contenus que tu vas créer, les appels à l’action que tu vas utiliser et même les chiffres que tu vas analyser.
Autrement dit, avant de décider quoi publier, tu dois savoir pourquoi tu vas publier.
1. Qu’est-ce qu’un objectif Social Media ?
Un objectif Social Media est simplement un résultat que l’entreprise souhaite obtenir grâce aux réseaux sociaux.
Par exemple, une entreprise peut utiliser les réseaux sociaux pour se faire connaître, attirer de nouveaux clients, recevoir davantage de demandes sur WhatsApp, vendre un produit, obtenir des réservations ou fidéliser ses anciens clients.
L’objectif donne donc une raison à toutes les actions que tu vas mettre en place.
- Si tu publies une vidéo, tu dois pouvoir expliquer pourquoi cette vidéo existe.
- Si tu proposes à ton client de développer TikTok, tu dois pouvoir expliquer pourquoi TikTok peut l’aider à atteindre son objectif.
- Si tu crées une campagne autour des témoignages clients, tu dois savoir quel problème tu cherches à résoudre.
Une bonne stratégie ne repose pas sur : On va faire ça parce que ça marche en ce moment.
Elle repose plutôt sur : Nous voulons obtenir ce résultat, donc nous allons mettre en place ces actions pour essayer d’y arriver.
2. Objectif business et objectif Social Media : ce n’est pas exactement la même chose
Quand un client te parle de ses objectifs, il ne va pas forcément utiliser les mots « objectif business » ou « objectif Social Media ». Il va généralement t’expliquer ce qu’il veut obtenir pour son entreprise.
Il peut te dire :
- « Je veux avoir plus de clients. »
- « Je veux augmenter mes ventes. »
- « Je veux remplir mon restaurant pendant la semaine. »
- « Je veux avoir plus d’élèves pour ma prochaine rentrée. »
- « Je veux vendre davantage de mes produits. »
Tout cela concerne directement le fonctionnement et les résultats de l’entreprise. On parle donc d’objectifs business.
Un objectif business représente simplement un résultat que l’entreprise souhaite atteindre dans son activité. Il peut être lié au chiffre d’affaires, au nombre de clients, aux ventes, aux inscriptions, aux réservations, à la fidélisation ou encore au développement de l’entreprise.
Par exemple, un centre de formation peut avoir comme objectif business : Obtenir 50 nouvelles inscriptions pour sa prochaine rentrée.
Une boutique de vêtements peut vouloir : Augmenter ses ventes pendant les trois prochains mois.
Un restaurant peut vouloir : Attirer davantage de clients du lundi au jeudi, car la salle est souvent vide pendant cette période.
Ce sont des objectifs business parce que ce sont les résultats que l’entreprise cherche réellement à obtenir.
Alors, où intervient l’objectif Social Media ?
Les réseaux sociaux ne sont qu’un des moyens que l’entreprise peut utiliser pour atteindre ses objectifs business. C’est très important à comprendre.
- Instagram n’est pas le business.
- TikTok n’est pas le business.
- Facebook n’est pas le business.
Ce sont des outils que l’entreprise utilise pour se faire connaître, communiquer, attirer des personnes, créer de la confiance et éventuellement générer des ventes. L’objectif Social Media représente donc le résultat que nous voulons obtenir grâce aux réseaux sociaux pour contribuer à l’objectif business de l’entreprise.
Reprenons notre centre de formation.
Son objectif business est : Obtenir 50 nouvelles inscriptions pour sa prochaine rentrée.
Le Community Manager ne peut pas simplement transformer cet objectif en : « Mon objectif Instagram est d’avoir 50 inscriptions. »
Pourquoi ? Parce qu’une inscription dépend de beaucoup d’autres éléments : la qualité de la formation, le prix, le processus commercial, la façon dont les prospects sont accompagnés, les moyens de paiement ou encore la capacité de l’équipe à répondre aux demandes.
Le rôle des réseaux sociaux peut plutôt être de faire découvrir la formation aux bonnes personnes, créer de la confiance et générer davantage de demandes d’informations.
L’objectif Social Media peut donc devenir : Générer 150 demandes d’informations qualifiées sur WhatsApp grâce aux réseaux sociaux pendant la période d’inscription.
Tu vois la différence ?
Objectif business : obtenir 50 inscriptions.
Objectif Social Media : générer suffisamment de prospects qualifiés pour contribuer à ces inscriptions.
Les deux objectifs travaillent ensemble, mais ils ne sont pas identiques.
Autre exemple : un restaurant à Bamako
Imaginons un restaurant qui reçoit beaucoup de clients le vendredi et le samedi, mais qui est presque vide du lundi au jeudi.
Son objectif business peut être : Augmenter le nombre de clients en semaine.
À partir de là, nous devons réfléchir au rôle que les réseaux sociaux peuvent jouer.
L’objectif Social Media pourrait être : Augmenter les réservations provenant d’Instagram et TikTok du lundi au jeudi au cours des trois prochains mois.
La stratégie de contenu pourra ensuite mettre en avant les menus de la semaine, l’ambiance du restaurant, des offres réservées aux jours creux, les avis clients ou encore des vidéos donnant envie de venir déjeuner ou dîner.
On ne publie donc plus simplement de belles vidéos de nourriture.
Chaque contenu commence à servir un objectif précis.
Exemple avec une boutique en ligne
Une boutique de vêtements peut dire : Je veux doubler mes ventes.
C’est un objectif business.
En faisant l’audit, tu découvres que beaucoup de personnes regardent les produits sur Instagram mais que très peu envoient un message pour commander.
L’objectif Social Media pourrait alors être : Augmenter le nombre de demandes de commande reçues sur WhatsApp depuis Instagram au cours des trois prochains mois.
Pour atteindre cet objectif, tu pourras travailler sur la présentation des produits, les vidéos portées, les témoignages, les prix, les appels à l’action et le processus permettant de passer d’Instagram à WhatsApp.
Là encore, les réseaux sociaux participent au développement des ventes, mais ils ne représentent qu’une partie du processus.
Pourquoi cette différence est importante pour un Community Manager ?
Parce qu’elle t’empêche de penser uniquement en termes de réseaux sociaux.
Un mauvais raisonnement serait : « Mon objectif est d’avoir 10 000 abonnés. »
Mais pourquoi l’entreprise a-t-elle besoin de 10 000 abonnés ?
Qu’est-ce que ces abonnés doivent apporter au business ?
Si tu n’arrives pas à répondre à cette question, l’objectif mérite d’être retravaillé.
En revanche, tu peux dire : « L’entreprise souhaite augmenter les inscriptions à ses formations. Nous allons utiliser TikTok et Instagram pour toucher davantage de personnes correspondant à notre cible et générer davantage de demandes d’informations qualifiées sur WhatsApp. »
Là, ta stratégie Social Media est directement reliée au business. C’est cette manière de réfléchir qui te permet de ne plus être simplement la personne qui publie.
Tu deviens quelqu’un qui comprend pourquoi l’entreprise investit du temps et de l’argent dans sa communication.
Les réseaux sociaux ne peuvent pas tout faire
Il faut également comprendre les limites de ton travail.
Imagine que ton objectif Social Media soit d’obtenir plus de prospects.
Grâce à ta stratégie, 100 personnes intéressées écrivent sur WhatsApp.
Mais l’entreprise répond trois jours plus tard, donne des informations incomplètes et ne relance jamais les prospects.
Au final, seulement deux personnes achètent.
Est-ce que cela signifie automatiquement que la stratégie Social Media était mauvaise ?
Pas forcément.
Le problème peut se situer dans le processus commercial après l’arrivée du prospect. C’est la même chose si le produit est mauvais, si le prix n’est pas adapté au marché, si la livraison pose problème ou si le service client ne répond pas correctement.
Les réseaux sociaux peuvent attirer, rassurer, intéresser et générer des opportunités, mais ils ne peuvent pas corriger tous les problèmes d’une entreprise.
C’est pour cela qu’un Community Manager professionnel évite les promesses comme :
Je vais doubler vos ventes en trois mois.
Tu peux contribuer à améliorer les ventes, mais tu ne contrôles pas tout le business.
Une logique simple à retenir
Pour ne plus jamais confondre les deux, retiens cette logique : L’entreprise commence par avoir un besoin.
Par exemple : Nous voulons plus d’élèves.
On définit ensuite l’objectif business : Obtenir 50 nouvelles inscriptions pour la prochaine rentrée.
Puis on se demande : Comment les réseaux sociaux peuvent-ils contribuer à ce résultat ?
On définit alors l’objectif Social Media : Générer 150 demandes d’informations qualifiées grâce à Instagram et TikTok pendant la période d’inscription.
Ensuite seulement, nous réfléchissons aux contenus, aux plateformes, aux appels à l’action et aux indicateurs à suivre.
La logique devient donc :
Besoin de l’entreprise → Objectif business → Objectif Social Media → Stratégie → Actions → Mesure des résultats.
Petit tableau pour comprendre rapidement
| Entreprise | Objectif business | Objectif Social Media |
|---|---|---|
| Centre de formation | Obtenir 50 inscriptions | Générer 150 demandes qualifiées sur WhatsApp |
| Restaurant | Augmenter la fréquentation en semaine | Augmenter les réservations provenant des réseaux sociaux du lundi au jeudi |
| Boutique de vêtements | Augmenter les ventes | Augmenter les demandes de commande venant d’Instagram |
| Salon de coiffure | Remplir davantage les créneaux disponibles | Générer plus de prises de rendez-vous via Instagram et TikTok |
| Agent immobilier | Vendre davantage de biens | Générer davantage de demandes de visites qualifiées |
3. Les principaux objectifs Social Media
Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes besoins. Une nouvelle marque qui vient de se lancer n’aura probablement pas les mêmes objectifs qu’une entreprise connue depuis dix ans.
Voici les principaux objectifs que tu vas rencontrer lorsque tu travailleras avec des clients.
a. Développer la notoriété et la visibilité
La notoriété signifie simplement faire connaître l’entreprise auprès d’un plus grand nombre de personnes, et surtout auprès des bonnes personnes. C’est souvent important pour une nouvelle entreprise, une nouvelle marque, un nouveau produit ou une entreprise qui souhaite entrer sur un nouveau marché.
Imagine un nouveau restaurant qui vient d’ouvrir à Dakar. Le restaurant peut être magnifique et proposer de très bons plats, mais si personne ne sait qu’il existe, il aura du mal à attirer des clients. Les réseaux sociaux peuvent donc servir à faire découvrir le restaurant, montrer les plats, présenter l’endroit, expliquer où il se trouve et donner envie aux personnes de venir.
Dans ce cas, nous pourrons notamment nous intéresser à la portée, aux vues, aux visites du profil ou à l’évolution de l’audience.
Mais attention : la visibilité n’est pas une finalité pour toutes les entreprises.
Faire un million de vues est intéressant uniquement si cette visibilité sert quelque chose derrière.
b. Créer de l’engagement et une communauté
L’engagement correspond aux actions réalisées par les personnes lorsqu’elles voient le contenu : commentaires, partages, réponses, enregistrements ou autres interactions selon la plateforme. L’objectif est ici de ne plus avoir seulement des personnes qui regardent, mais des personnes qui réagissent et créent une relation avec la marque.
C’est particulièrement intéressant pour les marques qui veulent construire une communauté sur le long terme.
Par exemple, une marque de vêtements peut poser des questions à sa communauté, demander quelle couleur elle préfère, montrer les coulisses de la création d’une collection ou demander aux clientes de partager leurs looks.
Petit à petit, les abonnés ne suivent plus seulement une boutique. Ils commencent à reconnaître la marque, son univers et sa personnalité.
c. Générer des prospects
Un prospect est simplement une personne qui montre un intérêt pour ce que l’entreprise vend, mais qui n’a pas encore forcément acheté.
Dans notre réalité, un prospect peut être une personne qui envoie :
- « Bonjour, je voudrais avoir plus d’informations. »
- « La formation coûte combien ? »
- « Est-ce que vous livrez à Ségou ? »
- « Comment prendre rendez-vous ? »
- « Est-ce que cette robe existe en taille L ? »
Cette personne n’est pas encore cliente, mais elle s’est rapprochée de l’achat. Pour certaines entreprises, l’objectif des réseaux sociaux sera donc de générer davantage de ces conversations par WhatsApp, Messenger, Instagram, formulaire ou téléphone.
d. Générer des ventes
Ici, l’objectif est plus directement commercial. L’entreprise souhaite utiliser les réseaux sociaux pour vendre ses produits ou services. Mais attention à une erreur fréquente : vendre sur les réseaux sociaux ne signifie pas publier uniquement des promotions.
Une personne peut avoir besoin de découvrir la marque, comprendre le produit, voir des preuves, comparer, poser des questions et être rassurée avant d’acheter.
La stratégie devra donc créer un chemin qui rapproche progressivement la personne de la vente.
Par exemple, une boutique en ligne peut utiliser des vidéos pour montrer les produits portés, des témoignages pour rassurer, des démonstrations pour expliquer la qualité et des contenus commerciaux pour présenter les prix et expliquer comment commander.
e. Générer du trafic
Le trafic signifie simplement envoyer les personnes vers un autre endroit.
Cela peut être :
- un site internet ;
- une boutique en ligne ;
- une page de réservation ;
- une page d’inscription ;
- un article ;
- WhatsApp.
Par exemple, une entreprise peut utiliser TikTok pour attirer l’attention, puis inviter les personnes intéressées à visiter son site pour passer commande.
Dans ce cas, avoir beaucoup de vues n’est pas suffisant. Nous devons aussi regarder si les personnes cliquent réellement sur le lien.
f. Fidéliser les clients
Les réseaux sociaux ne servent pas uniquement à trouver de nouveaux clients. Ils peuvent également permettre de garder une relation avec les personnes qui ont déjà acheté.
Un restaurant peut présenter ses nouveautés à ses anciens clients. Une boutique peut montrer ses nouvelles collections. Un centre de formation peut continuer à partager du contenu utile avec ses anciens élèves.
L’objectif est de rester présent dans l’esprit du client pour qu’il puisse revenir, recommander l’entreprise ou parler de la marque autour de lui. Trouver un nouveau client demande souvent beaucoup d’efforts. Il serait donc dommage d’oublier complètement les personnes qui nous connaissent déjà.
4. Une entreprise peut-elle avoir plusieurs objectifs ?
Oui. Une entreprise peut vouloir développer sa visibilité, créer une communauté et augmenter ses ventes mais cela ne signifie pas que tout doit être prioritaire en même temps.
C’est là que ton travail de Community Manager devient important. Tu dois aider le client à identifier ce qui est le plus important maintenant.
Prenons une entreprise qui vient d’ouvrir. Son problème principal est peut-être que personne ne la connaît encore. La priorité des premiers mois pourra donc être la notoriété.
Une entreprise déjà connue peut avoir beaucoup d’abonnés mais recevoir très peu de commandes. Son problème n’est plus forcément la visibilité. La priorité peut devenir la conversion.
Une autre entreprise reçoit beaucoup de nouveaux clients mais très peu reviennent. Elle peut avoir besoin de travailler davantage la fidélisation.
Les objectifs doivent donc venir de la situation réelle découverte pendant l’état des lieux et l’audit. C’est pour cela que nous avons fait cette étape avant de parler d’objectifs.
« Je veux plus de visibilité » n’est pas encore un bon objectif
Tu vas entendre cette phrase très souvent avec tes clients : « Je veux plus de visibilité. »
Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas suffisamment précis. Ton rôle est d’aller plus loin.
Tu peux demander : Pourquoi voulez-vous plus de visibilité ?
Cette petite question peut complètement changer ta compréhension du besoin.
Le client peut répondre : Parce que nous venons d’ouvrir et que personne ne nous connaît ou parce que nous voulons avoir plus de clients ou encore parce que nous lançons un nouveau produit.
Nous commençons alors à comprendre ce que la visibilité doit produire derrière.
Tu peux ensuite demander : Auprès de qui voulez-vous être plus visible ?
Parce qu’être visible auprès de 500 000 personnes qui n’achèteront jamais le produit peut avoir moins de valeur qu’être visible auprès de 10 000 personnes qui correspondent réellement à la cible.
5. Rendre un objectif plus précis
Un objectif doit être suffisamment clair pour que quelques semaines ou quelques mois plus tard, nous puissions répondre à cette question : Est-ce que nous avons progressé ou pas ?
Prenons cette phrase :
❌ « Nous voulons avoir plus de messages. »
C’est encore vague.
Nous pouvons la transformer en : Nous voulons passer d’environ 30 demandes d’informations par mois à 60 demandes par mois sur WhatsApp au cours des trois prochains mois.
Là, nous avons une base beaucoup plus claire.
Nous savons ce que nous voulons améliorer, d’où nous partons, où nous voulons arriver et sur quelle période.
La méthode SMART expliquée simplement
Tu entendras souvent parler de la méthode SMART lorsque tu travailles sur les objectifs. Le nom peut sembler compliqué, mais l’idée derrière est très simple. SMART sert simplement à vérifier si ton objectif est suffisamment bien défini.
Un bon objectif doit être précis. On doit comprendre exactement ce que nous voulons améliorer.
Il doit être mesurable. Nous devons avoir un chiffre ou un indicateur qui nous permettra de suivre l’évolution.
Il doit être atteignable et réaliste. Fixer un objectif impossible uniquement pour impressionner le client ne sert à rien.
Enfin, il doit avoir une période définie. On doit savoir quand nous allons faire le bilan.
Par exemple : ❌ « Je veux développer Instagram. »
devient : « Nous voulons augmenter de 30 % les demandes reçues sur WhatsApp depuis Instagram au cours des trois prochains mois. »
Cet objectif nous donne beaucoup plus d’informations pour construire la stratégie.
Attention aux objectifs que tu ne contrôles pas totalement
C’est une partie importante lorsque tu travailles en freelance. Un Community Manager peut contribuer aux ventes d’une entreprise, mais il ne contrôle pas tout. Imagine que tu génères 100 prospects grâce à Instagram, mais que le commercial de l’entreprise répond aux messages trois jours plus tard ou que le produit est constamment en rupture de stock ou encore que le service client est mauvais.
Tu peux avoir une excellente stratégie Social Media et malgré tout avoir des difficultés à atteindre l’objectif commercial final.
C’est pour cela qu’il faut distinguer ce que les réseaux sociaux peuvent influencer et ce qui dépend des autres parties du business.
Ne promets donc jamais à un client :
« Je vais forcément doubler votre chiffre d’affaires grâce à Instagram. »
Tu peux mettre en place une stratégie pour contribuer aux ventes, générer davantage de prospects et améliorer la communication, mais le résultat final dépend aussi du produit, du prix, de l’offre, du service client, du processus de vente et de beaucoup d’autres éléments.
5. Comment choisir les bons objectifs pour un client ?
Reviens toujours à l’état des lieux.
Demande-toi : Quel est le problème principal de l’entreprise actuellement ?
- Si personne ne connaît la marque, nous pouvons travailler la notoriété.
- Si beaucoup de personnes connaissent la marque mais interagissent très peu avec elle, nous pouvons travailler davantage l’engagement et la communauté.
- Si l’entreprise possède une audience mais reçoit très peu de demandes, nous pouvons travailler l’acquisition de prospects.
- Si elle reçoit beaucoup de prospects mais peu achètent, il faudra regarder plus profondément le parcours de conversion, l’offre et le processus commercial.
La stratégie commence donc toujours par un problème à résoudre ou un résultat à améliorer.
Choisir les bons objectifs ne consiste pas à prendre au hasard des mots comme visibilité, engagement, abonnés ou ventes. Les objectifs doivent venir de la réalité de l’entreprise. Autrement dit, tu dois d’abord regarder ce qui se passe aujourd’hui, comprendre le problème principal du client, puis décider ce que les réseaux sociaux doivent aider à améliorer.
C’est pour cela que l’audit et l’état des lieux viennent avant les objectifs. Tu ne choisis pas un objectif parce qu’il est à la mode. Tu le choisis parce qu’il répond à un besoin réel.
– Commence toujours par le problème principal, je répète
Pose-toi d’abord cette question : Quel est le problème le plus important que cette entreprise rencontre actuellement ?
Par exemple, une entreprise peut avoir un très bon produit mais être presque inconnue.
Dans ce cas, son problème principal est peut-être le manque de visibilité.
Une autre entreprise peut déjà avoir beaucoup d’abonnés et plusieurs milliers de vues, mais recevoir très peu de messages ou de demandes.
Dans ce cas, son problème n’est probablement plus la visibilité. Il faut peut-être travailler davantage la confiance, les appels à l’action ou la conversion.
Une troisième entreprise peut recevoir beaucoup de demandes sur WhatsApp mais réaliser peu de ventes.
Là encore, le problème est différent. Il faudra regarder ce qui se passe après l’arrivée du prospect : la manière de répondre, les prix, les arguments de vente, les délais ou le suivi commercial.
C’est pour cela qu’on ne peut pas choisir le même objectif pour tous les clients.
– Le bon objectif dépend de la situation actuelle de l’entreprise
Tu peux utiliser cette logique simple.
Si peu de personnes connaissent l’entreprise Tu peux travailler sur la notoriété et la visibilité.
L’objectif peut être de toucher davantage de personnes correspondant à la cible, d’augmenter la portée des contenus ou de faire découvrir la marque à un nouveau public.
Par exemple, une nouvelle pâtisserie qui vient d’ouvrir à Dakar peut avoir besoin de faire connaître son existence avant de chercher à fidéliser une grande communauté.
Si l’entreprise est connue mais que son audience réagit peu
Tu peux travailler sur l’engagement et la communauté.
Le problème n’est plus forcément d’être vu, mais de créer une relation avec l’audience.
Les contenus pourront alors chercher davantage à faire commenter, partager, répondre, participer ou échanger avec la marque.
Si l’entreprise a une audience mais reçoit peu de demandes
Tu peux travailler sur la génération de prospects.
Par exemple, une agence immobilière peut avoir 20 000 abonnés mais recevoir seulement quelques demandes de visites chaque mois.
Dans ce cas, l’objectif peut être d’augmenter le nombre de personnes réellement intéressées qui passent de la publication au message privé, au formulaire ou à WhatsApp.
Si l’entreprise reçoit des demandes mais peu de ventes
Ne décide pas immédiatement que le problème vient des réseaux sociaux. Tu dois regarder plus loin.
- Peut-être que les prospects ne sont pas suffisamment qualifiés.
- Peut-être que les prix sont trop élevés par rapport au marché.
- Peut-être que l’équipe répond trop lentement.
- Peut-être que l’offre est mal expliquée.
Dans ce cas, les réseaux sociaux peuvent aider à mieux qualifier et rassurer les prospects, mais une partie du problème peut aussi se situer ailleurs dans l’entreprise.
Si les clients achètent une seule fois et ne reviennent pas
L’objectif peut être davantage lié à la fidélisation. Tu peux utiliser les réseaux sociaux pour rester présent dans l’esprit des anciens clients, présenter les nouveautés, proposer du contenu utile ou encourager les recommandations.
– Ne mets pas dix objectifs prioritaires en même temps
C’est une erreur fréquente.
Le client peut te dire : « Je veux plus d’abonnés, plus de vues, plus de commentaires, plus de ventes, plus de clients et être connu partout. »
Tout cela peut être intéressant, mais tu ne peux pas traiter chaque objectif comme une priorité absolue en même temps.
Tu dois aider le client à choisir ce qui compte le plus maintenant.
Par exemple, pour les trois prochains mois, l’objectif principal peut être : Générer davantage de demandes qualifiées sur WhatsApp.
Et les objectifs secondaires peuvent être : améliorer la visibilité auprès de la cible et renforcer la confiance grâce aux témoignages clients.
Cela donne une stratégie beaucoup plus claire.
Pose les bonnes questions au client
Si tu hésites sur l’objectif à choisir, pose simplement des questions.
Tu peux demander :
- Quel est votre problème principal aujourd’hui ?
- Qu’est-ce que vous aimeriez améliorer en priorité ?
- Pourquoi voulez-vous développer vos réseaux sociaux ?
- Qu’est-ce qui vous ferait dire dans trois mois que notre travail fonctionne ?
- Aujourd’hui, avez-vous surtout besoin d’être plus connu, d’obtenir plus de demandes ou d’augmenter les ventes ?
- Quel résultat serait réellement important pour votre entreprise ?
Ces questions permettent souvent de faire sortir le vrai besoin.
Fais attention à ce que le client demande et à ce dont il a réellement besoin
Le client n’est pas toujours capable de définir lui-même le bon objectif Social Media.
Il peut te dire : « Je veux 100 000 abonnés. »
Ton rôle n’est pas simplement de répondre : « D’accord. »
Tu dois chercher à comprendre pourquoi il veut ces 100 000 abonnés.
- Peut-être qu’au fond, il veut surtout être reconnu dans son secteur.
- Peut-être qu’il pense qu’un grand nombre d’abonnés va automatiquement augmenter ses ventes.
- Peut-être qu’il veut rassurer de futurs partenaires.
Une fois que tu comprends ce qu’il cherche réellement, tu peux lui proposer un objectif plus pertinent. C’est aussi ça, conseiller un client.
Utilise les résultats de l’audit
Ton audit doit t’aider à choisir les objectifs.
Par exemple, si tu constates que :
- les vidéos ont déjà beaucoup de vues ;
- le compte gagne régulièrement des abonnés ;
- mais très peu de personnes cliquent sur WhatsApp ;
alors l’objectif ne doit probablement pas être uniquement : « augmenter les vues ».
Il serait plus intéressant de travailler sur le passage entre le contenu et la prise de contact.
À l’inverse, si l’entreprise possède seulement 300 abonnés, publie rarement et que presque personne ne connaît la marque, travailler immédiatement uniquement la conversion peut être prématuré.
Exemple pratique
Imaginons un salon de beauté à Bamako.
Après ton audit, tu observes que :
- Instagram compte 8 000 abonnés ;
- certaines vidéos dépassent 15 000 vues ;
- les commentaires sont nombreux ;
- mais le salon reçoit seulement une dizaine de réservations par mois grâce aux réseaux sociaux.
Le client te dit pourtant : « Je veux plus d’abonnés. »
En regardant les chiffres, tu comprends que le manque d’abonnés n’est probablement pas le problème principal. Le compte possède déjà une audience.
Le vrai enjeu est plutôt de transformer davantage de cette audience en rendez-vous.
Tu pourrais donc proposer comme objectif principal : Augmenter le nombre de prises de rendez-vous provenant d’Instagram au cours des trois prochains mois.
Et comme objectif secondaire : Renforcer la confiance grâce aux témoignages, résultats avant/après et contenus montrant l’expérience au salon.
L’objectif est maintenant beaucoup plus proche du vrai besoin du business.
Exemple pratique : un centre de formation à Dakar
Imaginons un centre de formation professionnelle qui possède déjà Facebook, Instagram et TikTok. Après ton audit, tu constates que certaines vidéos fonctionnent plutôt bien et que plusieurs milliers de personnes découvrent les contenus chaque mois.
Le responsable te dit pourtant : « Les réseaux sociaux ne nous apportent rien. »
Tu regardes plus profondément et tu découvres que les contenus parlent principalement des formations disponibles, mais qu’ils expliquent très peu les débouchés, montrent rarement les anciens élèves et donnent peu de raisons de contacter le centre.
Le problème n’est donc pas forcément d’obtenir encore plus de vues.
L’objectif Social Media pourrait devenir : augmenter le nombre de demandes d’informations qualifiées pour les formations grâce aux réseaux sociaux au cours des trois prochains mois.
À partir de cet objectif, tu pourras ensuite construire des contenus destinés à expliquer les formations, répondre aux objections, montrer des témoignages, présenter les débouchés et pousser les personnes réellement intéressées à demander des informations.
Tu vois comment l’objectif commence déjà à influencer la stratégie de contenu.
Mot de Fatima
Quand tu vas commencer à gérer des clients, fais attention à ne pas tomber dans le piège des chiffres qui impressionnent facilement. Une vidéo qui fait 100 000 vues peut faire plaisir au client et bien sûr, c’est une belle performance, mais la vraie question reste toujours : est-ce que cette performance nous rapproche de l’objectif de l’entreprise ?
Si mon client possède un restaurant à Bamako et qu’une vidéo fait énormément de vues auprès de personnes qui vivent dans des pays où il n’a aucune activité, je vais quand même regarder cette performance, mais je ne vais pas automatiquement considérer que toute ma stratégie fonctionne. À l’inverse, une vidéo peut faire seulement quelques milliers de vues et apporter plusieurs réservations, demandes ou ventes. Pour le business, cette vidéo peut avoir beaucoup plus de valeur.
Ton travail n’est donc pas seulement de chercher les plus gros chiffres possibles. Ton travail est de chercher les bons résultats par rapport à l’objectif que nous avons fixé.
Exercice pratique : Transformer les demandes du client en vrais objectifs
Voici cinq phrases que tu pourrais entendre pendant un rendez-vous client :
- « Je veux plus d’abonnés. »
- « Je veux que mon entreprise soit connue partout. »
- « Je veux vendre grâce à TikTok. »
- « Je veux plus de personnes sur mon site. »
- « Je veux que mes réseaux sociaux bougent plus. »
Pour chaque phrase, commence par écrire les questions que tu poserais au client pour comprendre ce qu’il veut réellement obtenir. Ensuite, transforme chaque demande en un objectif plus précis et mesurable. Enfin, indique pour chaque objectif les chiffres que tu pourrais suivre pour savoir si la stratégie progresse dans la bonne direction.
À retenir
Les objectifs donnent une direction à toute la stratégie Social Media. Ils permettent de savoir pourquoi l’entreprise communique, quels résultats elle recherche et comment nous allons vérifier si notre travail fonctionne. Ne te contente jamais d’un objectif comme « avoir plus de visibilité », « avoir plus d’abonnés » ou « vendre plus » sans chercher à comprendre ce qu’il y a derrière.
Pose des questions, précise le résultat attendu, définis une période et choisis les bons indicateurs. Et surtout, retiens cette logique :
Besoin de l’entreprise → Objectif Social Media → Actions → Contenus → Résultats à mesurer.
Quand l’objectif est clair, le reste de la stratégie devient beaucoup plus facile à construire.
IV. Identifier et comprendre sa cible
Tu peux avoir une très bonne offre, de beaux visuels, de bonnes vidéos et publier régulièrement, mais si tu parles aux mauvaises personnes, tes résultats seront faibles. C’est pour cela que la cible est une partie essentielle de la stratégie Social Media.
Une entreprise ne doit pas simplement se demander : « Qu’est-ce que je veux publier ? » Elle doit aussi se demander : « À qui est-ce que je parle ? »
Parce qu’on ne communique pas de la même manière avec un étudiant de 20 ans, une mère de famille de 35 ans, un dirigeant d’entreprise ou un commerçant. Comprendre sa cible permet de choisir les bons sujets, les bons mots, les bonnes plateformes, les bons formats et même les bons horaires de publication.
Le but n’est donc pas seulement de savoir qui peut acheter. Le vrai travail consiste à comprendre comment cette personne pense, ce qu’elle veut, ce qui la bloque et ce qui peut l’amener à passer à l’action.
1. Qu’est-ce qu’une cible ?
La cible est simplement le groupe de personnes que l’entreprise souhaite toucher avec sa communication ou ses offres.
Par exemple, une école de formation professionnelle peut avoir comme cible principale les jeunes de 18 à 30 ans qui cherchent un métier ou une compétence.
Une boutique de vêtements peut cibler principalement les femmes de 20 à 40 ans qui aiment la mode et achètent en ligne.
Un restaurant peut cibler les salariés qui travaillent dans les environs, les familles ou encore les jeunes qui cherchent un lieu pour sortir.
La cible dépend donc du produit, du prix, de la localisation, du besoin et du type de personne que l’entreprise veut attirer.
Une cible ne peut pas être « tout le monde »
C’est une erreur très fréquente.
Quand on demande à certains entrepreneurs : « Qui est votre cible ? »
Ils répondent : « Tout le monde. »
Mais dans la réalité, presque aucune entreprise ne vend réellement à tout le monde. Même si beaucoup de personnes peuvent acheter ton produit, il y aura toujours certains profils qui auront plus de chances d’être intéressés. Prenons un exemple simple.
Une formation de community management peut techniquement être achetée par beaucoup de personnes.
Mais si elle a été pensée pour des débutants qui veulent apprendre un métier, travailler en freelance et développer un revenu, alors il est plus intelligent de concentrer la communication sur ces profils plutôt que de parler à toute la population.
Quand tu essayes de parler à tout le monde, ton message devient souvent trop général et personne ne se sent vraiment concerné.
« Femmes de 18 à 45 ans » ne suffit pas
Beaucoup de fiches de stratégie s’arrêtent à l’âge, au sexe et à la localisation.
Par exemple : Femme, 18 à 45 ans, vit à Bamako.
C’est un début, mais ce n’est pas suffisant pour créer une bonne communication.
Deux femmes de 28 ans vivant à Bamako peuvent avoir des vies complètement différentes.
La première peut être étudiante, vivre chez ses parents et avoir très peu de revenus.
La deuxième peut être entrepreneure, mariée, mère de deux enfants et avoir un pouvoir d’achat beaucoup plus élevé.
Elles ont le même âge et vivent dans la même ville, mais elles n’auront pas les mêmes besoins, les mêmes problèmes ni les mêmes habitudes. C’est pour cela que comprendre une cible va beaucoup plus loin que les informations démographiques.
2. Ce que tu dois vraiment chercher à comprendre
Pour bien comprendre une cible, tu dois chercher des informations sur plusieurs aspects.
– Sa situation
Tu dois savoir dans quel contexte elle vit.
Est-ce qu’elle est étudiante ? Salariée ? Entrepreneure ? Au chômage ? Parent ? Débutante dans un domaine ? Déjà expérimentée ?
Sa situation va influencer ses besoins et ses décisions.
– Ses problèmes
Qu’est-ce qui lui complique la vie aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui la frustre ?
Qu’est-ce qu’elle essaye de résoudre ?
Par exemple, une personne qui veut devenir Community Manager peut avoir comme problème le chômage, le manque de revenus, l’absence de compétence professionnelle ou le besoin de travailler depuis chez elle.
– Ses besoins
Le besoin représente ce que la personne recherche réellement.
Elle peut rechercher :
- plus de revenus ;
- un emploi ;
- une compétence ;
- du confort ;
- du temps ;
- de la confiance ;
- une solution rapide ;
- une meilleure image.
– Ses envies
Les envies vont parfois plus loin que le besoin immédiat.
Une personne ne veut pas seulement « apprendre le community management ». Elle peut vouloir devenir indépendante, travailler avec des marques, pouvoir voyager ou ne plus dépendre financièrement de sa famille.
C’est souvent dans les envies que tu trouves les messages les plus puissants pour ta communication.
– Ses peurs
Qu’est-ce qui peut l’empêcher d’acheter ?
Elle peut avoir peur de perdre son argent, de ne pas réussir, de ne pas comprendre, de ne pas avoir le niveau, d’être arnaquée ou de ne pas avoir assez de temps.
Si tu connais ces peurs, tu peux créer du contenu qui rassure.
– Ses objections
Une objection est une raison qu’une personne utilise pour ne pas acheter maintenant.
Par exemple :
- C’est trop cher.
- Je vais réfléchir.
- Je n’ai pas le temps.
- Je ne suis pas sûr que ça marche pour moi.
- Je dois demander à mon mari.
- Je préfère attendre le mois prochain.
Ces phrases sont très importantes parce qu’elles peuvent devenir directement des idées de contenu.
3. La différence entre cible, cœur de cible et persona
Ces trois notions sont souvent mélangées.
- La cible représente le groupe général de personnes que l’entreprise souhaite toucher.
- Le cœur de cible représente les personnes les plus importantes dans ce groupe, celles qui ont le plus de chances d’acheter.
- Le persona(ou buyer persona), c’est un personnage fictif et semi-réel qui représente ton client idéal.
Prenons un exemple.
Une formation digitale peut cibler les jeunes francophones de 18 à 35 ans qui veulent développer une compétence en ligne.
Son cœur de cible peut être les jeunes de 20 à 30 ans, au chômage ou en début de carrière, qui cherchent une source de revenu.
Et son persona peut devenir : Awa, 24 ans, vit à Dakar, a terminé ses études mais ne trouve pas d’emploi, passe beaucoup de temps sur TikTok et cherche une activité qu’elle peut commencer avec son téléphone.
Le persona aide simplement à rendre la cible plus concrète.
Un persona ne doit pas être inventé au hasard
Il faut faire attention à une erreur fréquente. Certains Community Managers créent des personas très détaillés sans aucune preuve.
Ils écrivent : Awa aime boire du café le dimanche, regarde Netflix le soir et adore le jaune. Mais si ces informations n’ont aucun lien avec le produit ou le comportement d’achat, elles ne servent presque à rien. Un bon persona doit surtout contenir des informations utiles pour la communication et la vente.
Par exemple :
- un prénom;
- un âge précis;
- sa situation ;
- son problème principal ;
- ce qu’elle veut obtenir ;
- ce qui la bloque ;
- les réseaux qu’elle utilise ;
- ce qu’elle regarde comme contenu ;
- les questions qu’elle pose avant d’acheter ;
- des freins à l’achat;
- ce qui peut la rassurer.
Le but n’est pas de créer un personnage de film. Le but est de mieux comprendre ton client.
Comment construire un persona : Les 6 dimensions
DIMENSION 1 : Profil démographique (Qui est-il/elle ?)
- Prénom fictif (pour le rendre humain)
- Âge précis
- Sexe
- Ville / Quartier
- Situation familiale (célibataire, marié(e), enfants ?)
- Niveau d’études
- Profession et revenu mensuel approximatif
DIMENSION 2 : Profil psychographique (Comment pense-t-il/elle ?)
- Valeurs importantes pour lui/elle (famille, réussite, liberté, sécurité…)
- Style de vie (actif, casanier, social, solitaire…)
- Personnalité (introvertie, extravertie, prudente, impulsive…)
- Centres d’intérêt et loisirs
DIMENSION 3 : Problèmes et frustrations (Qu’est-ce qui l’empêche de dormir ?)
Les douleurs de ton persona sont en or. Elles te donnent le vocabulaire exact de ton copywriting.
- Quels sont ses 3 plus grands problèmes en lien avec ton produit/service ?
- Qu’est-ce qui le/la frustre dans les solutions actuelles ?
- Qu’est-ce qu’il/elle a déjà essayé sans succès ?
DIMENSION 4 : Objectifs et désirs (Qu’est-ce qu’il/elle veut vraiment ?)
- Ses objectifs à court terme (dans les 3-6 mois)
- Ses objectifs à long terme (dans 1-3 ans)
- À quoi ressemble sa « vie idéale » en lien avec le produit/service ?
- Qu’est-ce qu’il/elle veut ressentir ?
DIMENSION 5 : Comportement digital (Comment utilise-t-il/elle internet ?)
- Quels réseaux sociaux utilise-t-il/elle ? À quelle fréquence ?
- Quand est-il/elle en ligne ? (matin, midi, soir, nuit)
- Quel type de contenu consomme-t-il/elle ? (vidéos, textes, images)
- Comment fait-il/elle ses achats ? (en ligne, en boutique, via WhatsApp)
- Quels créateurs / influenceurs suit-il/elle ?
DIMENSION 6 : Freins à l’achat (Qu’est-ce qui l’empêche d’acheter ?)
- Pourquoi n’achèterait-il/elle pas chez toi ?
- Ses objections typiques (prix, confiance, besoin d’urgence…)
- Ce dont il/elle a besoin pour se décider
Voici un exemple de persona pour une boutique de vêtements wax modernes à Abidjan.
👤 PERSONA : Adjoa
PROFIL DÉMOGRAPHIQUE
- Prénom : Adjoa
- Âge : 29 ans
- Ville : Cocody, Abidjan (quartier Riviera)
- Situation : Célibataire, pas d’enfants
- Profession : Chargée de communication dans une ONG
- Revenu mensuel : 350 000 à 500 000 FCFA
- Niveau d’études : Licence en communication
PROFIL PSYCHOGRAPHIQUE
- Valeurs : Authenticité, fierté africaine, indépendance, élégance
- Style de vie : Active, très sociale, sort souvent le week-end (restaurants, soirées, brunches)
- Personnalité : Extravertie, curieuse, aime être à la mode sans suivre aveuglément les tendances
- Centres d’intérêt : Mode africaine contemporaine, voyage, cuisine, photographie, réseaux sociaux
PROBLÈMES ET FRUSTRATIONS
- « Je trouve rarement des vêtements wax modernes et élégants. Soit c’est trop traditionnel, soit c’est trop occidental. Je veux quelque chose qui dit : Africaine et moderne. »
- « Je commande parfois en ligne et la photo ne ressemble jamais à ce que je reçois. J’ai peur d’être arnaquée. »
- « Les boutiques en boutique de grand wax ne font souvent que des grandes tailles. Moi je fais du 36 et je trouve rarement des pièces ajustées. »
OBJECTIFS ET DÉSIRS
- Court terme : Trouver une robe wax pour un événement professionnel dans 3 semaines
- Long terme : Avoir un style signature reconnaissable, qu’on associe à elle
- Ce qu’elle veut ressentir : Unique, élégante, fière de son identité africaine, admirée
COMPORTEMENT DIGITAL
- Plateformes : Instagram (quotidien), TikTok (souvent), Pinterest (pour s’inspirer), WhatsApp (pour acheter)
- Quand elle est en ligne : 7h-8h (dans le transport), 12h-13h (pause déjeuner), 20h-23h (soirée chez elle)
- Type de contenu consommé : Reels de styling, flat lays mode, vidéos « comment je m’habille pour… », témoignages de clientes
- Achats : Via DM Instagram → WhatsApp → paiement Orange Money
- Influenceurs suivis : Créatrices de contenu mode africaine francophones (Côte d’Ivoire, Sénégal, France)
FREINS À L’ACHAT
- « Est-ce que la qualité est vraiment là ou c’est juste une belle photo ? »
- « Et si ça ne va pas ? Est-ce qu’il y a un échange possible ? »
- « Je ne connais pas encore cette boutique. Comment savoir que c’est sérieux ? »
- Prix : Elle accepte de payer jusqu’à 45 000 FCFA pour une belle pièce de qualité
Comment utiliser ce persona :
Chaque fois que tu crées du contenu pour cette boutique, tu te demandes :
- Est-ce qu’Adjoa trouverait ça intéressant ?
- Est-ce que ce post répond à une de ses frustrations ?
- Est-ce que le CTA correspond à sa façon d’acheter ?
Si la réponse est non, tu revois ton contenu.
Un business peut avoir plusieurs personas
Une boutique peut avoir 2 ou 3 personas différents.
Exemple :
- Persona 1 : Adjoa (femme active 25-35 ans, style modern wax)
- Persona 2 : Mme Koné (femme 40-55 ans, tenues pour événements familiaux, mariages, baptêmes)
- Persona 3 : La maman qui achète pour sa fille (45-60 ans, achète pour occasion spéciale, budget limité)
Chaque persona nécessite un type de contenu différent, un ton différent, et peut-être même une plateforme différente.
Adjoa est sur Instagram et TikTok. Mme Koné est sur Facebook et WhatsApp.
4. Comment trouver les vraies informations sur sa cible
Tu ne dois pas tout imaginer dans ta tête. Les meilleures informations viennent souvent directement des clients et du marché.
Tu peux commencer par parler aux clients existants.
Demande-leur :
- Pourquoi avez-vous acheté ?
- Quel problème aviez-vous avant ?
- Qu’est-ce qui vous a convaincu ?
- Qu’est-ce qui vous faisait hésiter ?
Tu peux aussi regarder les messages WhatsApp, les commentaires, les avis clients, les questions fréquentes et les échanges en message privé. Les réseaux sociaux sont eux-mêmes une grande source d’informations. Regarde ce que les personnes écrivent sous les vidéos de concurrents ou de créateurs dans le même domaine.
- Lis les questions.
- Lis les frustrations.
- Lis les critiques.
Tu peux découvrir beaucoup de choses simplement en observant comment les gens parlent réellement.
Écouter les mots utilisés par la cible
C’est très important. Quand tu crées du contenu, essaye d’utiliser les mots que ta cible utilise elle-même.
Si tes prospects disent souvent : « Je veux travailler avec mon téléphone. »
Tu peux reprendre cette manière de parler dans tes contenus.
Tu n’as pas besoin de transformer cela en : « Développez une activité professionnelle digitalisée grâce à un dispositif mobile. »
C’est plus compliqué et moins naturel. Plus ton contenu utilise le langage réel de la cible, plus la personne peut se reconnaître rapidement.
Comprendre où se trouve la cible
Comprendre sa cible permet aussi de choisir les plateformes.
- Si ta cible passe énormément de temps sur TikTok, cette plateforme peut être importante.
- Si tu t’adresses principalement à des dirigeants d’entreprise, LinkedIn peut être plus intéressant.
- Si tu travailles avec une cible locale qui utilise beaucoup Facebook et WhatsApp, ces canaux peuvent devenir prioritaires.
Le bon réseau social n’est donc pas simplement celui qui est populaire. C’est celui où ta cible est présente et réceptive.
Comprendre ce que la cible consomme comme contenu
Une cible peut être présente sur une plateforme sans regarder tous les formats de la même manière. Certaines personnes préfèrent les vidéos très courtes.
D’autres aiment les explications longues. Certaines lisent les carrousels.
D’autres regardent principalement les stories.
Ton travail consiste à observer quels formats correspondent le mieux aux habitudes de ta cible et à ton objectif.
Comprendre le niveau de connaissance de la cible
Toutes les personnes ne connaissent pas encore leur problème ou ta solution au même niveau. Prenons quelqu’un qui pourrait devenir Community Manager.
- Une personne peut déjà savoir exactement ce qu’est le community management et chercher une formation.
- Une autre peut simplement savoir qu’elle veut travailler en ligne mais ne connaît pas encore ce métier.
- Une troisième peut même penser qu’il faut obligatoirement avoir un diplôme ou beaucoup d’argent pour commencer.
Tu ne vas donc pas créer le même contenu pour chacune.
- Pour la première, tu peux parler du programme, des compétences et des résultats.
- Pour la deuxième, tu peux expliquer les métiers du digital.
- Pour la troisième, tu peux commencer par casser certaines fausses croyances.
Comprendre le niveau de connaissance permet donc d’adapter le message.
Exemple pratique : une boutique de vêtements à Dakar
Imaginons une boutique qui vend des vêtements féminins entre 10 000 et 40 000 FCFA.
Au départ, la propriétaire dit : « Ma cible, ce sont toutes les femmes. »
Après quelques recherches, tu découvres que la majorité des clientes ont entre 22 et 35 ans, vivent à Dakar, travaillent ou développent une activité, aiment être bien habillées mais n’ont pas toujours le temps de faire les boutiques.
- Elles utilisent beaucoup Instagram et WhatsApp.
- Elles veulent voir les vêtements portés avant d’acheter.
- Elles posent souvent des questions sur les tailles.
- Elles ont peur de recevoir un produit qui ne ressemble pas aux photos.
- Elles aiment également savoir rapidement si la livraison est possible.
Tu comprends maintenant beaucoup mieux la cible. Et cette compréhension va directement influencer les contenus.
Tu pourras créer :
- des essayages ;
- des vidéos montrant différentes morphologies ;
- des guides de taille ;
- des témoignages ;
- des vidéos de préparation de commandes ;
- des contenus sur la livraison ;
- des réponses aux questions fréquentes.
La stratégie devient beaucoup plus précise.
Mot de Fatima : Arrête d’inventer ta cible dans ta tête
Quand on débute, on aime beaucoup remplir des fiches persona parce que ça donne l’impression de travailler sur une vraie stratégie. Mais si toutes les informations viennent uniquement de ton imagination, ta fiche peut être très jolie et pourtant complètement fausse.
Ta cible est déjà en train de parler quelque part. Elle parle dans les commentaires, sur WhatsApp, dans les avis, pendant les appels, sous les vidéos TikTok et dans les conversations avec les vendeurs. Va chercher ces informations.
Quand un client te dit : « Mes clientes demandent toujours si la livraison est incluse », tu viens déjà de récupérer une information importante pour ta stratégie.
Quand dix personnes écrivent sous une vidéo : « Est-ce qu’on peut commencer sans expérience ? », tu viens de trouver une objection et probablement une future idée de contenu.
Apprends donc à écouter avant d’inventer. C’est comme ça que tu vas créer des contenus où les gens vont se dire : « On dirait qu’elle parle directement de moi. »
V. Choisir les bonnes plateformes Social Media
Quand une entreprise décide de communiquer sur les réseaux sociaux, elle pense souvent qu’elle doit être présente partout : Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn, YouTube et parfois même Snapchat. En réalité, être partout n’est pas forcément une bonne stratégie.
Chaque plateforme demande du temps, de la création de contenu, de la modération, de l’analyse et parfois de l’argent. Si une petite entreprise possède cinq comptes mais n’a pas les moyens de les alimenter correctement, elle risque simplement de se retrouver avec cinq comptes mal gérés.
Le rôle du Community Manager n’est donc pas de dire automatiquement : « On va créer un compte partout. » Son rôle est de déterminer où l’entreprise a réellement intérêt à être présente selon sa cible, ses objectifs et ses moyens.
1. Une entreprise n’a pas besoin d’être partout
La règle d’or : La qualité plutôt que la quantité
La première chose à comprendre est qu’une plateforme Social Media est simplement un canal qui permet à une entreprise de rencontrer et de communiquer avec une audience. Le but n’est donc pas d’accumuler les plateformes. Le but est de choisir celles qui peuvent réellement aider l’entreprise à atteindre ses objectifs.
Imagine une petite entreprise qui possède Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn et YouTube. Elle doit trouver des idées, créer les contenus, adapter les formats, publier, répondre aux commentaires et analyser les résultats sur cinq plateformes différentes.
Si elle n’a qu’une seule personne pour faire tout ce travail, cela peut rapidement devenir difficile. À l’inverse, une entreprise peut choisir seulement deux plateformes, mais les utiliser correctement, publier régulièrement, comprendre sa communauté et obtenir de vrais résultats.
Il vaut mieux être très bon sur deux plateformes que mauvais sur cinq.
Cela ne signifie pas qu’une entreprise ne pourra jamais utiliser cinq réseaux sociaux. Une grande entreprise avec une équipe, du contenu et suffisamment de ressources peut parfaitement le faire. Mais ce choix doit avoir une raison.
La règle : Choisis les plateformes où se trouve ton persona.
2. Comment choisir la bonne plateforme ?
Il n’existe pas une plateforme parfaite pour toutes les entreprises. Tu ne dois jamais choisir TikTok simplement parce que TikTok est populaire, ni Instagram parce que tu préfères personnellement Instagram.
Pour choisir une plateforme, tu dois principalement regarder la cible, l’objectif, le type de contenu et les ressources disponibles.
– La cible
La première question est : Où se trouvent les personnes que nous voulons toucher ?
Si ton client cherche des étudiants ou de jeunes adultes, certaines plateformes pourront être plus intéressantes que d’autres. S’il cherche des dirigeants d’entreprise ou des professionnels, le choix pourra être complètement différent.
Mais attention à une erreur fréquente : ne décide pas uniquement à partir de clichés comme « les jeunes sont sur TikTok » ou « les professionnels sont sur LinkedIn ».
Tu dois observer la cible réelle du client et son comportement.
Demande-toi où elle passe du temps, où elle recherche des informations, où elle découvre de nouvelles marques et où elle échange avec les entreprises.
– L’objectif
Ensuite, regarde ce que l’entreprise cherche à obtenir. Une entreprise qui veut développer sa notoriété n’a pas forcément la même stratégie qu’une entreprise qui cherche principalement des prospects professionnels.
Par exemple, une marque de vêtements peut utiliser TikTok pour toucher de nouvelles personnes grâce aux vidéos courtes, puis Instagram pour travailler son image, présenter ses collections et entretenir la relation avec sa communauté.
Un consultant qui cherche à travailler avec des entreprises peut, lui, trouver davantage d’intérêt à développer LinkedIn.
La question n’est donc jamais seulement : Quelle plateforme est populaire ?
La vraie question est : Quelle plateforme peut nous aider à atteindre notre objectif auprès de cette cible ?
– Le type de contenu que l’entreprise peut produire
Il faut également être réaliste sur les capacités de l’entreprise.
TikTok et YouTube demandent beaucoup de contenu vidéo. Si personne ne veut apparaître devant une caméra et que l’entreprise n’a aucun moyen de produire régulièrement des vidéos, il faut en tenir compte.
À l’inverse, une entreprise qui possède beaucoup de démonstrations, de transformations, de coulisses ou une personne à l’aise devant la caméra peut avoir énormément de matière pour créer du contenu vidéo. Une stratégie doit fonctionner dans la vraie vie, pas seulement être belle dans un document PDF.
– Les ressources disponibles
Demande également :
- Qui va créer les contenus ?
- Qui va filmer ?
- Qui va monter ?
- Qui va répondre aux commentaires ?
- Quel budget l’entreprise possède-t-elle ?
- Combien de temps peut-elle consacrer aux réseaux sociaux ?
Une petite entreprise avec peu de moyens doit souvent commencer simplement. Elle pourra ajouter de nouvelles plateformes lorsque son organisation sera plus solide.
3. Comprendre les principales plateformes
Tu n’as pas besoin d’apprendre une plateforme par cœur avant de construire une stratégie. Tu dois surtout comprendre le rôle qu’elle peut jouer pour une entreprise.
Facebook reste une plateforme importante pour de nombreuses entreprises, notamment parce qu’elle permet de toucher différentes générations et de créer plusieurs types de contenus. Une entreprise peut y publier des photos, des vidéos, des textes, des offres, communiquer dans des groupes et échanger directement avec sa communauté.
Dans beaucoup de marchés africains, il ne faut surtout pas supprimer Facebook de sa stratégie simplement parce qu’on entend sur Internet que « Facebook est mort ». Ce qui compte, ce n’est pas l’opinion générale sur une plateforme. Ce qui compte, c’est de savoir si les clients de ton entreprise y sont encore actifs.
Un restaurant, une boutique locale, un centre de formation ou une entreprise de services peut par exemple y trouver une audience intéressante.
Audience en Afrique de l’Ouest : La plateforme la plus utilisée. Toutes les générations, mais dominée par les 25-55 ans. Très forte pénétration dans les zones semi-urbaines et rurales.
Algorithme : Favorise les contenus qui génèrent des conversations (commentaires longs, partages). Les vidéos natives (uploadées directement sur Facebook, pas partagées depuis YouTube) ont une portée organique supérieure.
Meilleurs horaires en Afrique de l’Ouest : 7h-9h (matin), 12h-14h (midi), 18h-21h (soir)
Instagram est particulièrement intéressant pour travailler l’image d’une marque, présenter ses produits, montrer ses réalisations et développer une communauté. On peut utiliser les Reels pour toucher de nouvelles personnes, les stories pour maintenir une relation régulière avec la communauté, les carrousels pour expliquer ou éduquer et les messages privés pour échanger avec les prospects.
Une boutique de vêtements, un salon de beauté, un restaurant, un photographe, une marque personnelle ou une entreprise qui possède un univers visuel peut particulièrement bien exploiter Instagram.
Mais attention : avoir un beau feed Instagram n’est pas une stratégie. L’esthétique doit servir le message et les objectifs de la marque.
Audience en Afrique de l’Ouest : Urbaine, 18-40 ans, plutôt féminine (55-60%), plus éduquée, revenus moyens à élevés.
Algorithme : Favorise fortement les Reels. Pousse le contenu vers des non-abonnés si le taux d’engagement est bon. Le temps de visionnage des Reels est crucial.
Meilleurs horaires : 7h-8h, 12h-13h, 19h-22h. Mardi, jeudi et vendredi = meilleurs jours.
Pour quel type de business : Mode, beauté, food, lifestyle, coaching, artisanat haut de gamme, services créatifs.
Forces : Très visuel, jeune audience active, Reels ont une portée organique excellente, shopping tags.
Faiblesses : Nécessite du contenu visuel de qualité constante, algorithme changeant.
– TikTok
TikTok peut être très puissant pour la découverte et la visibilité grâce aux vidéos courtes. Une entreprise peut utiliser TikTok pour éduquer, divertir, raconter son histoire, montrer ses coulisses, présenter ses produits ou répondre aux questions de ses clients.
L’un des grands intérêts de TikTok est qu’un compte qui possède peu d’abonnés peut quand même toucher beaucoup de personnes si son contenu intéresse l’audience. Mais il ne faut pas tomber dans le piège de courir uniquement derrière les vues.
Une vidéo à 100 000 vues qui touche des personnes qui n’achèteront jamais le produit peut avoir moins de valeur qu’une vidéo à 5 000 vues qui génère plusieurs clients.
Audience en Afrique de l’Ouest : En croissance explosive. Dominée par les 16-35 ans. Touche des classes populaires ET moyennes-supérieures. En Côte d’Ivoire et au Sénégal notamment.
Algorithme : Le plus puissant pour la portée organique. Une vidéo d’un compte avec 0 abonné peut faire des millions de vues si le contenu accroche. L’algorithme teste d’abord le contenu sur un petit groupe, puis l’étend si les gens le regardent jusqu’au bout.
Meilleurs horaires : 18h-22h (soir), week-end toute la journée.
Pour quel type de business : Tout ce qui peut se raconter en vidéo courte. Food, mode, coaching, humour, éducation, BTS (behind the scenes). Particulièrement puissant pour les business qui veulent une croissance rapide avec peu de budget.
Forces : Portée organique extraordinaire, toucher de nouveaux publics facilement, coût publicitaire encore abordable.
Faiblesses : Demande de la créativité vidéo constante, tendances qui changent vite, moins efficace pour la vente directe que pour la notoriété.
LinkedIn est principalement orienté vers le monde professionnel. Il peut être particulièrement intéressant pour les consultants, freelances, recruteurs, dirigeants, centres de formation ou entreprises qui vendent leurs services à d’autres entreprises. On peut y partager son expertise, des études de cas, des expériences professionnelles, des résultats, des conseils et développer son réseau.
Un Community Manager qui cherche des entreprises comme clients peut également utiliser LinkedIn pour développer sa propre activité.
Audience en Afrique de l’Ouest : Professionnels, cadres, entrepreneurs, recruteurs. 25-50 ans. Encore peu développé mais en croissance rapide notamment dans les grandes villes (Dakar, Abidjan, Douala, Bamako).
Type de contenu qui marche : Articles longs, posts de réflexion professionnelle, partages d’expérience, conseils sectoriels, témoignages de parcours, storytelling entrepreneurial.
Algorithme : Favorise les contenus qui génèrent des commentaires substantiels. Les posts « opinion » et « leçons apprises » performent très bien.
Pour quel type de business : Agences, cabinets de conseil, formation professionnelle, recrutement, B2B (business to business), services aux entreprises.
Forces : Audience de décideurs, idéal pour le B2B, personal branding professionnel.
Faiblesses : Audience encore limitée en Afrique de l’Ouest, moins efficace pour la vente de produits grand public.
– YouTube
YouTube permet généralement de développer des contenus plus approfondis et qui peuvent continuer à être découverts longtemps après leur publication. Une entreprise peut y publier des tutoriels, des interviews, des démonstrations, des témoignages, des formations ou des contenus éducatifs plus longs.
YouTube demande souvent davantage de préparation que certaines autres plateformes. Il faut donc vérifier que l’entreprise possède réellement les ressources nécessaires avant d’en faire une plateforme principale.
Pour quel type de business : Formateurs, créateurs de contenu éducatif, coaches, experts qui veulent construire une autorité sur le long terme.
Particularité : Le contenu YouTube dure. Un tutoriel posté aujourd’hui peut générer des vues et des leads dans 3 ans. C’est une bibliothèque, pas un flux.
Recommandé pour : Les CM qui gèrent des clients dans l’éducation, la formation, ou le coaching. Sinon, c’est une plateforme secondaire.
4. Choisir une plateforme principale et des plateformes secondaires
Pour simplifier la stratégie, tu peux déterminer une plateforme principale sur laquelle l’entreprise va concentrer une grande partie de ses efforts, puis ajouter une ou plusieurs plateformes secondaires.
Prenons une marque de vêtements pour jeunes femmes à Dakar. Après ton analyse, tu découvres que sa cible consomme énormément de vidéos courtes et découvre régulièrement de nouvelles marques sur TikTok.
Tu peux décider :
Plateforme principale : TikTok
L’objectif sera principalement d’attirer de nouvelles personnes grâce aux vidéos.
Puis :
Plateforme secondaire : Instagram
Instagram pourra servir à présenter davantage l’univers de la marque, rassurer les personnes qui viennent de TikTok, montrer les collections, publier les témoignages et maintenir la relation grâce aux stories.
Enfin, les personnes intéressées pourront être orientées vers WhatsApp pour commander.
Nous obtenons alors un parcours beaucoup plus logique :
TikTok → Découverte → Instagram → Confiance → WhatsApp → Commande
Chaque plateforme possède ici une fonction. C’est beaucoup plus intelligent que de simplement dire : « Nous allons être sur TikTok, Instagram et Facebook parce que toutes les entreprises sont dessus. »
Exemple pratique : un centre de formation
Imagine maintenant un centre de formation professionnelle à Bamako qui souhaite obtenir davantage d’inscriptions.
Sa cible principale est composée de jeunes de 18 à 30 ans.
Après analyse, le Community Manager décide de concentrer la stratégie sur TikTok et Facebook.
Sur TikTok, l’entreprise va créer des contenus courts autour des métiers, des débouchés, des conseils professionnels, des témoignages d’anciens élèves et des coulisses des formations afin de toucher de nouvelles personnes.
Sur Facebook, elle pourra développer davantage certaines informations, publier les programmes, montrer les résultats des élèves, communiquer sur les prochaines sessions et répondre aux questions.
Les personnes intéressées seront ensuite dirigées vers WhatsApp, où elles pourront demander les informations nécessaires et finaliser leur inscription.
Tu remarques que nous n’avons pas choisi les plateformes simplement parce qu’elles sont populaires. Nous avons donné un rôle précis à chacune d’elles.
En tant que Community Manager, tu dois apprendre à séparer tes préférences personnelles des besoins de ton client. Ce n’est pas parce que toi, tu n’utilises presque jamais Facebook que les clients de l’entreprise n’y sont pas. Ce n’est pas non plus parce que tu adores TikTok que tous tes clients doivent absolument construire leur stratégie autour de TikTok.
J’entends aussi souvent des phrases comme « Facebook est mort », « Instagram ne marche plus » ou « maintenant il faut absolument être sur TikTok ». Fais attention à ce genre de phrases. Une plateforme qui fonctionne très bien pour une entreprise peut donner très peu de résultats à une autre.
Ton travail n’est pas de choisir ton réseau social préféré. Ton travail est de choisir le réseau qui a le plus de sens pour la cible, l’objectif et les moyens du client.
À retenir
Tu n’as pas besoin de mettre ton client sur tous les réseaux sociaux pour avoir une bonne stratégie. Tu dois choisir les plateformes sur lesquelles sa cible est présente, qui correspondent à ses objectifs et que l’entreprise possède réellement les moyens de gérer correctement.
Chaque plateforme choisie doit également avoir un rôle précis dans la stratégie. À partir de maintenant, lorsque tu ajoutes une plateforme dans une stratégie Social Media, habitue-toi donc à pouvoir terminer cette phrase : « Nous avons choisi cette plateforme parce que… »
Si tu n’arrives pas à expliquer clairement pourquoi elle est là, c’est probablement que tu dois encore réfléchir à ton choix.
Comment choisir les plateformes pour un client simple
La méthode en 3 questions :
Question 1 : Où est mon persona ?
Reprends ton persona. Sur quelles plateformes passe-t-il du temps ? C’est là que tu dois être.
Question 2 : Quel type de contenu puis-je créer régulièrement ?
Si ton client ne peut pas fournir de vidéos ou si tu ne peux pas en créer, TikTok n’est pas la bonne plateforme pour commencer.
Question 3 : Quel est l’objectif prioritaire ?
| Objectif | Plateformes recommandées |
|---|---|
| Notoriété rapide | TikTok |
| Ventes directes | WhatsApp Business |
| Communauté fidèle | Facebook + WhatsApp + Instagram |
| Clients B2B | |
| Autorité long terme | YouTube + LinkedIn |
La combinaison gagnante pour la majorité des PME en Afrique de l’Ouest : TikTok + Facebook + WhatsApp Business
C’est la combinaison qui couvre 80% des besoins des petits business locaux. Tu ajoutes Instagram quand le client est prêt et que l’audience cible s’y trouve.
VI. Construire le positionnement de la marque
Avant de créer du contenu pour une entreprise, tu dois savoir quelle place cette entreprise veut prendre dans la tête de ses clients.
Imagine que tu arrives dans une rue où il y a cinq restaurants qui proposent presque les mêmes plats. Si tous les restaurants communiquent de la même manière, montrent les mêmes photos et disent tous « qualité, meilleur prix, bon service », le client aura beaucoup de mal à comprendre pourquoi il devrait choisir un restaurant plutôt qu’un autre.
C’est là que le positionnement devient important.
Une entreprise ne doit pas seulement être présente sur les réseaux sociaux. Elle doit progressivement devenir reconnaissable et donner aux personnes une raison de s’intéresser à elle plutôt qu’à une autre.
Le positionnement va influencer une grande partie de notre stratégie Social Media : les messages que nous allons transmettre, les sujets dont nous allons parler, le ton que nous allons utiliser, les arguments que nous allons mettre en avant et même certaines décisions concernant les contenus.
Dans cette partie, nous allons donc apprendre à construire un positionnement simple, clair et surtout utile pour la communication de notre client.
1. Qu’est-ce que le positionnement d’une marque ?
Le positionnement correspond simplement à la place que la marque veut occuper dans la tête de son public par rapport aux autres choix disponibles. Pour le comprendre encore plus simplement, pose-toi cette question : Quand quelqu’un pense à cette entreprise, qu’est-ce que nous voulons qu’il retienne ?
Les 4 axes de positionnement :
Axe 1 : Le prix Premium (haut de gamme) / Moyen / Économique
Axe 2 : La qualité Artisanal / Industriel / Premium / Standard
Axe 3 : La cible Large public / Niche précise
Axe 4 : La promesse unique (USP) Qu’est-ce que CETTE marque fait mieux ou différemment de toutes les autres ?
Prenons trois restaurants.
Le premier veut être connu comme le restaurant accessible où les étudiants peuvent bien manger sans dépenser beaucoup.
Le deuxième veut être connu comme le restaurant haut de gamme pour les dîners, les rendez-vous professionnels et les occasions importantes.
Le troisième veut être connu comme le restaurant familial où l’on retrouve les plats traditionnels maliens comme à la maison.
Les trois entreprises peuvent vendre de la nourriture mais elles ne cherchent pas à occuper la même place dans la tête du client. C’est cela, le positionnement.
Le positionnement ne veut pas forcément dire être totalement unique
Quand on parle de positionnement, certaines personnes commencent immédiatement à chercher une idée que personne au monde n’a jamais eue. Ce n’est pas nécessaire.
Ton client peut vendre exactement le même type de produit que plusieurs concurrents. L’objectif est plutôt de comprendre pour qui il veut devenir un choix évident et pour quelle raison.
Par exemple, deux boutiques peuvent vendre des vêtements pour femmes.
La première peut se positionner sur des vêtements élégants et abordables pour les jeunes femmes qui commencent leur vie professionnelle.
La deuxième peut proposer des vêtements premium pour les femmes qui recherchent des pièces plus exclusives.
Même secteur, mais positionnement différent.
2. Positionnement, image de marque et identité visuelle : attention à la confusion
Quand on commence à travailler dans la communication, on entend souvent les mots positionnement, image de marque et identité visuelle. Comme ces trois éléments sont liés, il est très facile de les confondre.
Par exemple, lorsqu’une entreprise change son logo et ses couleurs, certaines personnes disent immédiatement : « Elle a changé son positionnement. » Ce n’est pas forcément vrai. Elle a peut-être simplement changé son identité visuelle.
Pour construire une bonne stratégie Social Media, tu dois donc comprendre clairement la différence entre ces trois notions.
– Le positionnement : la place que la marque veut occuper
Le positionnement correspond à la place que l’entreprise veut prendre dans l’esprit de sa cible par rapport aux autres choix disponibles. Autrement dit, lorsque les clients pensent à cette marque, quelle idée voulons-nous qu’ils associent à son nom ?
Prenons l’exemple de trois boutiques qui vendent toutes des vêtements pour femmes.
- La première veut être connue pour proposer des vêtements tendance à petits prix pour les étudiantes et les jeunes femmes.
- La deuxième veut être connue comme une marque élégante pour les femmes actives qui cherchent des vêtements professionnels.
- La troisième veut être perçue comme une marque premium proposant des pièces plus exclusives et une expérience haut de gamme.
Les trois vendent des vêtements, mais elles ne cherchent pas à occuper la même place dans la tête de leurs clientes. C’est cela, le positionnement.
Le positionnement répond donc principalement à des questions comme :
- À qui voulons-nous parler ?
- Quel besoin voulons-nous satisfaire ?
- Pour quoi voulons-nous être connus ?
- Pourquoi un client devrait-il nous choisir plutôt qu’une autre entreprise ?
Le positionnement vient donc avant la création des publications, parce qu’il va donner une direction à toute la communication.
– L’image de marque : ce que les personnes pensent réellement de l’entreprise
L’image de marque est différente. Elle correspond à la manière dont le public perçoit réellement l’entreprise. Et il y a ici une chose très importante à comprendre : une entreprise ne contrôle jamais totalement son image de marque. Elle peut choisir ce qu’elle veut montrer, la manière dont elle communique et l’expérience qu’elle souhaite proposer. Mais au final, ce sont les clients qui construisent leur propre opinion.
Prenons une entreprise qui dit : « Nous sommes une marque premium avec un service exceptionnel. »
C’est ce qu’elle veut faire croire ou comprendre au public. Mais imaginons qu’en réalité les clients rencontrent régulièrement des problèmes : les messages WhatsApp restent sans réponse pendant plusieurs jours, les commandes arrivent en retard, les produits sont mal emballés et les réclamations sont mal gérées.
Même si son logo est magnifique et que ses photos Instagram semblent luxueuses, les clients risquent de penser : « Cette entreprise n’est pas sérieuse. »
Voilà son image de marque réelle. Il peut donc exister une différence entre ce que la marque veut être et ce que les personnes pensent réellement d’elle. C’est pour cela que la communication seule ne suffit pas à construire une bonne image de marque. L’expérience vécue par le client compte énormément.
Le contenu, le service client, la qualité du produit, les délais, la manière de répondre aux problèmes, l’accueil, le packaging ou encore les avis clients participent tous à construire cette image.
– L’identité visuelle : ce que l’on voit
L’identité visuelle concerne l’apparence visuelle de la marque. Elle rassemble les éléments graphiques qui permettent de reconnaître une entreprise.
Par exemple :
- le logo ;
- les couleurs ;
- les typographies ;
- les formes utilisées ;
- le style des publications ;
- le style des photos ;
- les illustrations ;
- les icônes ;
- certains éléments graphiques répétitifs.
L’objectif de l’identité visuelle est de permettre à la marque d’avoir une apparence cohérente et reconnaissable.
Par exemple, si une personne voit régulièrement les publications d’une entreprise, elle devrait progressivement pouvoir reconnaître certains contenus avant même de lire le nom du compte.
Mais attention : une belle identité visuelle ne suffit pas pour avoir une bonne marque.
Une entreprise peut avoir un logo magnifique, de belles couleurs et un feed Instagram parfaitement organisé, mais avoir un mauvais positionnement et ne pas réussir à vendre. À l’inverse, une entreprise peut avoir une identité visuelle très simple mais avoir un positionnement tellement clair et une offre tellement intéressante qu’elle obtient de très bons résultats.
Les 5 piliers de l’identité de marque sociale :
Pilier 1 : La charte graphique
- Couleurs principales (2-3 couleurs maximum)
- Couleurs secondaires
- Polices utilisées (1 pour les titres, 1 pour le corps)
- Style des visuels (minimaliste ? coloré ? photographique ? illustré ?)
- Logo et ses variantes
Pilier 2 : Le tone of voice (Ton de voix)
C’est la personnalité de la marque dans ses textes.
| Type de ton | Description | Exemple de phrase |
|---|---|---|
| Formel | Professionnel, distant | « Nous vous proposons nos services… » |
| Amical | Proche, chaleureux | « On est là pour toi ! » |
| Inspirant | Motivant, aspirationnel | « Tu mérites la meilleure version de toi-même » |
| Humoristique | Léger, drôle | « Nos robes, c’est tellement beau que même tes rivales vont te demander où tu as trouvé ça 😅 » |
| Éducatif | Expert, pédagogue | « Voici pourquoi ton taux d’engagement baisse et comment y remédier » |
| Authentique | Brut, sans filtre | « On va être honnêtes avec vous… » |
Pilier 3 : Les mots clés de la marque
5 à 10 adjectifs qui décrivent parfaitement la marque. Chaque post doit pouvoir être associé à ces adjectifs.
Exemple pour une boutique premium : Élégant, authentique, exclusif, artisanal, féminin, africain, moderne
Pilier 4 : Les valeurs de la marque
Les 3 valeurs fondamentales qui guident toutes les décisions de communication.
Exemple : Authenticité, Inclusion, Excellence
Chaque publication, promotion, partenariat doit respecter ces valeurs. Si une opération ne correspond pas aux valeurs → on ne la fait pas.
Pilier 5 : La promesse de marque
En une phrase : ce que la marque promet à ses clients.
Format : [Nom de marque] aide [persona] à [bénéfice principal] grâce à [différentiel].
Exemple : Élégance Koffi aide les femmes africaines ambitieuses à se sentir uniques et fières de leur héritage culturel, grâce à des créations wax contemporaines faites sur mesure à Abidjan.
Prenons un exemple complet
Imaginons un salon de coiffure à Dakar appelé Naya Beauty.
Le salon souhaite principalement attirer les femmes actives qui n’ont pas envie de passer toute une journée au salon.
Son positionnement pourrait être :
Naya Beauty veut devenir le salon de référence pour les femmes actives qui souhaitent prendre soin de leurs cheveux dans un salon organisé, professionnel et respectueux des horaires.
Nous savons maintenant quelle place le salon cherche à occuper. Pour soutenir ce positionnement, le salon peut créer une identité visuelle moderne et élégante avec des couleurs précises, une typographie cohérente et un style particulier pour ses photos et ses vidéos. Mais son image de marque dépendra ensuite de ce que les clientes vivent réellement.
Si les rendez-vous sont respectés, que les coiffeuses sont professionnelles, que le salon est propre, que les clientes sont bien accueillies et que les résultats sont bons, elles pourront progressivement développer une image positive du salon.
Elles pourront penser : « Chez Naya Beauty, c’est bien organisé et je ne perds pas toute ma journée. »
À ce moment-là, le positionnement voulu par la marque commence à correspondre à l’image réellement perçue par les clientes.
3. Les éléments à comprendre avant de définir le positionnement
Un bon positionnement ne doit pas être inventé au hasard pendant une réunion. Pour le construire, nous allons nous appuyer sur plusieurs éléments que nous avons déjà étudiés dans la stratégie Social Media.
– La cible
Tu dois d’abord savoir à qui la marque veut principalement s’adresser. Une marque qui parle aux étudiants ne va probablement pas communiquer exactement comme une marque qui cherche des dirigeants d’entreprise. Mais connaître seulement l’âge et la ville ne suffit pas. Il faut également comprendre ce que cette personne recherche, ses problèmes, ses attentes, ses priorités et les critères qu’elle utilise lorsqu’elle choisit une entreprise.
Par exemple, pour acheter un ordinateur, une personne peut chercher avant tout le prix le plus bas. Une autre peut privilégier la qualité et la garantie. Une troisième peut être prête à payer davantage pour avoir un accompagnement et un service après-vente sérieux.
Ces trois personnes n’attendent pas exactement la même chose.
– L’offre
Ensuite, tu dois comprendre ce que l’entreprise vend réellement. Pas seulement le nom du produit.
Demande-toi : Qu’est-ce que le client achète réellement derrière ce produit ou ce service ?
Une personne qui achète une formation de Community Manager n’achète pas seulement des vidéos ou des PDF. Elle peut chercher une compétence, une nouvelle carrière, une source de revenus, de l’autonomie ou la possibilité de travailler en freelance. Une personne qui va dans un restaurant haut de gamme n’achète pas seulement un plat. Elle peut également acheter une expérience, un cadre, un service et une certaine tranquillité.
Comprendre cela permet de construire une communication beaucoup plus forte.
– La concurrence
Le positionnement existe aussi par rapport aux autres solutions disponibles.
Tu dois donc regarder comment les concurrents se présentent.
- Que promettent-ils ?
- À qui parlent-ils ?
- Quels arguments utilisent-ils ?
- Comment se présentent-ils ?
- Sur quoi insistent-ils dans leur communication ?
Si tous les concurrents communiquent uniquement sur les prix, il peut peut-être exister une opportunité de parler davantage de qualité, d’accompagnement, de rapidité ou d’expérience.
Attention : cela ne veut pas dire qu’il faut absolument faire le contraire des concurrents. L’analyse sert simplement à comprendre l’espace déjà occupé et les possibilités de différenciation.
Les forces réelles de l’entreprise
Le positionnement doit également correspondre à quelque chose que l’entreprise peut réellement tenir.
Tu ne peux pas positionner une entreprise comme : « La livraison la plus rapide de Bamako »
si elle met régulièrement quatre jours à livrer.
Tu ne peux pas communiquer : « Un accompagnement personnalisé »
si personne ne répond correctement aux clients.
Tu ne peux pas promettre : « Le luxe accessible »
si l’expérience proposée ne correspond ni au luxe ni au niveau de qualité attendu.
Le positionnement n’est pas seulement une belle phrase.
L’entreprise doit être capable de prouver ce qu’elle affirme.
4. Les grandes questions pour construire un positionnement
Pour construire le positionnement d’un client, tu peux travailler autour de quelques questions essentielles.
– À qui voulons-nous principalement parler ?
Nous devons pouvoir identifier le public prioritaire.
Pas « tout le monde ».
Par exemple :
Les jeunes femmes de Bamako qui commencent leur vie professionnelle et veulent s’habiller de manière élégante sans consacrer un budget énorme aux vêtements.
C’est beaucoup plus exploitable que : Les femmes de 18 à 50 ans.
– Quel problème voulons-nous résoudre ?
Demande-toi ce qui pousse réellement le client à chercher cette entreprise.
Par exemple :
Une femme ne trouve pas facilement des vêtements professionnels élégants adaptés à son budget.
Une PME ne sait pas gérer correctement sa communication sur les réseaux sociaux.
Un étudiant veut apprendre une compétence professionnelle mais ne peut pas suivre une formation en présentiel.
Nous commençons à comprendre pourquoi l’entreprise peut devenir utile.
– Quelle solution proposons-nous ?
Nous devons ensuite expliquer simplement ce que l’entreprise apporte.
Par exemple :
Des vêtements professionnels modernes à des prix accessibles 0u une formation en ligne qui accompagne les débutants pour apprendre le métier de Community Manager étape par étape.
La solution doit être facile à comprendre.
– Pourquoi nous plutôt qu’un autre ?
C’est une question fondamentale.
Si ton client répond seulement : « Parce que nous faisons de la qualité. »
Ce n’est généralement pas suffisant. Presque toutes les entreprises disent faire de la qualité. Cherche quelque chose de plus concret.
Cela peut être :
- une spécialisation ;
- une méthode ;
- une expérience particulière ;
- un accompagnement ;
- une rapidité ;
- un choix plus important ;
- une expertise ;
- une communauté ;
- une manière différente de servir le client ;
- une histoire forte ;
- une connaissance particulière du marché.
La différence n’a pas besoin d’être spectaculaire. Elle doit surtout être réelle, intéressante pour la cible et facile à comprendre.
5. La proposition de valeur : pourquoi le client devrait-il nous choisir ?
À l’intérieur du positionnement, nous retrouvons une notion importante : la proposition de valeur. Pas de panique avec le mot.
La proposition de valeur répond simplement à cette question : « Qu’est-ce que cette entreprise apporte de suffisamment intéressant à son client pour qu’il décide de la choisir ? »
Prenons un exemple :
Une boutique dit : « Nous vendons des vêtements pour femmes. »
Cela explique l’activité, mais cela ne donne pas vraiment de raison de choisir cette boutique.
On pourrait préciser : « Nous proposons aux jeunes femmes actives des tenues élégantes et faciles à porter au quotidien, à des prix adaptés à leur budget. »
Nous comprenons maintenant mieux :
- Pour qui ? Les jeunes femmes actives.
- Quoi ? Des tenues élégantes et faciles à porter.
- Quel intérêt ? Pouvoir bien s’habiller au quotidien sans avoir besoin d’un budget très élevé.
La proposition de valeur devient beaucoup plus claire.
6. Le prix peut aussi influencer le positionnement
Le prix envoie un message. Une entreprise qui cherche systématiquement à proposer les prix les plus bas ne se positionne pas de la même manière qu’une entreprise qui propose un service premium.
Prenons trois coiffeuses.
- La première propose une prestation à 5 000 FCFA et communique sur l’accessibilité et la rapidité.
- La deuxième propose une prestation à 15 000 FCFA avec prise de rendez-vous, diagnostic et conseils.
- La troisième propose une expérience premium à 35 000 FCFA, dans un espace privé avec des produits haut de gamme et un accompagnement personnalisé.
Aucune n’est automatiquement meilleure que les autres. Elles peuvent simplement s’adresser à des besoins et des budgets différents.
Le problème apparaît lorsque l’entreprise veut avoir le prix du premium tout en donnant l’expérience du bas de gamme, ou lorsqu’elle veut donner une expérience premium mais communique uniquement avec des promotions et des réductions.
Le prix, l’expérience, le produit et la communication doivent rester cohérents avec le positionnement choisi.
7. Construire la personnalité de la marque
Une fois le positionnement clarifié, nous devons réfléchir à la personnalité de la marque.
Pour simplifier cette étape, imagine que la marque devient une personne.
- Comment parlerait-elle ?
- Comment accueillerait-elle un nouveau client ?
- Serait-elle très sérieuse ou plutôt détendue ?
- Utiliserait-elle beaucoup d’humour ?
- Serait-elle proche de sa communauté ?
- Donnerait-elle l’impression d’être accessible ou exclusive ?
Par exemple, une banque ne communiquera probablement pas comme une marque de vêtements destinée aux adolescents. Cela ne veut pas dire qu’une banque doit être froide et ennuyeuse. Cela signifie simplement que sa personnalité doit rester cohérente avec son activité, son public et le niveau de confiance attendu.
Tu peux définir la personnalité avec trois à cinq mots.
Par exemple :
Professionnelle – Accessible – Pédagogue – Moderne
Ou :
Élégante – Féminine – Confiante – Premium
Ou encore :
Jeune – Dynamique – Drôle – Spontanée
Ces mots vont ensuite aider le Community Manager à maintenir une certaine cohérence dans la communication.
8. Définir le ton de communication
Le ton de communication correspond simplement à la manière dont une marque parle à son public. Deux entreprises peuvent dire exactement la même chose, mais de deux manières complètement différentes.
Par exemple, une banque, une marque de vêtements pour adolescentes et un cabinet d’avocats ne vont probablement pas s’exprimer de la même façon. Pourtant, les trois peuvent vouloir informer, rassurer, vendre ou répondre à une question.
Le ton de communication permet donc de donner une personnalité aux messages et surtout de rester cohérent dans la manière de parler avec la communauté.
Il ne concerne pas uniquement les publications. Il doit aussi se retrouver dans les stories, les commentaires, les messages privés, les réponses WhatsApp, les emails et parfois même dans la manière dont l’équipe accueille les clients.
– Le ton de communication doit partir de la marque, pas des goûts du Community Manager
Quand tu gères les réseaux sociaux d’un client, tu ne dois pas écrire comme toi tu parles naturellement si cela ne correspond pas à la marque.
Tu dois toujours te demander : Comment cette marque doit-elle parler pour être cohérente avec son positionnement et avec les personnes qu’elle veut toucher ?
Par exemple, si tu es une personne très drôle dans la vie, cela ne veut pas dire que tous tes clients doivent avoir un ton humoristique.
À l’inverse, si tu es très sérieuse, cela ne veut pas dire que toutes les marques doivent communiquer avec un ton froid et formel.
Ton rôle est de trouver la voix de la marque, pas d’imposer la tienne.
– Ton de communication et personnalité de marque : quelle différence ?
Les deux sont liés, mais ce n’est pas exactement la même chose.
La personnalité de marque, c’est ce que la marque serait si elle était une personne.
Par exemple : Professionnelle – Accessible – Moderne – Pédagogue
Le ton de communication, c’est la manière dont cette personnalité s’exprime dans les messages.
Si la marque veut être accessible et pédagogique, son ton devra probablement être simple, clair, rassurant et facile à comprendre.
Si elle veut être premium et élégante, son ton pourra être plus posé, plus sobre et plus sélectif.
La personnalité décrit donc qui est la marque et le ton décrit comment elle parle.
– Les grandes questions pour définir le ton
Pour choisir le bon ton, pose-toi quelques questions simples.
- La marque tutoie-t-elle ou vouvoie-t-elle ?
- Utilise-t-elle un langage très simple ou plus soutenu ?
- Peut-elle utiliser de l’humour ?
- Peut-elle utiliser des expressions locales ?
- Peut-elle parler comme une amie ou doit-elle garder une certaine distance ?
- Est-ce qu’elle veut paraître très experte ou plutôt accessible ?
- Est-ce qu’elle utilise des emojis ou très peu ?
- Est-ce qu’elle utilise beaucoup de phrases commerciales ou davantage de conversation ?
Il n’existe pas une seule bonne réponse. Tout dépend de la cible et du positionnement.
Exemple 1 : une marque jeune et proche
Imaginons une boutique de vêtements destinée aux jeunes femmes de 18 à 25 ans. La marque veut être perçue comme proche, dynamique et accessible.
Son ton pourrait être : simple, spontané, chaleureux et complice.
Au lieu d’écrire : « Nous avons le plaisir de vous informer de l’arrivée de notre nouvelle collection. »
Elle pourrait dire : « La nouvelle collection vient d’arriver et cette fois, il y a vraiment de quoi refaire vos looks de la semaine. »
Le message est plus naturel et correspond mieux à la personnalité choisie.
Exemple 2 : une marque premium
Prenons maintenant une marque de décoration haut de gamme. Elle veut transmettre une image élégante, calme et professionnelle.
Son ton pourra être : sobre, élégant, posé et rassurant.
Au lieu de dire : « Venez vite acheter, les stocks vont finir ! »
Elle pourrait dire : « Découvrez notre nouvelle sélection, pensée pour créer des espaces plus élégants et intemporels. »
Ici, la manière de parler est beaucoup plus cohérente avec un positionnement premium.
Exemple 3 : un centre de formation
Un centre de formation qui veut attirer des débutants peut choisir un ton : pédagogique, rassurant, simple et motivant.
Il doit éviter de parler comme si tout le monde connaissait déjà le métier.
Au lieu d’écrire : « Développez vos compétences en acquisition digitale, stratégie omnicanale et gestion de contenu. »
Il peut dire : « Tu veux travailler dans le digital mais tu ne sais pas par où commencer ? On t’apprend étape par étape à gérer les réseaux sociaux d’une entreprise. »
Le deuxième message est beaucoup plus facile à comprendre.
– Le niveau de langage
Le choix des mots est très important.
Un ton peut être :
- très simple ;
- professionnel ;
- familier ;
- soutenu ;
- technique ;
- pédagogique.
Mais attention : professionnel ne veut pas dire compliqué.
Une entreprise peut être très professionnelle tout en utilisant des mots simples. C’est même souvent mieux.
Le but de la communication n’est pas de montrer que l’entreprise connaît des mots compliqués. Le but est d’être comprise.
– Tutoiement ou vouvoiement ?
Le choix dépend surtout de la relation que la marque veut construire avec son public.
Le tutoiement peut donner une impression de proximité et de simplicité.
Le vouvoiement peut créer davantage de distance, de respect ou de formalité.
Mais il ne faut pas appliquer une règle automatique.
Une marque premium peut tutoyer si son identité le permet.
Une entreprise destinée aux jeunes peut vouvoyer si elle souhaite garder un ton institutionnel.
L’essentiel est de choisir et de rester cohérent.
– Peut-on utiliser les expressions locales ?
Oui, si elles correspondent à la marque et si la cible les comprend. Dans une stratégie destinée à une audience malienne, sénégalaise ou ivoirienne, certaines expressions locales peuvent rendre la communication plus naturelle et plus proche.
Mais il faut éviter de forcer. Si une entreprise très institutionnelle commence soudainement à utiliser des expressions de quartier dans toutes ses publications uniquement pour « faire jeune », cela peut sembler faux.
L’expression locale doit rester naturelle et cohérente avec le positionnement.
– Le ton peut changer selon la situation
Une marque n’a pas besoin de parler exactement de la même manière dans toutes les situations. Elle doit garder sa personnalité, mais adapter le ton selon le contexte.
Par exemple, une marque habituellement drôle peut être légère dans ses Reels, mais beaucoup plus sérieuse lorsqu’un client se plaint d’une commande perdue.
Un centre de formation peut avoir un ton motivant dans ses contenus, mais adopter un ton plus calme et rassurant lorsqu’un élève rencontre une difficulté. C’est comme dans la vraie vie. Tu ne parles pas exactement de la même manière à un ami qui rigole avec toi et à cet ami lorsqu’il vient te parler d’un problème grave.
La personnalité reste la même, mais le ton s’adapte.
– Créer une mini-charte de ton
Pour aider le Community Manager à rester cohérent, il est utile de créer une petite charte de ton.
Elle peut simplement contenir :
Notre ton est : simple, chaleureux, professionnel et pédagogique.
Nous voulons donner l’impression de : parler à une personne en face de nous, sans jargon compliqué.
Nous utilisons : des phrases claires, des exemples concrets, le tutoiement.
Nous évitons : le langage trop technique, les phrases trop institutionnelles, l’humour déplacé et les promesses exagérées.
Nous pouvons utiliser : quelques expressions locales lorsque cela reste naturel.
Cette mini-charte permet à plusieurs personnes de communiquer pour la même marque sans donner l’impression que la personnalité change chaque jour.
9. Le positionnement doit se voir dans le contenu
Une erreur serait de définir un beau positionnement dans un document stratégique puis de l’oublier au moment de créer les publications. Le positionnement doit influencer le contenu.
Imagine une marque qui veut se positionner comme experte et pédagogique.
Son contenu devrait régulièrement montrer cette expertise grâce à des explications, des conseils, des démonstrations, des études de cas ou des réponses aux questions de son audience.
Si elle publie uniquement :
- « Achetez maintenant »
- « Promotion »
- « Disponible »
son positionnement d’expert sera difficile à construire.
Autre exemple : une marque veut être connue pour sa proximité et son côté humain.
Nous devrions probablement voir des personnes, des coulisses, des histoires, des échanges avec les clients et une communication plus humaine. Le contenu doit donc apporter des preuves du positionnement.
– Positionnement voulu et positionnement perçu
Voici une différence importante. Il y a ce que l’entreprise veut être et ce que les clients pensent réellement d’elle.
Une entreprise peut dire : « Nous sommes une marque premium. »
Mais si ses visuels sont négligés, les commandes arrivent en retard, les messages restent sans réponse et les produits sont mal emballés, le public ne la percevra probablement pas comme premium.
Le positionnement ne se décrète donc pas uniquement dans une bio Instagram.
Il se construit progressivement grâce à tout ce que le client voit et vit avec l’entreprise.
La communication peut soutenir le positionnement, mais elle ne peut pas éternellement cacher une mauvaise expérience.
Exemple complet : construire le positionnement d’un salon de coiffure
Prenons un salon fictif appelé Naya Beauty, situé à Bamako.
Au départ, la propriétaire explique simplement : « Nous faisons des coiffures pour femmes. »
C’est trop général pour construire une communication forte.
Nous commençons donc notre réflexion.
- La cible principale : des femmes actives qui veulent être bien coiffées mais qui disposent de peu de temps.
- Le problème : elles perdent parfois plusieurs heures dans les salons et ne savent pas toujours à quelle heure elles seront prises.
- La solution : un salon organisé principalement sur rendez-vous qui propose des coiffures professionnelles dans un cadre confortable.
- La différence : la ponctualité, la réservation et une expérience mieux organisée.
Nous pouvons alors construire un positionnement autour de l’idée suivante : Naya Beauty veut devenir le salon de référence pour les femmes actives à Bamako qui souhaitent prendre soin de leurs cheveux sans perdre toute leur journée au salon.
À partir de là, le contenu devient beaucoup plus facile à imaginer.
Nous pouvons créer des contenus sur :
- le temps nécessaire pour chaque prestation ;
- la réservation ;
- les transformations avant/après ;
- les conseils pour entretenir sa coiffure ;
- les témoignages de clientes ;
- l’organisation du salon ;
- les coulisses ;
- les produits utilisés.
Tu vois la logique ?
Le positionnement n’est pas seulement une phrase à mettre dans un document. Il donne une direction à toute la communication.
Quand tu vas commencer à travailler avec des entreprises, tu vas entendre très souvent les mêmes phrases : « Notre différence, c’est la qualité », « Chez nous, le client est roi », « Nous sommes professionnels », « Notre priorité, c’est la satisfaction client ».
Ce sont de bonnes intentions, mais le problème est que presque toutes les entreprises peuvent dire exactement la même chose.
Ton travail de Community Manager est d’aller un peu plus loin. Si le client te dit : « Nous sommes de qualité », demande-lui ce qui prouve cette qualité. Est-ce la matière utilisée ? La garantie ? L’expérience de l’équipe ? Le processus de fabrication ? Les résultats obtenus ? Le service après-vente ?
Si le client te dit : « Nous avons un bon service client », demande-lui ce qui rend réellement ce service différent. Est-ce qu’il répond en moins d’une heure ? Est-ce qu’il accompagne les clients après l’achat ? Est-ce qu’il échange gratuitement les produits en cas de problème ?
Plus la différence est concrète, plus elle sera facile à communiquer et surtout à prouver.
VII. Construire la stratégie de contenu
Maintenant que tu connais les objectifs de l’entreprise, sa cible, son positionnement et les plateformes sur lesquelles elle va communiquer, nous pouvons commencer à réfléchir au contenu. Et remarque bien quelque chose : nous avons attendu avant de parler de contenu.
Ce n’est pas un hasard. Quand tu construis une stratégie Social Media, tu ne dois pas commencer par te demander : « Qu’est-ce qu’on va publier lundi ? » Tu dois d’abord comprendre pourquoi l’entreprise communique, à qui elle parle et ce qu’elle cherche à obtenir.
La stratégie de contenu vient transformer toutes ces informations en contenus concrets. Elle va nous permettre de décider de quoi la marque va parler, pourquoi elle va en parler, quels types de contenus elle va créer et comment ces contenus vont progressivement aider l’entreprise à atteindre ses objectifs.
1. Qu’est-ce qu’une stratégie de contenu ?
Une stratégie de contenu est un plan qui définit les contenus qu’une marque va créer et utiliser pour attirer son public, transmettre son message et l’aider à atteindre ses objectifs.
Autrement dit, elle répond principalement à la question : Qu’allons-nous communiquer à notre cible pour l’amener progressivement vers le résultat que nous recherchons ? »
Prenons un exemple : Une boutique de vêtements à Bamako veut augmenter ses commandes sur WhatsApp.
Sa stratégie de contenu ne doit pas simplement dire : Nous allons faire des Reels, des carrousels et des stories.
Ça, ce sont des formats. Nous devons réfléchir plus loin.
- Quels contenus vont permettre à de nouvelles clientes de découvrir la boutique ?
- Quels contenus vont leur donner envie de regarder les vêtements ?
- Quels contenus vont les rassurer sur la qualité ?
- Quels contenus vont répondre à leurs hésitations ?
- Quels contenus vont leur donner envie de commander ?
C’est cette réflexion qui constitue la stratégie de contenu.
2. Stratégie de contenu et calendrier éditorial : encore une fois, attention
Quand on débute en Community Management, on confond très souvent stratégie de contenu et calendrier éditorial. On pense parfois qu’à partir du moment où on a rempli un tableau avec 30 idées de publications, on a construit une stratégie de contenu.
En réalité, non.
Le calendrier éditorial est seulement l’organisation pratique des contenus. La stratégie de contenu, elle, vient avant et explique pourquoi ces contenus existent, quels rôles ils vont jouer et comment ils vont aider la marque à atteindre ses objectifs.
– La stratégie de contenu répond au “pourquoi” et au “quoi”
La stratégie de contenu permet de décider quels grands sujets la marque va aborder, quel message elle veut transmettre, quel type de contenu elle doit créer et quel rôle chaque contenu doit jouer.
Par exemple, si une boutique de vêtements veut augmenter ses commandes sur WhatsApp, sa stratégie de contenu peut décider de travailler autour de plusieurs axes : montrer les produits, créer de la confiance grâce aux clientes, répondre aux questions fréquentes, donner des idées de looks et présenter régulièrement les offres.
À ce stade, on ne dit pas encore forcément quel contenu sera publié lundi ou jeudi. On construit d’abord la logique.
– Le calendrier éditorial répond au “quand” et au “comment on s’organise”
Le calendrier éditorial vient ensuite transformer la stratégie en planning concret. Il permet de préciser, par exemple, quel contenu sera publié, à quelle date, sur quelle plateforme et sous quel format.
Prenons la même boutique.
La stratégie de contenu a décidé qu’il fallait créer davantage de preuves sociales grâce aux clientes.
Le calendrier éditorial peut ensuite prévoir :
- Mardi : Reel avant/après avec une cliente.
- Jeudi : Story avec un témoignage reçu sur WhatsApp.
- Samedi : Carrousel avec trois clientes portant la nouvelle collection.
Tu vois la différence ?
La stratégie dit : Nous avons besoin de montrer des preuves pour rassurer les futures clientes.
Le calendrier dit : Voici précisément quand et comment nous allons publier ces preuves.
– Pourquoi il est dangereux de commencer directement par le calendrier
Si tu commences directement par un calendrier vide avec 30 cases, tu risques de chercher des idées uniquement pour remplir les cases.
Tu vas te dire :
- « Lundi, il me faut un Reel. »
- « Mardi, il me faut un carrousel. »
- « Mercredi, qu’est-ce que je peux publier ? »
Et petit à petit, tu vas créer du contenu sans savoir s’il sert réellement l’objectif du client. C’est là qu’on se retrouve avec des calendriers très beaux, très remplis, mais qui n’ont aucune direction.
Un calendrier éditorial ne doit jamais devenir une simple liste d’idées. Chaque contenu devrait pouvoir être relié à une intention.
Par exemple :
- Attirer de nouvelles personnes
- Éduquer
- Rassurer
- Présenter l’offre
- Faire passer à l’action
- Fidéliser
– Une règle simple pour ne plus les confondre
Tu peux retenir ceci :
La stratégie de contenu décide de la direction.
Le calendrier éditorial organise l’exécution.
Autrement dit :
La stratégie te dit ce qu’on veut faire et pourquoi.
Le calendrier te dit quand on va le faire et sous quelle forme.
Les deux sont importants, mais ils n’ont pas le même rôle.
3. Chaque contenu doit avoir un rôle
Une erreur très fréquente consiste à penser que chaque publication doit vendre directement.
Une entreprise publie alors constamment :
- « Achetez maintenant. »
- « Disponible. »
- « Promotion. »
- « Commandez sur WhatsApp. »
- « Nouvelle collection disponible. »
À force, la page ressemble simplement à un catalogue. Mais une personne ne découvre pas toujours une entreprise aujourd’hui pour acheter immédiatement cinq minutes plus tard. Elle peut avoir besoin de découvrir la marque, de comprendre ce qu’elle propose, de voir plusieurs contenus, d’obtenir des réponses à ses questions, de regarder des témoignages et de développer suffisamment de confiance avant de passer à l’achat.
Les contenus peuvent donc avoir plusieurs rôles.
– Attirer
Certains contenus servent principalement à faire découvrir la marque à de nouvelles personnes. Ils peuvent parler d’un problème fréquent, répondre à une question recherchée, divertir, informer ou utiliser un sujet capable d’intéresser une audience plus large.
Le but est de faire entrer de nouvelles personnes dans l’univers de la marque.
– Éduquer
D’autres contenus permettent d’apprendre quelque chose à la cible.
Une entreprise qui vend des produits capillaires peut expliquer comment entretenir certains types de cheveux.
Un agent immobilier peut expliquer les étapes à vérifier avant de louer une maison.
Un centre de formation peut expliquer différents métiers.
En apportant des informations utiles, la marque peut progressivement montrer son expertise.
– Créer de la confiance
Avant d’acheter, les personnes ont souvent besoin d’être rassurées.
Nous pouvons donc montrer :
- des témoignages ;
- des résultats ;
- des avis ;
- des réalisations ;
- des démonstrations ;
- les coulisses ;
- l’équipe ;
- le processus de travail.
Ce type de contenu répond indirectement à la question : Est-ce que je peux réellement faire confiance à cette entreprise ?
– Vendre ou convertir
Certains contenus doivent également présenter l’offre et demander clairement aux personnes de passer à l’action. Une entreprise existe pour vendre. Il ne faut donc pas avoir peur de parler du produit, du service, du prix, des avantages, des modalités de commande ou des prochaines disponibilités.
La différence est que toute la communication ne doit pas être composée uniquement de vente directe.
– Fidéliser
Le travail ne s’arrête pas après la vente.
Une marque peut continuer à créer du contenu pour ses clients existants : conseils d’utilisation, nouveautés, informations utiles, communauté, accompagnement ou offres réservées aux anciens clients.
Un client satisfait peut acheter plusieurs fois et recommander l’entreprise autour de lui.
4. Comprendre les piliers de contenu
Quand tu vas commencer à gérer les réseaux sociaux d’une entreprise, tu vas devoir créer du contenu régulièrement. Au début, tu vas certainement avoir beaucoup d’idées.
Tu peux présenter l’entreprise, montrer les produits, parler des services, faire une vidéo sur l’équipe, publier une promotion ou montrer les coulisses.
Mais après quelques semaines, une question va commencer à revenir : Qu’est-ce que je peux encore publier ?
C’est souvent à ce moment-là que les Community Managers commencent à chercher des idées un peu partout sur TikTok, Instagram ou chez les concurrents.
- Ils voient une tendance et la reproduisent.
- Ils voient un concurrent publier quelque chose et font presque la même chose.
- Ils trouvent une citation et la publient parce qu’ils n’ont rien prévu pour aujourd’hui.
Petit à petit, la page commence à parler de tout et de rien.
Le problème n’est pas forcément le manque d’idées.
Le problème est souvent qu’il n’y a pas de grands sujets définis à l’avance pour guider la création de contenu. Ces grands sujets sont ce qu’on appelle les piliers de contenu.
– Qu’est-ce qu’un pilier de contenu ?
Un pilier de contenu est simplement un grand sujet dont une marque décide de parler régulièrement sur ses réseaux sociaux.
Comment choisir les piliers ?
Chaque pilier doit répondre à UN de ces critères :
- Il sert un objectif de la stratégie (notoriété, engagement, vente)
- Il correspond à un intérêt ou besoin du persona
- Il reflète les valeurs et le positionnement de la marque
Exemple de piliers pour un restaurant :
| Pilier | % du contenu | Objectif |
|---|---|---|
| Les plats | 30% | Ventes directes |
| Les coulisses de la cuisine | 20% | Engagement + humanisation |
| Témoignages et clients | 20% | Preuve sociale + confiance |
| Éducatif culinaire | 15% | Engagement + autorité |
| Événements et promotions | 15% | Conversions |
Prenons quelque chose de très simple encore. Imagine que tu gères les réseaux sociaux d’un salon de coiffure.
Tu sais que le salon ne va pas parler uniquement de : Venez vous coiffer chez nous.
Pendant six mois, cela deviendrait très répétitif. Nous pouvons donc décider que le salon parlera régulièrement de plusieurs grands sujets.
Par exemple :
- Les conseils pour les cheveux
- Les coiffures réalisées au salon
- Les clientes et leurs résultats
- Les coulisses du salon
- Les prestations disponibles
Voilà les piliers. Chaque pilier représente une grande famille de contenus. Ensuite, à l’intérieur de chaque famille, nous allons pouvoir trouver beaucoup de petites idées.
– Imagine les piliers comme des tiroirs
Je vais te donner une image très simple pour que tu ne l’oublies plus. Imagine une grande armoire.
Dans cette armoire, tu as plusieurs tiroirs.
- Sur le premier tiroir, tu écris : CONSEILS CHEVEUX
- Sur le deuxième : NOS RÉALISATIONS
- Sur le troisième : COULISSES DU SALON
- Sur le quatrième : NOS SERVICES
Chaque fois que tu dois créer un contenu, tu ouvres un tiroir.
Prenons le tiroir : CONSEILS CHEVEUX
À l’intérieur, nous pouvons mettre :
- « Comment entretenir ses tresses ? »
- « Que faire avant de venir se faire coiffer ? »
- « Pourquoi certaines coiffures abîment-elles les cheveux ? »
- « Comment dormir avec ses tresses ? »
- « Combien de temps faut-il garder une coiffure protectrice ? »
- « Comment entretenir ses cheveux après avoir retiré ses tresses ? »
- Tu vois ce qui vient de se passer ?
Nous avons un seul pilier, mais déjà plusieurs idées de publications. C’est exactement à cela que servent les piliers. Ils t’empêchent de commencer chaque lundi matin avec une page blanche en te demandant : Mon Dieu, qu’est-ce que je vais encore publier cette semaine ?
– Un pilier n’est pas une publication
Il faut vraiment comprendre cette différence.
Un pilier est grand.
Une publication est précise.
Prenons : Conseils pour les cheveux
C’est un pilier parce que nous pouvons parler de ce sujet pendant plusieurs mois sans manquer facilement d’idées.
Maintenant : 3 erreurs à éviter après avoir retiré tes tresses
Ça, c’est une idée de contenu.
Nous pouvons donc avoir :
Pilier : Conseils cheveux
Idée de contenu : 3 erreurs à éviter après avoir retiré tes tresses
Ensuite, nous pouvons décider de faire cette idée sous forme de vidéo.
Nous obtenons :
Pilier : Conseils cheveux
Sujet : 3 erreurs à éviter après avoir retiré tes tresses
Format : vidéo TikTok de 45 secondes
Et nous pouvons décider que cette vidéo doit principalement aider les personnes et montrer que le salon connaît bien son métier.
But du contenu : éduquer et montrer l’expertise du salon.
Maintenant, tout est beaucoup plus clair.
– Pourquoi avons-nous besoin de piliers ?
Les piliers ne sont pas là pour compliquer ton travail. Au contraire, ils servent à le simplifier.
– Premièrement, ils t’aident à savoir de quoi parler
Quand les piliers sont définis, tu ne cherches plus tes idées dans le vide. Si ton client possède quatre piliers, tu peux simplement prendre chaque pilier et chercher plusieurs sujets.
Imaginons :
Pilier 1 : Conseils
10 idées.
Pilier 2 : Produits
10 idées.
Pilier 3 : Témoignages et résultats
10 idées.
Pilier 4 : Coulisses
10 idées.
Tu viens déjà de créer une base de 40 idées de contenu.
C’est beaucoup plus facile que de chercher directement : Donne-moi 40 idées de publications.
– Deuxièmement, ils évitent de parler toujours de la même chose
Prenons une boutique de vêtements.
Si elle publie uniquement ses produits, sa page peut rapidement devenir :
- Robe disponible : 15 000 FCFA.
- Nouvelle robe disponible.
- Ensemble disponible.
- Nouvelle collection.
- Disponible en plusieurs couleurs.
- Commandez sur WhatsApp.
La boutique est active.
Elle publie. Mais elle dit presque toujours la même chose : Achète mon produit.
Avec des piliers, nous pouvons varier.
Nous pouvons parler de :
- Conseils mode
- Idées de looks
- Produits
- Clientes
- Coulisses
Maintenant, la boutique peut vendre sans donner l’impression de répéter « achète, achète, achète » tous les jours.
– Troisièmement, les piliers aident la marque à être connue pour quelque chose
Imagine un Community Manager freelance qui veut être reconnu comme une personne compétente en stratégie Social Media. Mais sur son compte, lundi il parle de motivation.
- Mardi, il fait une danse TikTok.
- Mercredi, il parle de son petit-déjeuner.
- Jeudi, il publie une citation.
- Vendredi, il parle de marketing.
- Samedi, il publie une vidéo qui n’a aucun rapport avec son activité.
Une personne qui découvre son compte peut avoir du mal à comprendre : Cette personne fait quoi exactement ?
Maintenant, imaginons qu’il parle régulièrement de :
- stratégie Social Media ;
- création de contenu ;
- analyse des réseaux sociaux ;
- recherche de clients ;
- coulisses de son activité de Community Manager.
Après avoir regardé plusieurs contenus, une personne peut commencer à penser : Cette personne maîtrise vraiment le Community Management.
Les piliers participent donc aussi au positionnement.
Tu te rappelles du positionnement ?
C’est la place que nous voulons progressivement prendre dans la tête du public.
Si nous voulons être connus pour quelque chose, nous devons en parler régulièrement et montrer que nous le maîtrisons.
– Combien de piliers faut-il choisir ?
Il n’existe pas de règle universelle qui dit qu’une marque doit obligatoirement avoir quatre, cinq ou six piliers. Dans beaucoup de stratégies, trois à cinq piliers bien choisis sont largement suffisants.
Si tu n’en as que trois mais qu’ils sont riches et directement liés aux besoins de la cible, cela peut parfaitement fonctionner. À l’inverse, avoir dix piliers peut rendre la communication difficile à organiser et faire perdre la direction principale de la marque. Ne cherche donc pas à avoir beaucoup de piliers.
Cherche à avoir les bons piliers.
Comment savoir si un pilier est bon ?
Avant de valider un pilier, fais un petit test.
Demande-toi :
- Est-ce que ce sujet intéresse réellement notre cible ?
- Est-ce qu’il a un rapport avec notre activité ou notre positionnement ?
- Est-ce qu’il peut aider à atteindre nos objectifs ?
- Est-ce que nous pouvons créer plusieurs contenus différents autour de ce thème ?
- Est-ce que la marque a quelque chose de pertinent à dire dessus ?
Si tu réponds oui à ces questions, tu tiens probablement un bon pilier.
5. Partir des problèmes et des questions de la cible
L’une des meilleures sources d’idées de contenu se trouve directement chez les clients.
Regarde les questions qu’ils posent.
- Les messages WhatsApp.
- Les commentaires TikTok.
- Les questions Instagram.
- Les objections pendant les ventes.
- Les recherches fréquentes.
- Les conversations avec le service client.
- Chaque question peut devenir un contenu.
Par exemple, si plusieurs personnes demandent : Est-ce que votre formation peut être suivie uniquement avec un téléphone ?
Tu peux simplement créer un contenu : Peut-on suivre notre formation uniquement avec un téléphone ? Voilà ce qu’il faut savoir.
Tu ne cherches plus des idées au hasard.
Tu réponds à une vraie question de ta cible.
6. Trouver le bon équilibre entre valeur et vente
Tu entendras parfois : « Il ne faut jamais vendre sur les réseaux sociaux, il faut seulement apporter de la valeur. »
Ce n’est pas complètement vrai. Une entreprise doit apporter de la valeur, mais elle doit aussi vendre.
Le problème n’est pas de vendre.
Le problème est de ne faire que vendre sans donner aucune autre raison de suivre la marque.
À l’inverse, certaines entreprises font tellement de contenus éducatifs qu’elles oublient complètement de présenter leurs offres.
Le public apprend énormément grâce à elles mais ne comprend même pas comment devenir client.
Une bonne stratégie doit donc trouver un équilibre entre : attirer, aider, rassurer et vendre.
Cet équilibre ne sera pas forcément identique pour toutes les entreprises.
7. Choisir les formats de contenu
Une fois les sujets définis, nous pouvons choisir comment les présenter.
Selon la plateforme, nous pouvons utiliser :
- vidéos courtes ;
- vidéos longues ;
- carrousels ;
- photos ;
- textes ;
- stories ;
- lives ;
- interviews ;
- témoignages ;
- démonstrations.
Le format doit servir l’idée.
Par exemple, si tu veux montrer la transformation d’une pièce après des travaux de décoration, une vidéo avant/après sera probablement très intéressante.
Si tu veux expliquer cinq erreurs complexes, un carrousel peut être plus pratique.
Si tu veux montrer les coulisses d’une journée, les stories peuvent parfaitement convenir.
Ne commence donc pas toujours par : « Je dois faire un Reel. »
Commence par : Qu’est-ce que je veux transmettre ?
Puis choisis le format le plus adapté
Une erreur fréquente consiste à créer un contenu puis à le copier exactement partout.
Tu peux réutiliser une même idée sur plusieurs plateformes, mais il peut être nécessaire de l’adapter.
Une vidéo TikTok peut être plus spontanée.
Un Reel Instagram peut nécessiter une présentation légèrement différente.
Un sujet LinkedIn peut être développé davantage avec une approche professionnelle.
Une publication Facebook peut permettre plus de texte ou susciter une discussion différente.
Le message central peut rester le même, mais la manière de le présenter peut changer selon les habitudes de la plateforme et de l’audience.
Réutiliser intelligemment un contenu
Créer du contenu demande du temps.
Tu n’as donc pas besoin de créer une idée complètement nouvelle chaque jour.
Imagine qu’une entreprise crée une vidéo : « 5 erreurs à éviter avant d’acheter un terrain à Bamako. »
Cette seule idée peut devenir :
- une vidéo TikTok ;
- un Reel Instagram ;
- un carrousel avec les cinq erreurs ;
- cinq stories, une erreur par story ;
- une publication Facebook plus détaillée ;
- une vidéo YouTube plus complète.
C’est ce qu’on appelle souvent réutiliser ou décliner un contenu. L’objectif n’est pas de copier-coller sans réfléchir, mais d’exploiter intelligemment une bonne idée.
Exemple complet : stratégie de contenu d’un restaurant
Imaginons un restaurant à Bamako qui souhaite attirer davantage de clients pendant la semaine.
Son objectif n’est donc pas simplement : Faire plus de vues.
Il veut augmenter le nombre de personnes qui viennent manger du lundi au jeudi.
Nous pouvons construire plusieurs piliers.
Pilier : Les plats
Montrer les plats, leur préparation, les nouveautés et les spécialités.
Rôle : donner envie.
Pilier : Les coulisses
Montrer la cuisine, l’équipe, les ingrédients et la préparation.
Rôle : humaniser le restaurant et créer de la confiance.
Pilier : L’expérience
Montrer l’ambiance, le cadre, les clients, les événements ou les moments de la journée.
Rôle : aider la personne à s’imaginer sur place.
Pilier : Conseils et découverte
Présenter certains plats, raconter leur histoire ou expliquer des ingrédients.
ôle : apporter de la valeur et créer de l’intérêt.
Pilier : Offres et actualités
Menu du jour, offres de semaine, horaires, réservation et nouveautés.
Rôle : pousser à l’action.
À partir de ces cinq piliers, nous pouvons maintenant générer des dizaines d’idées de contenus. Et seulement après cela, nous pourrons construire le calendrier éditorial.
Mot de Fatima : Arrête de chercher 30 idées avant de réfléchir
Quand tu dois préparer un mois de contenu pour un client, ne commence pas directement par chercher sur TikTok : « 30 idées de contenus pour restaurant ». Tu vas peut-être trouver de bonnes idées, mais elles ne correspondront pas forcément au problème de ton client.
Commence par regarder sa cible, ses objectifs, ses offres, ses objections et les questions que ses clients posent réellement. Ensuite, construis tes piliers et cherche tes idées à l’intérieur. Tu peux évidemment regarder ce que font les autres pour t’inspirer, mais chaque contenu que tu proposes doit avoir une raison d’être.
Quand ton client te demande : « Pourquoi on publie ça ? » tu dois être capable de lui répondre autrement que : « Parce que j’ai vu que ça marche sur TikTok. »
8. La règle 80/20 du contenu
Quand une entreprise utilise les réseaux sociaux pour vendre, elle peut facilement tomber dans un piège : transformer son compte en catalogue publicitaire.
Chaque publication présente un produit.
Chaque story demande de commander.
Chaque vidéo parle d’une promotion.
Au bout d’un moment, l’audience peut se fatiguer, parce que les personnes ne viennent généralement pas sur TikTok, Instagram ou Facebook uniquement pour regarder de la publicité. C’est là que la règle 80/20 peut nous servir de repère pour construire une stratégie de contenu plus équilibrée.
Qu’est-ce que la règle 80/20 ?
Le principe est simple :
80 % du contenu sert principalement à apporter de la valeur à l’audience.
20 % du contenu peut être davantage consacré à la promotion et à la vente.
Attention, ce n’est pas une règle mathématique obligatoire. Tu n’as pas besoin de calculer exactement 80 % et 20 % chaque mois, c’est surtout un principe qui t’aide à éviter de parler uniquement de tes produits et de tes offres.
Selon l’entreprise, son objectif et la période, cette répartition peut changer. Pendant un lancement ou une promotion importante, par exemple, la marque peut naturellement publier davantage de contenus commerciaux. L’idée importante à retenir est donc la suivante : avant de demander régulièrement quelque chose à ton audience, donne-lui de bonnes raisons de continuer à t’écouter.
Pourquoi éviter 100 % de contenu promotionnel ?
Imagine une boutique de vêtements qui publie tous les jours : « Nouvelle collection disponible. »
Le lendemain : « Commandez maintenant. »
Puis : « Promotion jusqu’à dimanche. »
Ensuite : « Nos nouvelles robes sont disponibles. »
Et encore : « Passez votre commande sur WhatsApp. »
La boutique parle uniquement d’elle-même, de ses produits et de ce qu’elle veut vendre.
Le problème est que l’abonné se demande naturellement : « Qu’est-ce que ce compte m’apporte à moi ? »
Si la réponse est « rien à part des publicités », il aura moins de raisons de suivre régulièrement le contenu.
Une marque doit évidemment parler de ses produits et vendre. Nous ne sommes pas sur les réseaux sociaux uniquement pour divertir les gens gratuitement. Mais pour vendre plus facilement, il faut aussi attirer l’attention, créer une relation, montrer son expertise et construire la confiance.
C’est justement le rôle des contenus de valeur.
Qu’est-ce qu’un contenu qui apporte de la valeur ? Je répète encore
Quand on dit « apporter de la valeur », beaucoup de débutants pensent automatiquement qu’il faut donner un cours ou apprendre quelque chose de compliqué à son audience.
Pas forcément.
Apporter de la valeur signifie simplement donner à la personne une bonne raison de regarder, lire, enregistrer, partager ou revenir voir ton contenu.
Cette valeur peut prendre plusieurs formes.
a. Éduquer
Le contenu éducatif permet à l’audience d’apprendre quelque chose, de résoudre un petit problème ou de mieux comprendre un sujet. Cela peut être un tutoriel, une astuce, une méthode, une explication ou un conseil pratique.
Par exemple, un restaurant peut expliquer comment reconnaître un bon morceau de viande. Une boutique de vêtements peut montrer comment associer certaines couleurs. Un Community Manager peut expliquer comment améliorer une bio Instagram.
Le contenu éducatif permet notamment à une marque de montrer qu’elle connaît son domaine sans avoir besoin de répéter constamment : « Nous sommes des experts. »
b. Divertir
Apporter de la valeur peut également simplement vouloir dire faire passer un bon moment à son audience.
L’humour, les anecdotes, certaines tendances, les situations du quotidien ou le storytelling peuvent être utilisés pour divertir.
Une entreprise peut par exemple créer une vidéo autour des différents types de clients qu’elle rencontre ou raconter une situation amusante vécue dans son activité.
Le divertissement peut être très puissant pour attirer l’attention et rendre une marque plus humaine. Il doit cependant rester cohérent avec l’image de l’entreprise et avec les personnes qu’elle cherche à toucher.
c. Inspirer
Le contenu inspirant aide l’audience à se projeter, croire qu’un résultat est possible ou avoir envie de passer à l’action. Cela peut être une transformation, une histoire, un parcours, un témoignage ou une réussite.
Par exemple, un centre de formation peut raconter le parcours d’une ancienne élève qui est partie de zéro et a réussi à trouver son premier client.
Une marque de décoration peut montrer la transformation complète d’une pièce avant et après son intervention.
L’inspiration fonctionne particulièrement bien lorsqu’elle repose sur quelque chose de réel. Une véritable histoire ou une véritable transformation sera généralement plus forte qu’une simple citation trouvée sur Internet.
d. Engager
Certains contenus sont créés principalement pour faire participer l’audience et ouvrir une conversation. On peut poser une question, proposer un sondage, demander un avis, lancer un petit défi ou demander aux personnes de partager leur expérience.
Par exemple : « Quel est ton plus gros problème quand tu essaies de créer du contenu régulièrement ? »
Ce type de contenu permet à la marque de mieux connaître son audience tout en créant des échanges.
Les réponses peuvent même devenir une source d’idées pour les prochains contenus.
e. Informer
Une marque peut également apporter de la valeur en donnant à son audience une information utile ou importante. Cela peut concerner une actualité du secteur, une nouveauté, un changement, une tendance ou une information que la cible devrait connaître.
Par exemple, un professionnel du voyage peut expliquer une nouvelle règle concernant certaines formalités. Un Community Manager peut présenter une nouvelle fonctionnalité importante d’un réseau social et expliquer ce qu’elle change concrètement pour les entreprises.
L’objectif n’est pas simplement de répéter une actualité. Il faut, lorsque c’est possible, aider l’audience à comprendre ce que cette information change pour elle.
Et les 20 % promotionnels ?
Le contenu promotionnel est le contenu dans lequel la marque parle plus directement de son produit, son service, son offre ou de l’action qu’elle souhaite obtenir.
Cela peut être :
- la présentation d’un produit ;
- l’ouverture des inscriptions ;
- une promotion ;
- une nouvelle offre ;
- le lancement d’une collection ;
- une invitation à réserver ;
- une démonstration commerciale ;
- une publication avec un appel à commander.
Le contenu promotionnel n’est pas mauvais. Au contraire, une entreprise doit vendre. L’erreur serait d’avoir tellement peur de déranger son audience qu’on apporte énormément de valeur sans jamais présenter clairement ce qu’on vend.
Ton audience doit savoir ce que l’entreprise propose, combien cela coûte lorsque cette information peut être communiquée, comment acheter et pourquoi l’offre peut être intéressante pour elle.
Exemple : Mes 10 contenus
Mes 10 contenus pour mon centre de formation. En utilisant la logique 80/20 comme repère, je pourrais avoir environ 8 contenus de valeur :
- Les erreurs des Community Managers débutants.
- Comment trouver ses premières idées de contenu.
- Les applications utiles pour travailler comme Community Manager.
- L’histoire d’une ancienne élève.
- Une journée dans les coulisses du centre.
- Une question à la communauté sur ses difficultés.
- Comment reconnaître un bon Community Manager.
- Les compétences digitales recherchées par les entreprises.
Puis 2 contenus plus directement promotionnels :
- Présentation de la formation et de ce qu’elle contient.
- Ouverture des inscriptions avec un appel à l’action clair.
Mais il faut comprendre quelque chose de très important : les huit premiers contenus peuvent eux aussi participer indirectement à la vente.
Un témoignage peut créer de la confiance.
Un tutoriel peut montrer l’expertise de la marque.
Une vidéo dans les coulisses peut rassurer.
Un contenu éducatif peut attirer une personne qui découvrira ensuite l’offre.
C’est pour cette raison qu’on parle de contenu de valeur et de contenu directement promotionnel, et non de contenu « qui vend » contre contenu « qui ne vend pas ».
Mot de Fatima
Quand je te dis de faire 80 % de contenu de valeur, je ne suis pas en train de te dire de devenir professeur gratuitement sur Internet et d’avoir peur de vendre. Ton client ne te paie pas uniquement pour faire rire ou apprendre des choses aux gens, il te paie aussi pour aider son entreprise à atteindre ses objectifs.
La règle 80/20 doit surtout t’apprendre à trouver un équilibre. Si chaque fois que tu ouvres la bouche c’est pour dire « achetez », « inscrivez-vous », « promotion », « commandez », les gens vont finir par ne plus t’écouter. Mais si ton contenu les aide, les intéresse, les divertit, les inspire ou leur apporte régulièrement quelque chose d’utile, tu construis progressivement leur attention et leur confiance.
Et lorsque viendra le moment de présenter ton offre, tu ne parleras plus complètement à des inconnus. Une partie de ton audience te connaîtra déjà, comprendra ce que tu fais et aura peut-être déjà confiance en toi. Mais retiens également l’inverse : n’aie pas peur de vendre. Si tu ne présentes jamais ton produit, si tu ne parles jamais de ton offre et si tu ne demandes jamais aux personnes de passer à l’action, elles ne vont pas deviner toutes seules que tu veux qu’elles achètent.
Le bon contenu apporte de la valeur, construit la relation et sait aussi vendre au bon moment.
À retenir
La règle 80/20 est un repère, pas une obligation stricte. Elle nous rappelle simplement qu’une marque ne doit pas transformer ses réseaux sociaux en panneau publicitaire permanent. Les contenus de valeur peuvent éduquer, divertir, inspirer, engager ou informer, tandis que les contenus promotionnels présentent plus directement les produits, les services et les offres de l’entreprise.
La logique à retenir est simple :
Apporter de la valeur → attirer l’attention → construire la confiance → présenter l’offre → vendre.
Une bonne stratégie de contenu ne choisit donc pas entre apporter de la valeur et vendre. Elle apprend à faire les deux intelligemment.
Et aussi la stratégie de contenu définit ce que la marque va communiquer, à qui, pourquoi et de quelle manière afin de soutenir ses objectifs Social Media.
Elle ne commence pas par un calendrier.
Elle commence par une réflexion.
Tu dois comprendre les besoins de la cible, définir les grands piliers de contenu, attribuer un rôle aux contenus, répondre aux questions et objections, apporter des preuves puis choisir les formats adaptés.
Retiens surtout cette logique :
Objectif → Cible → Message → Piliers → Sujets → Formats → Calendrier.
Quand tu respectes cet ordre, tu ne publies plus simplement pour remplir les réseaux sociaux de ton client. Tu construis du contenu avec une intention.
9. La fréquence de publication : Combien de fois faut-il publier sur les réseaux sociaux ?
C’est probablement l’une des questions que tu vas entendre le plus souvent en tant que Community Manager : « Combien de fois faut-il publier par semaine ? »
Et beaucoup de débutants cherchent une réponse magique : trois publications par semaine sur Instagram, une vidéo par jour sur TikTok, cinq stories par jour, etc. En réalité, il n’existe pas une fréquence parfaite qui fonctionne pour toutes les entreprises.
Un restaurant à Bamako, une créatrice de contenu, une banque, une petite boutique en ligne et un centre de formation n’ont pas les mêmes objectifs, les mêmes moyens ni la même quantité de contenu disponible. Leur fréquence de publication ne peut donc pas être exactement la même.
La bonne fréquence est celle que l’entreprise peut tenir dans le temps tout en maintenant une bonne qualité de contenu et en servant ses objectifs.
La règle d’or : la régularité prime sur la quantité
Retenons d’abord un principe très simple : Il vaut mieux publier 5 bons contenus par semaine pendant 6 mois que publier énormément pendant deux semaines et disparaître ensuite pendant un mois.
C’est une erreur que l’on voit très souvent.
Une entreprise décide de devenir sérieuse sur les réseaux sociaux et commence très fort. Elle publie tous les jours, parfois plusieurs fois par jour, puis l’équipe se fatigue, les idées commencent à manquer et le compte devient silencieux. Ce rythme n’était tout simplement pas adapté aux ressources de l’entreprise.
La fréquence doit donc être pensée sur la durée.
Si tu proposes à ton client cinq vidéos par semaine, pose-toi immédiatement la question : « Est-ce que nous serons encore capables de produire cinq bonnes vidéos par semaine dans trois mois ? »
Si la réponse est non, il vaut mieux commencer avec un rythme plus raisonnable.
Pourquoi la régularité est-elle importante ?
a. Elle augmente les occasions d’être découvert
Chaque nouveau contenu représente une nouvelle occasion pour une personne de découvrir la marque. Si une entreprise publie une fois puis disparaît pendant trois semaines, elle réduit naturellement le nombre d’occasions de toucher son audience.
Publier régulièrement permet de maintenir une présence active et de multiplier les possibilités d’être vu, partagé, recherché ou recommandé.
Cela ne veut cependant pas dire qu’il faut publier n’importe quoi simplement pour rester actif. La quantité ne doit jamais devenir une excuse pour produire du mauvais contenu.
b. L’audience se familiarise avec la marque
Plus une personne rencontre régulièrement une marque, plus elle peut progressivement apprendre à la connaître.
Imagine que tu découvres aujourd’hui une entreprise sur TikTok. Quelques jours plus tard, tu vois une autre de ses vidéos. La semaine suivante, tu tombes encore sur son contenu.
Petit à petit, son nom et son activité deviennent familiers. Cette familiarité peut être très importante dans le parcours client, parce qu’une personne n’achète pas toujours après avoir vu une seule publication. La régularité permet donc à la marque de rester présente dans l’esprit de son audience.
c. La régularité aide à construire la confiance
Imagine que tu découvres une boutique sur Instagram et que sa dernière publication date d’il y a huit mois.
Ta première question peut être : « Est-ce que cette boutique existe encore ? »
Un compte actif donne généralement davantage de signes que l’entreprise fonctionne réellement, particulièrement lorsqu’on y trouve des contenus récents, des réponses, des nouveautés, des témoignages ou des coulisses. La régularité participe donc aussi à l’image professionnelle de la marque.
Existe-t-il un nombre parfait de publications ?
Non. Tu trouveras énormément de recommandations sur Internet :
- « Publie une fois par jour. »
- « Fais trois Reels par semaine. »
- « Publie cinq TikTok par jour pour exploser. »
Le problème est que ces conseils sont souvent donnés sans connaître ton entreprise, ton audience, ton objectif ou tes ressources.
Tu peux utiliser des recommandations comme point de départ pour tester, mais jamais comme une loi.
Par exemple, pour commencer, une petite entreprise peut tester quelque chose comme :
| Plateforme | Exemple de rythme de départ |
|---|---|
| Instagram – publications/Reels | 3 à 5 par semaine |
| Instagram – Stories | Plusieurs jours dans la semaine, selon l’activité |
| 3 à 5 par semaine | |
| TikTok | 3 à 5 vidéos par semaine |
| 2 à 3 publications par semaine |
Ce tableau n’est volontairement pas une règle obligatoire.
Une entreprise peut publier davantage et obtenir d’excellents résultats. Une autre peut publier moins et également réussir.
La bonne question n’est donc pas : « Combien faut-il absolument publier ? »
La bonne question est : « Quel rythme pouvons-nous maintenir et quel rythme nous permet d’obtenir les résultats recherchés ? »
Comment choisir la bonne fréquence pour un client ?
En tant que Community Manager, tu ne dois pas choisir une fréquence au hasard. Tu dois regarder la réalité de l’entreprise.
Voici les principales questions à te poser.
– Quel est l’objectif du client ?
La fréquence dépend d’abord de ce que nous cherchons à obtenir. Une nouvelle marque qui cherche rapidement à développer sa notoriété peut avoir besoin de produire davantage de contenus pour multiplier les occasions d’être découverte.
Une entreprise déjà connue qui cherche surtout à maintenir sa communauté peut avoir une stratégie différente. La fréquence doit donc toujours être reliée à l’objectif de la stratégie.
– Combien de contenu le client peut-il réellement fournir ?
C’est une question extrêmement importante lorsque tu travailles en freelance (Oui j’aime me répéter). Imagine que tu décides de publier cinq vidéos par semaine pour un restaurant.
Cela représente environ vingt vidéos par mois.
Très bien.
- Mais qui va filmer ces vingt vidéos ?
- Est-ce toi ?
- Est-ce le client ?
- Est-ce qu’une journée de tournage est prévue ?
Le restaurant dispose-t-il régulièrement de plats, de clients ou de situations intéressantes à filmer ?
Si personne n’a réfléchi à ces questions, ton beau calendrier éditorial risque de devenir impossible à respecter.
Ne construis jamais une fréquence uniquement sur le papier. Vérifie comment le contenu sera réellement produit.
– Combien de temps est prévu dans ta prestation ?
Ton contrat et ton tarif comptent également.
Si un client te paie pour créer 12 contenus par mois, tu ne peux pas lui construire gratuitement une stratégie qui nécessite 40 vidéos, 100 stories et des tournages permanents.
En tant que freelance, tu dois apprendre à protéger ton temps.
La fréquence choisie doit être compatible avec :
le besoin du client + ses ressources + le contenu disponible + ta prestation.
Sinon, tu risques de travailler énormément sans être correctement payé.
– Quelle qualité pouvons-nous maintenir ?
Si publier sept fois par semaine oblige à produire sept contenus sans intérêt simplement pour remplir le calendrier, il faut revoir la fréquence. Il vaut mieux produire moins de contenus avec une véritable intention derrière chacun.
Avant de publier, nous voulons pouvoir répondre à des questions comme :
- Pourquoi publions-nous ce contenu ?
- À qui s’adresse-t-il ?
- Quel est son rôle ?
- Doit-il attirer, éduquer, rassurer, engager ou vendre ?
Une fréquence élevée n’a aucune valeur si le contenu lui-même n’apporte rien à la stratégie.
– Que font les concurrents ?
Observer les concurrents peut également nous donner des informations intéressantes. Regarde les entreprises qui fonctionnent bien dans le même secteur et observe leur rythme de publication, les plateformes qu’elles utilisent et surtout les contenus qui semblent obtenir de bons résultats.
Mais attention : observer ne veut pas dire copier.
Si ton concurrent publie trois fois par jour sur TikTok, cela ne signifie pas automatiquement que ton client doit faire la même chose. Il possède peut-être une équipe de dix personnes alors que ton client travaille seul.
L’analyse concurrentielle sert à comprendre le marché et à trouver des idées, pas à reproduire aveuglément la stratégie des autres.
Commence raisonnablement, puis ajuste
Lorsque tu n’as pas encore suffisamment de données, commence avec une fréquence que l’entreprise peut réellement maintenir. Ensuite, observe les résultats.
Après quelques semaines, tu peux te demander :
- Est-ce que nous arrivons à maintenir la qualité ?
- Est-ce que nous avons suffisamment de contenu ?
- Quels formats fonctionnent le mieux ?
- Est-ce que certaines plateformes demandent davantage d’efforts qu’elles ne rapportent de résultats ?
- Pouvons-nous augmenter progressivement la fréquence ?
La stratégie Social Media n’est pas quelque chose que tu décides une fois pour toutes. Tu testes, tu mesures et tu ajustes.
Exemple pratique
Imagine que tu commences à travailler avec un restaurant à Bamako.
Le propriétaire te dit : « Je veux une publication tous les jours sur Instagram, Facebook et TikTok. »
Ton rôle n’est pas simplement de répondre oui. Tu dois comprendre ce que cela implique.
Si nous devons créer une nouvelle vidéo tous les jours, il faut suffisamment d’images. Il faudra probablement organiser des tournages réguliers. Il faut également déterminer si les mêmes contenus seront adaptés sur plusieurs plateformes ou si certains devront être retravaillés.
Après analyse, tu peux par exemple proposer : 3 vidéos principales par semaine, adaptées pour Instagram Reels, TikTok et éventuellement Facebook, accompagnées de stories régulières montrant les plats, les coulisses, les disponibilités ou l’ambiance du restaurant.
Tu commences avec ce rythme, tu observes les résultats et tu augmentes ensuite la production si cela devient pertinent.
Ça, c’est une décision stratégique.
Mot de Fatima
Ne promets jamais une quantité énorme de contenu à un client simplement pour lui donner l’impression qu’il en aura pour son argent. Quand tu débutes, tu peux facilement penser que proposer 30 publications par mois est plus professionnel que d’en proposer 12, alors qu’en réalité tu risques surtout de te retrouver avec énormément de travail et de commencer à publier n’importe quoi pour respecter ton contrat.
Ton client ne te paie pas pour remplir son compte Instagram. Il te paie pour utiliser les réseaux sociaux intelligemment afin d’aider son entreprise à avancer.
Commence donc avec un rythme que vous pouvez réellement tenir, regarde ce qui fonctionne et augmente progressivement lorsque les résultats et les ressources le justifient. La meilleure fréquence n’est pas celle qui impressionne sur un devis, c’est celle que tu peux maintenir avec une vraie stratégie derrière chaque contenu.
Il n’existe pas de fréquence parfaite valable pour toutes les entreprises. La fréquence dépend des objectifs, de l’audience, des plateformes, du contenu disponible, du budget et des ressources humaines.
Retenons surtout cette règle :
Régularité + qualité + stratégie sont plus importantes que publier beaucoup simplement pour publier.
Commence avec un rythme réaliste, mesure les résultats et ajuste progressivement.
VIII. Le Calendrier Éditorial
Une stratégie Social Media te dit où tu veux aller, pourquoi tu veux y aller et comment les réseaux sociaux vont t’aider à atteindre cet objectif. Mais une fois la stratégie définie, il faut maintenant organiser le travail dans le temps. C’est là que le calendrier éditorial devient important.
Le calendrier éditorial permet d’éviter de se réveiller chaque matin en se demandant : « Qu’est-ce qu’on publie aujourd’hui ? »
Il permet de prévoir les contenus à l’avance, d’avoir une meilleure organisation et surtout de vérifier que les publications correspondent bien à la stratégie définie. Un bon calendrier éditorial ne sert donc pas simplement à remplir des cases avec des idées de publications. Il permet de transformer une stratégie en actions concrètes.
1. Qu’est-ce qu’un calendrier éditorial ?
Le calendrier éditorial (content calendar), c’est le planning détaillé de toutes les publications sur une période donnée (semaine, mois, trimestre). Un simpledocument qui organise les contenus à publier sur une période précise.
Cette période peut être :
- une semaine ;
- deux semaines ;
- un mois ;
- parfois plusieurs mois.
Dans la majorité des cas, un Community Manager prépare son calendrier éditorial sur une période d’environ un mois, puis il l’ajuste selon les résultats, les événements, les promotions ou les changements dans l’entreprise.
Le calendrier peut être créé dans différents outils.
Tu peux utiliser par exemple :
- Canva
- Google Sheets ;
- Excel ;
- Notion ;
- Trello ;
- un outil de gestion de projet ;
- ou même un simple tableau au début.
L’outil n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est que ton calendrier soit clair, facile à comprendre et facile à utiliser avec ton client.
2. Pourquoi utiliser un calendrier éditorial ?
Le calendrier éditorial possède plusieurs avantages.
– Il permet de gagner du temps
Quand les idées sont préparées à l’avance, tu ne perds plus une heure chaque matin à chercher quoi publier. Tu peux organiser tes journées de création, préparer plusieurs contenus en même temps et travailler plus efficacement.
– Il permet d’éviter les oublis
Une entreprise peut avoir :
- une promotion ;
- un lancement ;
- une fête ;
- un événement ;
- une nouvelle collection ;
- une ouverture ;
- une campagne importante.
Si tout est organisé dans un calendrier, tu peux anticiper ces dates et préparer les contenus au bon moment.
– Il permet de maintenir un bon équilibre
Grâce au calendrier, tu peux vérifier si tu ne publies pas trop de contenus promotionnels ou si tu n’oublies pas certains piliers de contenu.
Par exemple, tu peux remarquer que sur douze publications, dix parlent uniquement des produits.
Tu peux alors corriger avant publication.
– Il permet de mieux collaborer avec le client
Le client peut savoir à l’avance ce qui sera publié. Il peut valider les sujets, préparer les produits nécessaires, participer aux tournages ou fournir certaines informations.
Cela évite aussi les messages de dernière minute du type : « Fatima, on publie quoi aujourd’hui ?
3. Ce qu’un bon calendrier éditorial contient
Un bon calendrier éditorial peut contenir plusieurs informations. Tu n’es pas obligé d’utiliser exactement les mêmes colonnes pour tous les clients, mais voici une structure très utile.
Pour chaque publication planifiée, le calendrier doit indiquer :
– La date de publication : Indique le jour prévu pour la publication.
– L’heure de publication : Indique l’heure prévu pour la publication.
– La plateforme (Instagram, Facebook, TikTok…) : Précise où le contenu sera publié et si le contenu est adapté sur plusieurs plateformes, tu peux l’indiquer.
– Le format (post photo, Reel, carrousel, story…) : Précise le type de contenu.
– Le pilier de contenu auquel il appartient : Chaque contenu doit normalement être rattaché à un pilier et cela permet de vérifier l’équilibre de la stratégie.
– Le sujet / titre du post : Le sujet explique simplement de quoi parle la publication.
– L’objectif de ce post spécifique : C’est une colonne très importante et chaque publication doit avoir un rôle. Cette colonne t’aide à ne pas publier sans raison.
– Le CTA (qu’est-ce qu’on demande aux gens de faire) : Indique ce que tu veux que la personne fasse après avoir vu le contenu.
– Le statut (À créer / En création / Prêt / Publié) : Le statut permet de suivre l’avancement du contenu. Cette colonne devient très utile lorsque tu gères plusieurs contenus ou plusieurs clients.
– L’image ou le lien vers le visuel (Google Drive, Canva…)
Exemple : Trello


Exemple : Notion


Exemple de calendrier éditorial (1 semaine)
Client fictif : Resto Teranga, restaurant sénégalais à Dakar
Objectif du mois : Notoriété + Conversions
| Date | Heure | Plateforme | Format | Pilier | Sujet | Objectif | CTA | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Lun 3 | 12h30 | Reel 30s | Coulisses | Une matinée dans notre cuisine avant l’ouverture | Notoriété | Sauvegarde si tu veux voir plus de coulisses | À créer | |
| Lun 3 | 12h30 | Vidéo | Coulisses | Même vidéo adaptée | Notoriété | Partage avec un ami qui aime le thiébou | À créer | |
| Mar 4 | 19h00 | Story | Sondage | Thiébou yapp ou thiébou dieun ? | Engagement | Vote | Prêt | |
| Mer 5 | 12h00 | Carrousel | Éducatif | Les 5 épices secrets de la cuisine sénégalaise | Engagement | Sauvegarde et partage | En création | |
| Jeu 6 | 12h30 | Photo | Produit | Plat signature : Thiébou Dieun royal | Conversion | Réserve ta table : DM ou 77 XXX | Prêt | |
| Jeu 6 | 13h00 | Photo | Produit | Même photo avec texte plus long | Conversion | Appelle le 77 XXX pour réserver | Prêt | |
| Ven 7 | 18h30 | Reel | Témoignage | Client qui parle de son expérience | Preuve sociale | « Partage si tu aimes notre resto » | À filmer | |
| Sam 8 | 12h00 | Story | Promo | Ce midi uniquement : dessert offert | Conversion urgence | DM ‘DESSERT’ pour en profiter | À créer | |
| Dim 9 | 11h00 | Post texte + photo | Communauté | Post nostalgique « Le goût de chez nous » | Engagement | Dis-nous ton souvenir préféré autour d’un bon repas |
Les outils pour gérer le calendrier éditorial
Option 1 : Google Sheets (gratuit, recommandé pour débuter)
Crée un fichier avec les colonnes décrites dans la leçon 8.2. Simple, partageable avec le client, gratuit.
Option 2 : Notion (gratuit et payant)
Interface plus visuelle, permet de voir le calendrier en mode liste ET en mode calendrier (vue mensuelle). Tu peux attacher les visuels directement à chaque entrée.
Option 3 : Trello (gratuit)
Un tableau Kanban avec colonnes : « À créer → En création → Validé par client → Publié »
Option 4 : Meta Business Suite (gratuit)
Inclut un calendrier de publication directement. Tu planifies et publies depuis un seul endroit (Facebook + Instagram).
Option 5 : Buffer, Hootsuite, Later (payants)
Pour gérer plusieurs clients avec plusieurs comptes. Planification multi-plateformes. À partir de 15$/mois.
Recommandation pour débuter :
Google Sheets + Meta Business Suite + Trello. C’est gratuit, efficace, et professionnel.
IX. KPIs et mesure des résultats
Publier du contenu ne suffit pas. Une fois que tu as créé ta stratégie, préparé ton calendrier éditorial et commencé à publier, tu dois maintenant répondre à une question très simple : Est-ce que notre stratégie fonctionne réellement ?
C’est là que les KPIs entrent en jeu.
Quand on débute, on peut facilement croire qu’un compte fonctionne bien simplement parce qu’une vidéo a fait beaucoup de vues ou parce que le nombre d’abonnés augmente m ais pour une entreprise, ces chiffres ne sont pas toujours suffisants.
Une vidéo peut faire 100 000 vues et ne générer aucune vente.
Une autre peut faire seulement 5 000 vues et apporter 30 nouveaux clients.
Le rôle du Community Manager n’est donc pas seulement de regarder les chiffres. Il doit surtout apprendre à comprendre ce que ces chiffres veulent dire par rapport aux objectifs de l’entreprise.
1. Qu’est-ce qu’un KPI ?
KPI = Key Performance Indicator = Indicateur Clé de Performance
Un KPI est simplement un chiffre que nous décidons de suivre pour savoir si nous avançons vers notre objectif. Pour simplifier, c’est un chiffre précis que tu surveilles pour savoir si ta stratégie fonctionne.
La règle : Chaque objectif a ses KPIs. Tu ne peux pas mesurer l’engagement avec le nombre de ventes. Tu ne peux pas mesurer la notoriété avec le taux de conversion.
Par exemple, si l’objectif d’un restaurant est d’obtenir plus de réservations grâce à Instagram, le nombre d’abonnés n’est probablement pas le chiffre le plus important.
Nous allons plutôt regarder :
- le nombre de personnes qui cliquent sur WhatsApp ;
- le nombre de messages reçus ;
- le nombre de demandes de réservation ;
- le nombre de réservations réellement obtenues.
Ces chiffres deviennent nos KPIs parce qu’ils nous permettent de mesurer directement notre progression.
2. Les KPIs par objectif
Maintenant que tu sais ce qu’est un KPI, il faut apprendre à choisir les bons KPIs selon l’objectif de ton client. C’est très important parce que tu ne vas pas mesurer une campagne de notoriété de la même manière qu’une campagne dont l’objectif principal est de vendre.
Si ton objectif est de faire connaître une nouvelle marque, tu vas beaucoup regarder combien de personnes découvrent les contenus. Si ton objectif est d’obtenir des clients, tu vas davantage regarder les demandes, les prospects et les ventes.
Il n’existe donc pas une liste de KPIs que tu dois suivre obligatoirement pour tous tes clients.
La logique est toujours la même :
Objectif → Je choisis les KPIs qui me permettent de savoir si nous nous rapprochons de cet objectif.
a. Objectif : NOTORIÉTÉ
La notoriété consiste à faire connaître la marque auprès d’un plus grand nombre de personnes, particulièrement auprès des personnes qui correspondent à notre cible. Imagine une nouvelle marque de cosmétiques qui vient de se lancer à Bamako. Au début, son problème principal peut simplement être que très peu de personnes savent qu’elle existe.
Son objectif peut donc être : « Faire connaître la marque auprès des femmes de notre cible à Bamako. »
Dans ce cas, nous allons principalement observer des indicateurs liés à la visibilité et à la découverte.
| KPI | Ce qu’il nous indique | Où le mesurer |
|---|---|---|
| Portée mensuelle | Combien de personnes différentes ont vu nos contenus | Statistiques des plateformes |
| Impressions totales | Combien de fois nos contenus ont été affichés | Statistiques des plateformes |
| Nouveaux abonnés | Combien de personnes ont décidé de suivre le compte | Statistiques du compte |
| Vues vidéo | Combien de vues nos vidéos génèrent | Instagram, TikTok, Facebook, etc. |
b. Objectif : ENGAGEMENT
L’engagement permet de mesurer la manière dont les personnes réagissent et interagissent avec les contenus.
Une personne peut voir une publication et continuer son chemin.
Une autre peut commenter, partager, enregistrer ou répondre.
Dans le deuxième cas, elle a réalisé une interaction.
Si l’objectif de la marque est de construire une communauté plus active, nous pouvons suivre :
| KPI | Comment le mesurer | Où le mesurer |
|---|---|---|
| Taux d’engagement | (Interactions ÷ Abonnés) × 100 | Minimum 3% |
| Commentaires par post | Les contenus qui provoquent des conversations | Statistiques des plateformes |
| Sauvegardes | Les contenus que l’audience souhaite conserver | Statistiques des plateformes |
| Partages | Les contenus que les personnes souhaitent transmettre | Statistiques des plateformes |
Comprendre simplement le taux d’engagement
Le taux d’engagement permet de mettre les interactions en proportion.
Une formule simple que tu peux rencontrer est :
Taux d’engagement = (Nombre d’interactions ÷ Nombre d’abonnés) × 100
Prenons un exemple : Un compte possède 2 000 abonnés.
Une publication obtient au total 100 interactions.
Nous calculons : 100 ÷ 2 000 × 100 = 5 %
Le taux d’engagement est donc de 5 % selon cette méthode.
Mais attention : il existe plusieurs manières de calculer le taux d’engagement. Certaines personnes utilisent le nombre d’abonnés, d’autres la portée ou les impressions.
Lorsque tu présentes ce chiffre dans un rapport, indique donc la méthode que tu as utilisée et utilise la même méthode d’un mois à l’autre pour pouvoir comparer correctement les résultats. Et surtout, ne retiens pas qu’un compte doit absolument avoir 3 %, 5 % ou 10 % pour être considéré comme « bon ». Le résultat dépend du secteur, de la plateforme, de la taille du compte, du type de contenu et de beaucoup d’autres éléments.
Le plus intéressant est souvent d’observer l’évolution du compte dans le temps.
c. Objectif : TRAFIC
Parfois, l’objectif des réseaux sociaux est de faire sortir les personnes de la plateforme pour les envoyer vers un autre endroit.
Cela peut être :
- un site internet ;
- une boutique en ligne ;
- une page de vente ;
- une page de réservation ;
- WhatsApp ;
- un formulaire.
On parle alors d’un objectif de trafic.
| KPI | Ce qu’il nous indique | Où le mesurer |
|---|---|---|
| Clics sur le lien du profil/bio | Nombre de personnes qui ont cliqué sur le lien | Statistiques de la plateforme |
| Clics sur les liens en Stories | Nombre de personnes ayant utilisé un lien partagé en Story | Statistiques des Stories |
| Visites du site (si applicable) | Nombre de visites reçues sur le site | Outil d’analyse du site |
Exemple : Une boutique en ligne utilise Instagram principalement pour envoyer les personnes vers son site e-commerce.
Elle fait : 100 000 vues sur Instagram.
C’est intéressant. Mais si seulement 20 personnes visitent le site, nous avons un problème à analyser.
La visibilité existe, mais nous arrivons difficilement à faire passer les personnes à l’étape suivante.
Le Community Manager peut alors travailler sur les appels à l’action, le profil, les contenus présentant les produits ou la manière dont le lien est mis en avant.
Pour l’objectif LEADS / GÉNÉRATION DE CONTACTS :
| KPI | Comment le mesurer | Cible indicative |
|---|---|---|
| DM reçus par semaine | Suivi manuel | Objectif défini avec client |
| Contacts WhatsApp obtenus | Suivi manuel | Objectif défini |
| Inscriptions formulaire | Outil de formulaire | Objectif défini |
Pour l’objectif VENTES / CONVERSION :
| KPI | Comment le mesurer | Cible indicative |
|---|---|---|
| Commandes reçues via DM | Suivi manuel | Objectif défini |
| Chiffre d’affaires attribué aux réseaux | Suivi client | Objectif défini |
| Taux de conversion (DM → Achat) | (Achats ÷ DM) × 100 | Objectif défini |
X. Présenter la stratégie Social Media au client
Tu as terminé ton analyse, défini les objectifs, étudié la cible et les concurrents, choisi les plateformes, construit les piliers de contenu, réfléchi au parcours client et sélectionné les KPIs à suivre.
Ta stratégie est prête mais ton travail n’est pas encore terminé.
Il faut maintenant être capable de présenter cette stratégie au client et de lui faire comprendre tes choix.
C’est une compétence très importante parce que ton client n’est pas forcément Community Manager. Il ne connaît peut-être pas les termes que tu utilises et il ne comprend pas toujours pourquoi certaines décisions sont importantes.
Ton rôle n’est donc pas simplement de lui envoyer un PDF de 30 pages en disant : « Voici votre stratégie. »
Tu dois être capable de lui expliquer simplement : Voici où nous sommes aujourd’hui. Voici ce que nous cherchons à améliorer. Voici ce que je vous propose de faire. Et surtout, voici pourquoi je vous propose de le faire de cette manière.
Une bonne présentation permet au client de comprendre la logique de ton travail, de poser ses questions et de valider la direction avant de commencer réellement la création de contenu.
1. Avant de présenter : Maîtrise ta propre stratégie
Cela peut sembler évident, mais avant de présenter une stratégie, tu dois être capable de l’expliquer sans simplement lire ton document.
- Si le client te demande : « Pourquoi avez-vous choisi Instagram et TikTok ? »
Tu dois pouvoir répondre. - S’il demande : « Pourquoi seulement 4 publications par semaine ? »
Tu dois pouvoir justifier ce choix. - S’il demande : « Pourquoi voulez-vous faire des témoignages clients ? »
Tu dois comprendre leur rôle dans le parcours client.
Chaque grande décision présente dans ta stratégie doit avoir une raison.
Cela ne veut pas dire que tu dois tout savoir ou avoir réponse à absolument tout. Mais tu dois maîtriser la logique qui t’a permis de construire tes recommandations.
2. Les 5 règles pour bien présenter une stratégie au client
Règle 1 : Commence par le résumé, pas par les détails
Une erreur fréquente consiste à ouvrir la présentation et commencer immédiatement par expliquer chaque analyse pendant plusieurs minutes.
Le client peut rapidement se perdre. Commence plutôt par lui donner la grande direction.
Tu peux par exemple dire :
« Après avoir analysé votre activité, votre audience et vos réseaux sociaux actuels, je vous propose de concentrer notre stratégie autour de trois priorités : augmenter votre visibilité auprès de votre cible, créer davantage de confiance grâce au contenu et transformer cette visibilité en demandes sur WhatsApp. Je vais maintenant vous montrer comment nous allons le faire. »
En quelques phrases, le client comprend déjà la logique générale.
Ensuite, tu peux entrer progressivement dans les détails.
C’est comme lorsque quelqu’un te demande où vous allez en voiture. Tu lui donnes d’abord la destination avant de lui expliquer chaque route que vous allez emprunter.
Règle 2 : Utilise le langage du client, pas le tien
Plus tu avances dans le Community Management, plus tu vas apprendre de nouveaux termes :
- portée organique ;
- conversion ;
- engagement ;
- acquisition ;
- funnel ;
- CTA ;
- KPI ;
- contenu natif ;
- retargeting.
Ces termes peuvent être utiles entre professionnels, mais ton client n’a pas besoin de connaître tout ton vocabulaire pour comprendre ta stratégie. Ton objectif n’est pas de lui montrer que tu connais beaucoup de mots compliqués.
Ton objectif est qu’il comprenne.
Au lieu de dire : « Nous allons optimiser votre portée organique grâce à une stratégie de contenu natif. »
Tu peux simplement dire : « Nous allons créer davantage de contenus adaptés à Instagram pour essayer de toucher plus de personnes sans dépendre uniquement de la publicité. »
Au lieu de dire : « Nous allons travailler le taux de conversion du funnel. »
Tu peux dire : « Nous allons améliorer le parcours pour que davantage de personnes qui demandent des informations passent ensuite à l’achat. »
Tu es toujours en train de parler de stratégie.
Tu utilises simplement des mots que ton client peut comprendre.
Une règle très simple
Quand tu utilises un terme professionnel pendant une présentation, demande-toi : « Si mon client ne travaille pas dans le marketing, est-ce qu’il va comprendre cette phrase ? »
Si la réponse est non, simplifie.
Règle 3 : Anticipe les questions et les objections
Quand tu présentes une stratégie, le client aura probablement des questions. Ce n’est pas mauvais signe.
Au contraire, cela montre souvent qu’il essaie de comprendre ce que tu proposes.
Le problème arrive lorsque tu n’as jamais réfléchi aux questions évidentes avant la réunion. Prépare donc à l’avance les questions que ton client pourrait poser.
« Combien de temps avant de voir des résultats ? »
Évite de promettre : « Dans un mois, vous aurez forcément beaucoup de clients. »
Tu ne peux pas garantir cela.
Tu peux plutôt expliquer :
« Certains indicateurs peuvent évoluer rapidement, comme les vues ou la portée, alors que construire une communauté, développer la confiance et obtenir des résultats commerciaux réguliers peut demander davantage de temps. Nous allons suivre les résultats chaque mois et ajuster la stratégie selon les données. »
Tu donnes une réponse professionnelle sans vendre du rêve.
« Est-ce qu’on a besoin de payer de la publicité ? »
Ne réponds pas automatiquement oui ou non. Cela dépend de l’objectif, du budget et de la stratégie.
Tu peux expliquer :
« Nous pouvons commencer avec du contenu organique et analyser les résultats. La publicité peut ensuite être utilisée si nous voulons accélérer certains objectifs ou toucher une audience plus précise. Elle n’est pas là pour remplacer une mauvaise stratégie de contenu. »
« Pourquoi vous n’avez pas inclus TikTok ? »
Tu dois pouvoir justifier ton choix.
Par exemple :
« TikTok peut être intéressant, mais pour cette première phase, je préfère concentrer nos ressources sur Instagram et Facebook parce que nous y retrouvons une grande partie de la cible que nous cherchons actuellement à toucher et que nous avons les ressources nécessaires pour bien alimenter ces plateformes. Nous pourrons tester TikTok dans une deuxième phase. »
La réponse ne doit pas être : « Parce que je préfère Instagram. »
Tes recommandations doivent venir de la stratégie, pas uniquement de tes préférences personnelles.
« Pourquoi seulement trois publications par semaine ? »
Tu peux expliquer :
« Je préfère commencer avec trois contenus travaillés et réguliers que nous pouvons maintenir pendant plusieurs mois, plutôt que de prévoir sept publications par semaine et diminuer la qualité après quelques semaines. Nous allons mesurer les résultats et augmenter la fréquence si cela devient pertinent. »
« Est-ce que nos concurrents font la même chose ? »
Tu peux montrer ton analyse concurrentielle et expliquer ce que tu as observé.
Mais évite de dire : « Oui, je vous propose ça parce que votre concurrent le fait. »
Ton travail n’est pas de copier.
Tu peux plutôt expliquer :
« J’ai observé que plusieurs concurrents utilisent ce format et qu’il semble intéresser l’audience. Nous allons nous inspirer de ce que cela nous apprend sur le marché, mais en développant notre propre angle et notre propre identité. »
Règle 4 : Montre des exemples concrets
Une stratégie peut devenir très abstraite pour un client.
Imagine que tu lui dises : « Nous allons développer un pilier éducatif afin de renforcer votre expertise. »
Il peut comprendre la phrase sans réellement imaginer ce que cela donnera sur Instagram.
Montre-lui donc un exemple.
Tu peux dire : « Par exemple, pour notre pilier éducatif, nous pourrions créer une vidéo intitulée : “3 erreurs à éviter avant d’acheter votre premier terrain à Bamako”. »
Tout devient immédiatement plus concret.
Tu peux également montrer :
- un exemple de Reel ;
- une idée de carrousel ;
- une maquette ;
- une référence visuelle ;
- un exemple de hook ;
- un exemple de calendrier éditorial.
Attention : Tu n’as pas besoin de créer tout le contenu avant que la stratégie soit validée.
L’objectif est simplement d’aider le client à visualiser la direction.
Règle 5 : Termine toujours par les prochaines étapes
Ne termine pas ta présentation par : « Voilà, c’est fini. Vous avez des questions ? »
Après la validation de la stratégie, le client doit savoir exactement ce qui va se passer.
Tu peux par exemple terminer ainsi :
« Si nous validons la stratégie aujourd’hui, la prochaine étape sera la préparation du premier mois de contenu. Vous allez me transmettre votre logo, vos photos, vos informations commerciales et les accès nécessaires avant vendredi. Je vais ensuite préparer le calendrier éditorial et vous l’envoyer pour validation. Une fois le calendrier validé, nous pourrons commencer la production et programmer les premières publications. »
Le client sait maintenant : ce qu’il doit faire, ce que tu vas faire et dans quel ordre.
C’est beaucoup plus professionnel.
Comment organiser la présentation de la stratégie ?
Tu peux présenter ta stratégie dans cet ordre :
1. Résumé de la stratégie
Explique la grande direction en quelques phrases.
2. Situation actuelle
Présente rapidement ce que tu as observé pendant l’audit.
3. Objectifs
Rappelle ce que l’entreprise cherche à obtenir grâce aux réseaux sociaux.
4. Cible
Explique à qui nous allons principalement parler.
5. Analyse concurrentielle
Présente les informations réellement utiles que tu as trouvées.
6. Plateformes choisies
Explique où la marque va communiquer et pourquoi.
7. Positionnement et message
Explique comment la marque doit être perçue et ce qu’elle veut transmettre.
8. Stratégie de contenu
Présente les piliers, les sujets et les principaux formats.
9. Parcours client
Explique comment le contenu va progressivement conduire l’audience vers l’action recherchée.
10. Fréquence et calendrier
Explique le rythme de publication proposé.
11. KPIs
Présente les chiffres qui seront suivis pour mesurer les résultats.
12. Plan d’action (facultatif)
Termine par ce qui doit être fait maintenant.
Le client peut ne pas être d’accord avec ta stratégie
C’est normal.
Présenter une stratégie ne signifie pas imposer toutes tes idées.
Ton client connaît son entreprise mieux que toi sur certains aspects. Il peut te donner une information que tu n’avais pas, t’expliquer qu’un produit n’est plus prioritaire ou te signaler qu’une action n’est pas possible actuellement.
Écoute ses remarques.
Ensuite, fais la différence entre une information utile qui doit faire évoluer la stratégie et une préférence personnelle qui peut aller contre l’objectif.
Par exemple, ton client peut dire : « Je ne veux pas montrer mon équipe parce que certaines personnes ne souhaitent pas apparaître sur les réseaux sociaux. »
C’est une vraie contrainte. Tu dois adapter la stratégie.
Mais il peut également dire : « Je veux uniquement publier des affiches parce que je trouve ça plus professionnel. »
Là, ton rôle est de lui expliquer pourquoi tu recommandes également d’autres formats.
Tu n’as pas besoin de te battre avec le client, mais tu ne dois pas non plus répondre oui à absolument tout sans réfléchir.
Tu es là pour conseiller
Mot de Fatima
Quand tu présentes une stratégie, n’essaie pas d’impressionner ton client avec des mots compliqués. Personnellement, si je dois choisir entre une présentation remplie de jargon marketing que personne ne comprend et une présentation simple où le client comprend exactement ce qu’on va faire avec son argent, je choisis la deuxième.
Ton client ne te paie pas pour entendre des mots compliqués. Il te paie pour l’aider à résoudre un problème.
Et surtout, sois capable de défendre tes choix. Si tu proposes trois publications par semaine, tu dois savoir pourquoi. Si tu choisis TikTok, tu dois savoir pourquoi. Si tu ne choisis pas LinkedIn, tu dois également savoir pourquoi.
Ça ne veut pas dire que tu dois avoir raison sur tout. Une stratégie peut évoluer et ton client peut apporter des informations importantes que tu n’avais pas. Mais tes recommandations doivent toujours venir d’une réflexion, pas d’un simple « tout le monde fait ça ».
Le jour où tu es capable de présenter une stratégie simplement, d’expliquer tes choix et de répondre calmement aux questions du client, tu ne te présentes plus comme quelqu’un qui est simplement là pour publier. Tu prends réellement ta place de Community Manager professionnel.
Une bonne stratégie peut perdre énormément de sa valeur si le client ne la comprend pas.
Lorsque tu présentes ton travail :
Résume d’abord → explique simplement → justifie tes choix → montre des exemples → réponds aux objections → termine par les prochaines étapes.
Et retiens surtout ceci :
Si ton client sort de la présentation en comprenant ce que vous allez faire, pourquoi vous allez le faire et ce qu’il doit faire ensuite, ta présentation a rempli son rôle.
Modèle de stratégie Social Media à télécharger
Je mets à ta disposition mon modèle de stratégie Social Media prêt à utiliser avec tes clients. C’est ce document que tu pourras compléter et envoyer à ton client après avoir réalisé ton analyse et construit sa stratégie.
Tu n’as pas besoin de recommencer une présentation de zéro à chaque nouveau client. Il te suffit de dupliquer le modèle sur Canva, puis de l’adapter à l’entreprise : ses objectifs, sa cible, ses concurrents, ses plateformes, ses piliers de contenu, son calendrier, ses KPI, etc.
Attention : le modèle est là pour te faire gagner du temps, mais la stratégie doit toujours être personnalisée. Deux clients peuvent utiliser le même modèle sans avoir la même stratégie.
Télécharge le modèle, garde toujours une version originale et duplique-le pour chaque nouveau client.
→ Clique ici
N’oublie pas de cliquer sur complet.
